GÉNÉRAL EN CHEF
" Le soussigné a eu l'honneur de recevoir la note dé S. E. M. Vambassadcur de S. M. G. en date du 24 courant Comme le3 docninens de cette naiture servent souvent à présenter i90us leui; véritable poiati de vue les questions inter;iationalesi et qu'il importe surtout quet Phis^ toire les recueille afin de garder à la révolution le caractère.quilïU est propre^ le soussigné croit de son devoir, poai? rhooneurdeaforoes
q^a'il commande et do, g(>aveni«itfeak légitime qu'il défduid, d'aborder quelques con^idérfttipns avec S. £. M* rAmb&ssadeur de S. M. G.--'- Le soussigné rcm^cie S. E.. desaouhaits quelle forme pour la fin de la lutte fratricide qui déchire la République mexicaine, ainsi que de l'offre do ^médiatioa qu'elle a faite généreusement, dans la pensée que,, par un arrangiftnent amiable entre les partis belligérans, la paix pouvait être rétablie dans le pays. Le soussigné ne peut. accepter cette môdiatioa, parceque ses pouvoirs ne l'autorisent pas à en* trer en arrangement; mt^ia s'il lui est permis d'ëmettre une opinion sur cotte question, il croit devoir d«Jclarer : qu'il ne pense pas qu'au*cun accord puisse éftablir solidement la paix au Mexique, si l'on doit porter atteinte aux principes constitutionnels pour le soutien desquels, presque toutes les populati^^n^ djQ la République mexicaine ont pris les armes ; et comme telles sont les tendances du parti conservateur, tendances qu'il est résolu à n'abandonner pour aucun motif, ainsi que l'ont prouvé les conférences qui ont précédé la bataille de la JSstanda de las Yacas et les préparatifs du. siège de la place de Ydracruz, le soussigné rép'te qu'il ne croit pas qu'on parvienne, par ce moyen, à rétablir la paix dans le pays. Les faits prioclament hautement si, dans le lutte actuelle, et surtout dans les derniers temps de la crise. révolutionnaire, les forces constitutionnelles ont observé les principes du droit des.gens. Lorsque les troupes du gouvernement de Mexico fiirci^t vaincues à Lama Alta par un chef aussi remarquable par sa bravoure que par ses ;9.entimeps d^humanité, M. le général Uraga, MM. les ^ générant, officiers supérieurs et autres, faits prisonniers dans cette journée furent, par ordre du vainqueur, envoyés à Zacateca3 dana des voitures et avec tous les égards dûs à leur rang. Là, le gouyernement de l'Etat leur donna les mômes marques de considération; prisonniers sur pardo, ils furent autorisés à résider soit à rintérie.ur, soit en dehors de la ville. Par contre, le général Uraga et deux au trois officiers ayant été faits prisonniers dans l'attaque de Guadalajara, le soussigné, avec l'autorisation deS.'E. M. le général en chef de l'armée fédérale, proposa l'échange des trois ou. quatre prisonniers faits par l'ennemi dans l'attaque de cette ville contre tous 1^ prisonniers que nous lui avions faits à Loma Altà ; et quoique M. MigueLMiramon, président du gouvernement de Mexico, se fut opposé à cet échange, le soussigné a mis en liberté, sans restriction aucune, tous. les prisonniers qui se trouvaient en. son pouvoir. Peu de ten^pa après ie^ troupes de M. Silverio Ranûrez furent mises
en déroute par }e soussigné à la liacienda de Pefinelas ; le soussigné profita de cette circonstance pour proposer de noureau l'échange des prisonniers dans les mêmes termes que précédemment ; et malgré le refus réitéré de M. Miguel Miramoui le soussigné mit encore en liberté, sans aucune condition ni restriction, plus de cinquante généraux, officiers supérieurs et de tous grades, fiiits^risonniers dans ce combat. Il y « à peine vingt jours que M. Miguel Miramon lui-même a été vaincu aux portes de Silao par les forces placées sous les ordres du soussigné, qui, cette fois encore, a mis en pleine liberté soixante tareize généraux, officiers supérieurs et de tous grades, faits prisonniers, et parmi les quels se trouvaient pluisienrs de ceux qui avaient été mis en liberté après les combats de Loma Alta et de Pefiuelas. Pour prix de ces actes de générosité, le général Uraga, mutilé et malade, est gardé prisonnier à Guadalajara ; ailleurs le mém^ort a été fait au général Tapia et à des centaines de citoyens, qui, sans avoir été fidts prisonniers sur les champs de bataille, ont été jetés, i cause de leurs opinions politiques, dans les prisons de l'Acordada, de Santiago Tlaltelolco et autres. Tous ces faits dont le pays entier a été témoin, montre* ront k S. E. M. l'Ambassadeur de S. M. C. et à tous les étrangers établis dans la République mexicaine, si les forces qui agissent de cette manière en défendant le gouvernement légitime du pays violent les principes du droits des gens, et si elles sont capables de fouler aux pieds les traités conclus entre les représentans légaux de ce pays et les nations européennes, en violation des préceptes du droit international. Le soussigné a également l'honneur d'envoyer à S. E. M. l'Ambassadeur de S. M. C. la copie d'un certificat de M. le vice-consul espagnol ' qui prouve la moralité des actes du général en chef de l'armée d'opérations dirigée sur Mexico ; la bonne conduite de ses troupes, ainsi oue la protection que le général en chef a donnée aux personnes et aux intérêts de tous les étrangers, y compris les sujets de S. M. C. dont un grand nombre réside dans cette ville. Telle est la règle de conduite qu'a suivie le soussigné, au moment même o& S. E. M. l'Ambassadeur de S, M. C. venait de mettre de nouvelles
