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RAPPORTS DES MIASMES PALUDÉENS, ETC

et bat, dans tous les sens, les membranes qui en forment les parois inachevées. Sur une si grande variété de surfaces, les gaz se condensent, et sous celte condensation, qui leur donne quelque analogie avec l'état naissant, ils appellent à eux l'oxygène des globules et ils sont brûlés à ce contact. Les carbures d'hydrogène provenant des décompositions végétales y périront ainsi facilement à cause de leur extrême combustibilité. Les produits azotés opposeront plus de difficultés aux atteintes de l'oxygène; mais alors, prenant un état moléculaire qui en change presque l'entité, ils arriveront dans le foie, tout disposés à se soumettre au nouveau travail de décomposition que la nature réserve à cette glande. Peutêtre même l'élaboration élémentaire qu'ils ont subie dans la rate les rendra-t-elle propres à l'élimination directe par les reins.

Ainsi se résoudrait le problème d'une glande sans canal excréteur. Ou plutôt, ce canal serait la veine spîénique elle-même, qui porterait au foie les produits des combustions de la rate et les éléments préparés sur lesquels la fonction hépatique est appelée à s'exercer. Ce concours des deux organes pour l'accomplissement de l'élimination miasmatique paraît démontré par les sympathies qui les lient dans les altérations morbides dont ils sont victimes sous l'intluence exagérée des effluves. Tous les deux s'engorgent, s'hypertrophient et s'indurent sous ce travail physiologique qui dépasse leur action normale. Souvent alors, abandonnant au sang des gaz septiques

qui le décomposent, ou faisant passer au duodénum par les conduits biliaires des résidus mal élaborés, la rate et le foie laissent l'organisme périr sous un empoisonnement général de la circulation, ou produisent sur les premières voies du tube digestif des accidents toxiques qui s'y localisent, sous forme de fièvre gastrique.

3° Tel est l'aperçu succinct que nous ne craignons pas de présenter à nos lecteurs. La théorie nous en paraît séduisante, et nous ne croyons pas impossible qu'elle soit soumise à l'expérimentation physiologique. Déjà les analyses de M. Béclard et d'autres, portant sur le sang de la veine splénique, nous garantissent la diminution des globules à leur passage dans la rate. Nous avons donc la certitude qu'une quantité indéterminée d'oxygène, qui était liée à ces globules détruits, a disparu sans qu'on ait pu en définir l'emploi. Voilà donc, à n'en pas douter, une combustion inévitable. Sur quoi porte-t-elle? Les expérimentateurs ne l'ont pas dit, et c'est précisément là la lacune que nos théories ont prétendu remplir.

Nous ne croyons pas qu'il soit difficile de vérifier l'exactitude de nos idées. Il n'est pas, en effet, impossible de faire respirer à un animal des gaz éminemment combustibles et d'en chercher les traces dans la veine splénique après en avoir constaté la présence dans la circulation artérielle. Il est surtout très-facile de constater l'augmentation de température du sang à son passage dans la rate. Un résultat

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