AFFECTIONS TYPHOÏDES ET INFLAMMATION
s'altérer davantage sous l'influence d'une maladie qui détruit la perméabilité du poumon ?
Nous présentons nous-même cette objection à noire esprit, pour que nos lecteurs n'ignorent pas que nous en avons pesé toute l'importance; mais en réalité nous ne lui attribuons pas une grande valeur absolue. Il est, en effet, des cas de pneumonie légère où l'hépatisation pulmonaire se limite à un minime espace. Ces pneumonies n'ont en elles-mêmes que peu de raison pour éteindre la fonction respiratoire et elles sont impuissantes, au niveau de la mer, pour produire la moindre asphyxie. Elles se compliquent cependant, souvent, sur les altitudes, de collapsus, d'ataxie et de typhus. Nous pensons donc que, tout en attribuant à Thépatisation pulmonaire lajuste part qui lui revient dans ces complications, il faut en voir la cause principale dans le peu de résistance des sujets à toute inflammation vive et durable, par suite d'un état physiologique affaibli par le climat luimême.
Nous le pensons d'autant mieux que la généralisation de l'adynamie et du typhus, comme maladies essentielles ou comme complication, se constate dans la vallée de Mexico par l'observation journalière ; assez pour les faire considérer comme une dépendance de la constitution pathologique. D'autre part, à côté de cette vérité incontestable, nous n'hésitons pas à en placer une autre non moins autorisée par l'expérience des altitudes : c'est que les réactions générales que les inflammations suscitent dans l'orga-
nisme, n'y sont pas susceptibles d'une longue durée; quelque chose paraît manquer à l'état physiologique du malade pour leur êlre un élément de prolongation. C'est pour ce molif que la terminaison de l'inflammation par résolution doit être prompte pour être possible, et que le passage à l'état chronique s'exclut naturellement par les raisons que nous venons dédire.
Aussi les maladies chroniques, appartenant au type inflammatoire, sont-elles fort rares. C'est pour cela qu'une diarrhée n'est pas souvent une entérite; un catarrhe pulmonaire et un emphysème n'y sont presque jamais des bronchites chroniques; la gastrite est remplacée par la gastralgie ; le foie se congestionne bien plus souvent qu'il ne s'enflamme, etc. C'est que, de même que les affections aiguës sont au dehors de nous-mêmes, les maladies chroniques ont leur raison d'être dans notre constitution... morbi acuti qui Deum habent auctorem, sicut chronici ipsos nos. Or l'élément inflammatoire n'existant pas dans l'élément anémie , la chronicité de ce type serait un non-sens sur l'Anahuac.
Aussi peut-on affirmer, en général, sans crainte d'exagérer la réalité, que la faiblesse avec laquelle les fonctions s'exercent, présente un rapport parfait avec la mollesse qu'apporte l'organisme à activer les inflammations, ou à leur offrir une résistance qui en assure la marche régulière. Les faits démontrent chaque jour cette vérité, et celle-ci devient plus saillante, par le contraste, si l'on porte son attention sur les