‹ Le Mexique et l'Amérique tropicaleChapitre 35 sur 66 · LOCALITÉS CHAUDES A SOL MARÉCAGEUX · texte numérisé non relu

LOCALITÉS CHAUDES A SOL MARÉCAGEUX

courants se joignant, s'entrelaçant, se séparant encore, concourront à l'accroissement du Grijalva qui jettera dans le golfe la plus grande partie de ce çléversement des Cordillères de Chiapas. A partir de San-Juan-Baulista, ce fleuve est réellement magnifique. L'écartement de ses bords, la lenteur de ses tlots et l'aspect imposant de la végétation qui l'accompagne, lui donnent un air de majestueuse grandeur. Mais on chercherait vainement sur ses rives cet essaim de population indigène qui arrêta jadis les premiers pas de Cortès dans la Nouvelle-Espagne. L'Indien a fui ces lieux immondes, et le Grijalva, poursuivant sa marche lente et silencieuse, ne baigne que des solitudes depuis San-Juan-Bautista jusqu'à la Frontera.

Trois embouchures, à l'ouest de celle-ci, déversent encore dans le golfe les eaux de trois rivières moins importantes.

Telle est. au point de vue des cours d'eau, cette partie presque oubliée de la République Mexicaine. Les débordements fréquents de tant de rivières, qui s'entrelacent par des bras si nombreux, font de cet Etat un des pays les plus marécageux du globe. La nature végétale éminemment riche y donnerait vite et bien ce que l'homme pourrait exiger d'elle ; la canne à sucre acquiert en neuf mois sa complète maturité; le maïs s'y récolte trois fois par an ; la théobroma-cacao y couvrirait partout le sol ; le riz y serait excellent... Mais les bras manquent pour arracher du sein de cette fécondité les richesses qu'elle

pourrrait produire. Le Blanc ne peut ouvrir la terre sans recevoir la mort; l'Indien résiste mieux à ses émanations, mais il est devenu rare, et d'ailleurs sa méfiance et ses souvenirs l'éloignent delà race blanche. On recrute les travailleurs parmi les métis nègres et indigènes, qui sont arrogants et paresseux.

Cependant le déboisement des environs de la ville de San-Juan-Bautista a produit quelque bien sur la santé de ses habitants. Ce n'est pas au point qu'ils présentent au regard l'aspect d'un état florissant. Quand la pratique a permis de les suivre dans les maladies auxquelles ils sont sujets, on arrive à la conviction que les émanations paludéennes ont absorbé toute la pathologie.

Quand je disais,, un jour, à un de mes confrères : Donnez-moi de la quinine, du sel d'Epsom, de l'ipécacuana, et je ferai toute votre thérapeutique, j'avais raison. Ajoutons un peu de fer et de bon vin pour ranimer ces vies éteintes, et tout sera dit. Que vo37ons-nous, en effet? Des embarras gastriques, des obstructions abdominales, des fièvres — un protée de fièvres — prenant leur source ou venant aboutir au type paludéen; des faces livides rayonnant tristement la chloro-anémie et l'ictère.

En jetant un coup d'œil rapide sur cette pathologie originale, nous n'abandonnerons les généralités qu'à propos de certains sujets qui nous paraîtront mériter un intérêt exceptionnel pour la réalisation des plans de celte étude.

Et d'abord, point de tubercules pulmonaires à Ta-

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