‹ Le Mexique et l'Amérique tropicaleChapitre 47 sur 66 · AN0XYÉM1E A FORME VERTIGINEUSE · texte numérisé non relu

AN0XYÉM1E A FORME VERTIGINEUSE

Ils continuaient à fatiguer la malade sans relâche pendant qu'elle persistait à garder la position verticale.

J'ordonnai un gramme d'ipécacuanha qui fut pris vers quatre heures de l'après-midi.

Cet émétique produisit son effet habituel, agissant comme sur une personne qui n'aurait rien éprouvé auparavant du côté de l'estomac. Vers huit heures du soir, le calme était complet, pourvu que la malade restât couchée. Le sommeil fut excellent et dura la nuit entière.

2e jour, 9 heures du matin.

Madame L. n'est pas aussi tranquille que la veille. Au moment où elle ouvre les yeux, l'impression de la lumière, les parents et les domestiques qui s'agitent autour d'elle, quelques paroles qu'on lui fait prononcer, lui produisent dans la tête des sensations étranges.- Il lui semble que le lit sur lequel elle repose se balance et s'agite ; mais cette illusion disparaît aussitôt que ses yeux se ferment et que le silence est gardé. Elle était dans le plus grand calme au moment où j'arrivai près d'elle. Mais à peine m'at-elle salué en portant les yeux sur moi, que sa figure pâlit et, comme elle veut m'expliquer à voix basse ce qu'elle ressent, des nausées lui coupent la parole ; elle vomit devant moi quelques viscosités, blanchâtres d'abord, et mêlées de bile dans les derniers efforts. Après un instant de repos, elle s'habitue, enfin, au mouvement de la parole et peut m'expliquer ce qu'elle éprouve. Elle ne sent ni douleur

ni malaise dans la position horizontale ; mais le moindre mouvement, le moindre effort en parlant, l'aspect des personnes qui circulent autour d'elle suffisent pour lui faire éprouver les illusions du vertige. Il lui est absolument impossible de s'asseoir. Elle éprouve les angoisses les plus vives dans la station verticale.

Cependant, tant qu'elle est couchée, son estomac supporte des boissons froides et même du bouillon mêlé d'un peu de vin de Bordeaux. La soif est nulle. L'épigastre n'est pas douloureux à la pression. Le pouls est petit et n'atteint pas 70 pulsations. La peau possède à peu près la chaleur naturelle. Elle a cependant une tendance à se refroidir vers les extrémités, surtout sous l'influence des vomissements.

La malade n'est donc pas mieux que la veille. Son élat a même empiré, en ce sens que le moindre effort, une sensation trop vive suffit pour réveiller le vertige et provoquer des nausées, tandis que, le jour précédent, ces symptômes ne se présentaient que sous l'influence de la station verticale.

Nous donnons à la malade, pour la seconde fois, un gramme d'ipécacuanha qui sera administré dans la matinée. Lorsque les fatigues causées par le vomitif auront disparu, on fera prendre quelques cuillerées de bouillon froid mêlé d'un peu de vin de Bordeaux, et pour boisson, des quantités très-rapprochées, mais très-petites, d'eau rougie refroidie avec de la glace.

3e jour. Je vois la malade à 8 heures du matin. La

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