RESPIRATION DANS LES PAYS CIIAUDS
Yucatan. Elle est belle, vigoureuse, active, intelligente. Elle a donné au Mexique un grand nombre d'hommes remarquables. Le caractère est vif, l'imagination est ardenle. C'est un peuple à part dans une nation où l'étude de l'homme ne nous a pas habitués à généraliser ces qualités.
Quant à la pathologie du Yucatan, l'intoxication paludéenne nous y présentera bien quelquefois le tableau des accidents nevroso-septiques propres à cette influence; mais dans les villes de Campèche et de Merida le type inflammatoire domine les maladies. Aussi la phthisie y trouve-t-eîle un aliment qui en accélère la marche. Il serait intéressant de nous livrer ici à une étude sérieuse sur celte maladie ; mais nous renvoyons ce sujet au chapitre qui traitera de l'influence des altitudes sur la tuberculisation pulmonaire.
Ramenant maintenant notre attention sur l'État de Tabasco, au milieu des cloaques infinis qui empoisonnent l'atmosphère, nos regards sont surpris de l'aspect de souffrance de ses habitants. La face est blême et bouffie, les chairs molles, la démarche paresseuse. L'homme n'y conçoit rien en dehors du cercle normal de ses occupations journalières. Quant aux maladies, l'anémie habituelle les prépare, l'élément paludéen les domine, l'empoisonnement abdominal les mène au terme fatal. Point de phthisie, point de phlogoses. Le type inflammatoire chronique, surtout, n'y paraît pas compatible avec les influences de l'hygiène locale.
Qu'est-ce à dire? Notre esprit ne se porte-t-il pas involontairement sur le parallèle qui s'établit de luimême entre ces deux pays limitrophes ? D'un côté, la respiration d'un oxygène que rien n'entrave produites qualités les plus grandes du corps et de l'esprit ; elle imprime à la pathologie un génie inflammatoire qui transforme en aiguës des maladies habituellement chroniques. D'autre part, ce même oxygène, soustrait à l'organisme, laisse celui-ci sans activité comme sans résistance ; les maladies sont
passives et molles comme la santé.
■ § 6. Rapports des miasmes paludéens avec les fonctions de la rate.
Si nous voulons, maintenant, porter nos investigations sur les organes qui paraissent acquérir des rapports avec le miasme paludéen absorbé, un fait nous frappera ajuste titre : c'est que le miasme ne saurait agir sur l'organisme d'une manière appréciable sans que ses premiers effets se soient fait remarquer sur la rate. Cet organe, toujours altéré le premier lorsque la santé s'affaisse sous l'influence des effluves palustres, n'aurait-il avec ces émanations que des rapports morbides? Il n'est nullement rationnel de croire qu'il en puisse être ainsi. Très-certainement, la rate, avant de céder à l'action de cet agent, s'est livrée contre lui à un combat où l'ennemi a dépassé ses forces. Elle n'a pas remporté la victoire ;maisla défaite est une preuve de la lutte, etcelte lutte est elle-même une révélation qui nous ouvre