LOCALITÉS CHAUDES A SOL MARÉCAGEUX
basco. Souvenons-nous de cette immunité dont nous tirerons, plus loin de sérieuses conséquences. La rareté de la pneumonie ne doit pas moins attirer notre attention. Et pourquoi y aurait-il à Tabasco des fluxions de poitrine? Ce que nous avons dit des cours d'eau et de leurs excursions loin des lits des rivières, nous fait assez comprendre que leur évaporation sur des surfaces étendues doit contribuer à saturer constamment de vapeur les couches inférieures de l'atmosphère. Cela estainsien effet. A tel point que, l'air n'en recevant pas davantage, le corps de l'habitant s'inonde d'une sueur abondante qui coule sans s'évaporer. On cherche les courants d'air, pour en recevoir quelque fraîcheur qui tempère l'amas de calorique que la respiration et la chaleur ambiante accumulent sans cesse. Les courants d'air eux-mêmes sont impuissants; vous suffoquez. Comment pourriezvous alors vous refroidir, avoir des sueurs rentrées, comme on dit vulgairement?
D'ailleurs le type inflammatoire franc est presque inconnu à Tabasco. Ce qui paraît le plus être une inflammation vive n'est communément qu'une névrose, une fièvre essentielle, un empoisonnement miasmatique.
Une fièvre fort commune dans ce pays, et qui tient le milieu entre l'embarras gastrique d'Europe et la fièvre bilieuse d'autres pays, prend quelquefois des caractères qui simulent à s'y méprendre un état inflammatoire de l'estomac : douleur épigastrique augmentant à la pression; vomissements continuels; soif
insatiable; face rouge; yeux injectés ; céphalalgie intense; pouls plein, fort, dur, accéléré; peau chaude et sèche. Appliquez des sangsues sur Tépigastre; le mal empirera. Donnez, au contraire, un gramme d'ipécacuana ; la douleur épigastrique recevra un grand soulagement; les vomissements se tariront; la peau deviendra humide. Ajoutez un purgatif et donnez de l'huile ; des évacuations par le bas termineront cette scène de souffrances. Ces fièvres, que nous appelions gastriques, sont fort communes à Tabasco. Elles ne sont pas rares dans le Yucatan, mais sans vomissements et avec fort peu de douleur épigastrique. On en voit encore à Vera-Cruz, et nous dirons bientôt quelle analogie elles présentent avec la fièvre jaune. A côté, mais bien au-dessus de ces accidents, nous voyons à chaque pas les fièvres intermittentes simples ou pernicieuses avec des caractères qui ne nous fournissent h signaler rien dont on n'ait déjà parlé dans les traités spéciaux. Mais il nous importe de dire que les altérations abdominales qui les accompagnent dépassent ici toutes les proportions connues. Les engorgements de la rate y sont prodigieux. Il nous a été permis de constater un fait auquel nous attribuons une grande importance : les altérations les plus communes du foie sont purement hypertrophiques, et peuvent exister longtemps sous cette forme sans autre complication. La phlogose aiguë de cet organe n'y est pas commune. Aussi voit-on ces maladies se terminer fort rarement par des abcès. Nous reviendrons sur cette étude, dont