1 Bareaa du vice-coasal de S. M« C. à Qaerètaro. — ^Agnsiia de U LatU*» vice-consul de S. M. C. en cette ville. — Je certifie: que le général en chef de Parinée d'opérations, M. Jésus Gonzalez Ortéga, depuis qu'il occupe cette ViUe militairement, a respecté les personnes et les biens de tous les étrangers y résidant; et afin de rendre un juste témoignage à la moralité de ses actes, j'ai signé le présent ecitificat à sa requête à Queiétaio^ le 90 août 1860.— 4giifHa et h, htaitrai^
entraves à la pacification de la Képublîqne ; un nouvel obstacle au triomphe des forces qui défendent l'ordre légal, en reconnaissant un gouvernement qui venait de perdre, à la suite d'une seule défaite, le peu d'Etats restés en son pouvoir; un gouvernement dont Pautori té n'est établie qu'à Mexico, Guadalajara et Puebla, parce qu'il occupe ces villes militairement ; un gouvernement que les membres du Corps Diplomatique, pour fhonneur des gouvememens qu'ils représentent, et comme preuve de neutralité, n'ont pas voulu reconnaître ; un gouvernement enfin qui ne doit son existence, ni à la constitution de 1857, ni même au plan de Tacubaya d'où est sortie la révolution actuelle, mais à l'élection scandaleuse et immorale de vingt trois courtisans de Mexico n'ayant d'autre titre, d'autre pouvoir pour remettre les destinées de la République mexicaine entre les mains d'un particulier, que la qualification de notables de la ville de Mexico. — Les observations qui précèdent prouveront à S. E. M. l'Ambassadeur de S. M. C. que le général en chef de l'armée d'opérations, de même que son gouvernement, se laissent guider dans tous leurs actes par les principes de justice et do moralité; et ne se laissent pas entraîner à de viles passions, à d'ignobles représailles. — Après ces pénibles explications, le soussigné donne l'assurance à S. E. M. l'Ambassadeur de S. M. C. quo tant pour Fhonncur de la République Mexicaine et de l'armée qui défend le parti de la légalité, que par respect pour la civilisation et le droit international, tous ses efforts tendront, comme par le passé, à protéger la vie et les biens des neutres, soit étranger^, soit nationaux. Le soussigné prie S. E. M« l'Ambassadeur de S. M. G. d'agréer la nouvelle assurance de son estime et de sa haute considération.
** Dieuj Liberté et Réforme. Querétaro, le 81 août 1860.
** Signé, Jésus Goj^alez Ortéga.
** A S. E. M. J. F. Pacheco, Ambassadeur de S. M. • • • • Mexico."
Bien qu'il lui fut impossible de nier aucun des faits contenus dans eette réponse, M. Francisco Pa<;heco ne se tint cependant pas pour battu, n pouvait facilement excuser l'âpreté des termes de sa première note en les abritant derrière la loyauté de son caractère qui se refusait, même après les explications que venait de lui donner M. Gonzalez Ortéga, i croire aux excès de tout genre dont s'étaient
souillés M. Miramon et son parti, à la suite des Marquez, des Arguelles, des Gobos, des Yelez et des quelques autres individus qui je^ talent la honte à pleines mains sur la cause qu'ils serraient; mus 4ominé par les nécessités de sa sit^ation| pei^t-être bien aussi par ses propres sentimens, il préféra ergoter comme un procureur «fiM prétexte que tous les chefs des forces çonstitutianh^Ues ne t^Uaien/ti pas comportés de la même m<inière %ue M^ Gçnzalez Ortéga ; e| revint à son idée de transaction en prenant pour exemple ce qui s'é« tait passé en Espagne à Foccasion de la dernière guerre civile.
Voici cette nouvelle note:
Ambassade d^ Espagne au Mexique,
Le soussigné Ambassadeur de S. ÏL C» a reçu la communicatioa de S. E. le général en chef^ Jési^i â« Ortéga, datée de Querétaro le 31 août dernier.
'' Le soussigné déplore que son offre de médiation n'ait pas été aeceptée par Monsieur le généi:aL II respecte les causes qu'il dit avoir, mais il regrette son refus. Chaque jour qui passe confirme de plus en plus la conviction où est le soussigné que cette guerre civile ne peut être terminée que par un accommodement. Ce sera peut être une illusion à lui, mais il croit qu'il n'est pas impossible de trouver une base pour cet accommodement. Si l'un des deigc partis enjutte soutient la constitution de 1857, et si l'autre la combat, l'un et l'autre cependant, admettent le principe de la souveraineté nationale comme origine et fondement de toutes les constitutions. Pourquoi doAC ne pas recourir franchement et sincèrement à cette souveraineté et ne pas la chargei^e résoudre les questions qui divisent le pays? Si le Mexique veut quelque chose de semblable à la dite constitutioD, il le proclamera par un acte de sa volonté omnipotente, et rien ne pourra lui résister ; s'il veut une chose différente, le soussigné croit que le droit du pays ne saurait être entravé par des loisi antérieures qui ont été jusqu'ici une occasion de troubles et de querelles.
'^ Le soussigné livre ces idées au jugement de Monsieur le général O.Ortéga. Il les à. exposées san3 avoir reçu encore les instructions du gouvernement de S, M. C. à,oet égard, i^i^pixé qu'il est f^VKVH