HE^PIKATION7 DANS LES PAYS CHAUDS. 1 G
amoindrie dans les pays chauds, puisque les analyses' de l'air expiré y démontrent la diminution de l'acide carbonique.
Mais, sous l'influence de la fraîcheur des nuits, les couches inférieures de l'air se condensent, et, si le mélange de la vapeur d'eau qui les sature tend physiquement par sa présence à diminuer la quantité de chacun des gaz dans un volume donné de l'ensemble, il ne saurait être douteux que cet effet ne se trouve contre-balancé pour l'oxygène par la condensation des vapeurs en rosée, phénomène qui dissout ou maintient près des surfaces des objets une proportion fortement accrue de ce gaz. Aussi faut- il voir avec quelle rapidité le fer se détruit et tombe en écailles de carbonate ferrique sous l'influence de la fraîcheur des nuits. Il n'est possible de conserver ce métal, à l'air libre, qu'à la condition de le recouvrir d'une couche de peinture souvent renouvelée.
Quelque soit l'effet de ce phénomène pour fournir à la respiration un élément plus puissant, on ne saurait le comparer à l'action, que la vapeur d'eau répandue dans l'air possède pour ramener au dehors l'acide carbonique expiré. Cette perméabilité de l'atmosphère humide pour ce gaz augmente l'activité de l'endosmose respiratoire et fait pénétrer, par conséquent, dans la circulation une quantité exagérée d'oxygène.
Cet effet oxydant, incontestable sur les terrains secs, est neutralisé par l'influence des émanations paludéennes. Nous avons admis que cet élément d'in-
toxication est un produit nocturne. Son action par conséquent s'exerce aux heures mêmes où la respiration serait à d'autres égards activée. Que se passera-t-il alors? Ces composés hydro-carbonés, si facilement destructibles sous l'influence de l'oxygène, arriveront avec cet agent aux dernières ramifications bronchiques. Là, condensés par les surfaces innombrables des divisions infinies du poumon, ils recevront une première influence de l'agent oxydant. Ce premier contact, origine d'une combustion immédiate, causera la destruction partielle des deux substances, l'une comburante, l'autre brûlée. Dès lors deux résultats seront produits par la diminution sur place des aliments à l'absorption vésiculaire : un moindre empoisonnement, d'abord, par suite de la combustion qui s'est exercée sur le miasme ; une moindre excitation, ensuite, à cause de la destruction d'une partie de l'oxygène inspiré.
Et lors même que l'action ne s'exercerait pas de la sorte et que l'absorption du miasme par le sang se fit sans entrave, on ne saurait nier que cet agent toxique n'eût la propriété de s'emparer de l'oxygène dans la circulation même; car l'aspect des habitants des localités marécageuses est le témoignage le plus éclatant d'une hématose altérée.
Quoi qu'il en soit, l'expérience nous a prouvé que, dans les lieux à terrains secs, dont l'atmosphère est humide et dont les nuits sont fraîches, la sanguification non entravée par les miasmes se fait avec une perfection très-grande. Voyez la race blanche du