PROPOSITIONS
lement l'originalité que mon esprit a cru y entrevoir. A défaut de chiffres prémédités, j'ai pris dans les souvenirs d'une pratique attentive les faits sur lesquels il m'a paru utile d'attirer l'attention. Je ne crains pas de faire l'aveu que, dominé par le désir d'inspirer aux autres les convictions qui m'animent, j'ai peut-être peint avec une trop grande vivacité de couleurs les choses qui m'ont le plus frappé, non qu'aucun fait y soit jamais inexact; mais peut-être l'ai-je trop accentué.
D'autres vérités y sont relatives, parce que, obéissant à mon plan qui est de faire ressortir les différences entre les influences variées de niveaux, mes assertions, qui ne prétendent pas à l'absolu, ne sont vraies dans une localité que par comparaison avec les lieux inférieurs ou plus élevés.
Pour toutes ces raisons, je vois quelque utilité à ramener l'attention sur les faits et les convictions en m'efforçant de préciser ma pensée par des propositions plus nettes.
1° La diminution du poids de l'air produit une anémie propre aux altitudes qui dépassent 2,000 mètres.
2° Cette anémie n'est pas le résultat d'une altération du nombre des globules, mais la conséquence d'une diminution de densité de l'oxygène du sang.
3° Son diagnostic n'est pas accessible au stéthoscope, et l'on a rarement l'occasion d'appliquer ce diagnostic aux individus, parce que le plus souvent l'état dans lequel se trouvent les anémiques des al-
titudes se caractérise par l'ensemble de la constitution, du tempérament et de la manière d'être des sujets bien plus que par des phénomènes pathologiques bien tranchés.
4° Cependant Vanoxyemie des altitudes est souvent notable par les formes vertigineuse, gastralgique et hypocondriaque.
5° Cet état propre aux habitants des altitudes se modifie par l'exercice musculaire qui agit puissamment sur la respiration, et disparaît absolument par le séjour au milieu de l'atmosphère humide des niveaux intermédiaires.
6° Les inflammations aiguës et chroniques existent sur les altitudes. Mais, pour quelqu'un qui prend à tâche d'étudier l'influence des niveaux sur ces types d'affections, il devient évident que, sur les grandes hauteurs, le type aigu est moins prononcé, moins franc qu'au niveau de lamer et qu'il épuise fortement et promptement les forces des malades. Il devient évident aussi que le type chronique rencontre moins souvent ses raisons d'être au delà de 2,000 mètres qu'à des niveaux plus inférieurs.
7° Le typhus est très-commun sur les grandes hauteurs, soit comme maladie essentielle, soit comme complication.
8° A propos de phthisie pulmonaire, le même parallèle nous conduit à dire que cette maladie, qui existe sur les grandes hauteurs, attaque rarement les habitants des altitudes qui dépassent 2,200 mètres.
9° Mais, de même que M. Lombard, de Genève, je