APPORTS DES MIASMES PALUDÉENS, ETC
les yeux sur les fonctions si obscures de cette glande.
La rate nous paraît être un organe d'élimination miasmatique. Raisonnons cette croyance.
Quand l'homme se trouve placé au milieu d'une atmosphère viciée par un gaz absorbable, l'asorplion de ce produit délétère implique l'idée nécessaire d'élimination. Il est donc hors de doute que la nature prévoyante en a calculé d'avance la soustraction plus ou moins rapide, plus ou moins parfaite, par un travail non interrompu qui se rattache intimement aux fonctions de la vie. Placerons-nous dans la peau cette action éliminatrice? Sans doute il ne nous paraît pas impossible que les gaz nuisibles s'échappent parcelte voie, à la suite des sueurs et de l'évaporation cutanée ; mais nous ne pouvons l'admettre que par une supposition qui ne repose sur aucun raisonnement la rendant satisfaisante. Nous ne devons pas oublier, d'ailleurs, que déjà une interprétation acceptée par les hommes de science fait suivre aux miasmes celte voie pour entrer dans la circulation. La choisir encore pour les en faire sortir, c'est rester dans un cercle vicieux où nous ne voudrions pas, pour notre part, nous renfermer.
C'est encore pour cette raison que nous hésitons à choisir les surfaces pulmonaires pour l'élimination des miasmes absorbés, et nous ne saurions l'admettre par les reins qu'à la condition d'une transformation préalable, que nous ne croyons pas possible dans cet organe lui-même.
En suivant cette voie d'exclusion, notre esprit se
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porte enfin sur le système des glandes et s'arrête sur la rate par une prédilection qui trouve sa raison d'être 1° dans sa texture étrange; 2° dans sa circulation abondante; 3° dans les transformations visibles que le sang y subit.
1° Sa texture, en effet, que nous présente-t-elle ? Les mailles fines et nombreuses d'un corpsspongieux ; des fibres élastiques se prêtant à merveille aux contractions, aux dilatations qui pourront à l'aise s'exercer sur l'organe ; un canal d'un grand calibre se subdivisant en rameaux infinis ; des cellules, enfin, imparfaitement séparées par des lamelles incomplètes qui multiplient les surfaces sans gêner l'accumulation du sang.
Deux choses nous frappent dans cet aperçu rapide : d'abord la ressemblance de cet organe avec les corps poreux que nous jugeons propres à purifier nos eaux potables en s'emparant des substances gazeuses qu'elles tiennent en dissolution; ensuite les dimensions de l'artère splénique qui n'est pas en rapport avec les minimes besoins de nutrition d'un corps aussi restreint que la rate. En rapprochant ces deux idées, dans l'une, notre esprit entrevoit la fonction; dans l'autre, le liquide destiné à l'alimenter.
2° Expliquons plus clairement notre pensée en suivant la marche, dans la rate, d'un sang qui tient en dissolution des substances miasmatiques. Ce liquide se divise à l'infini dans les ramifications artérielles, et, abandonnant bientôt ces conduits d'un calibre minime, il entre dans les cellules spléniques