‹ Le Mexique et l'intervention européenneChapitre 25 sur 59 · GERMAN LANDA ET SANCHEZ NAVARRO · texte numérisé non relu

GERMAN LANDA ET SANCHEZ NAVARRO

VOL DE LA RUE CAPUCHINASMi

Pendant ce temps les ressources ordinaires et extraordinaires du trésor, si toutefois on peut appeler cela des ressources, disparaissaient entre les mains des défenseurs de l'ordre, comme disparait chaque matin la rosée sous l'influence des rayons du soleil. Les soldats, manquant

1 II parait qae selon la doctrine de M. Calderon Collantes, le tort de Miramon n'était pas d'avoir commis un rapt sur la personne de Zuloa^, mais de s'être laissé battre à Silao. M. Calderon Collantes a se morale à lui, mais cette morale n'est pas celle de Caton.

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de paye, passaient par pelotons dans les rangs de Parmée l^béraloi et comme il fallait à tout prix assurer la fidélité chancelante de ceux qui restaient, la réaction se trouva bientôt datis la nécessité de s'emparer par force de ce que nul ne consentait à lui donner de bonne volonté. Chaque jour en voyait s<H*tir du palais national des bandes d'individus armés, é[m de haches, qui de pinces, et chaque jour aussi la chronique urbaine avait à enregistrer quelque nouvelle attaque des autorités (^kielles contre les propriétés réputées inviolables dès habitants de la cité.

PabiHPd ce fut le tour de M. Jeck^r.

Dans les premiers jours du mois d'août 1860, ce banquier si connu^ dont la caisse s'était ouverte tant de fois aux nécessités de M. Miramon, et qui, de spéculations en spéculations, avait fini par se ruiner, M. Jecker, en un mot, fut prévenu qu'il avait à verser la somme modeste de 10,000 piastres, — 50,000 francs— destinées à venir en aide, dans un moment de gène, à la pauvreté sans cesse renaissante du trésor. M. Jecker, il faut lui rendre cette justice, résista autant qu'un banquier qui venait de faire faillite pouvait résister. Il fit ses observations, ses plaintes, ses protestations, et voyant que tout cela était inutile, il pensa qu'il ferait peut-être bien d'entrer en arrangement en offrant un cadeau de 4,000 piastres, — 20,000 francs, — au lieu des 10,000 qu'on lui réclamait. Mais le général Gorona, chargé du commandement en l'absence de Miramon, se montra inexorable, et poussa, dit-on, l'oubli des services passés, jusqu'à infliger une amende 8,000 piastres au banquier récalcitrant, ce qui joint à la somme qu'on exigeait de lui, élevait le chiffre de sa quote-part à 18,000 piastres— 65,000 francs, — au lieu de 10. Alors M. Jecker comprit qu'il n'avait plus de ménagement à garder. Il répondit à l^xempt, chargé de mettre à exécution la sentence portée contre lui par le gouvernement des Garanties, qu'il ne paierait que dans le cas ou il y serait contraint par la force; et quand, dans la soirée, cet agent revint ao* compagne des braves dont nous avons parlé, uniquement sans doute pour faire droit aux exigences du principal intéressé, il trouva la maison barricad* e de telle sorte, qu'il lui fut impossible d'y pénétrer. Le lendemain la porte s'ouvrit comme de coutume et les défenseurs de l'ordre, armés de leurs iustrumens, se précipitèrent à l'intérieur. La porte des bureaux fut forcée en présence du consul de France que M«

Jeeker arait fait préreakr et dont on ne daigna paa seBleniet éootiter les protestations, et l'on allait en agir^de même h Têgorà dea eaiaaes et cofiTes«-fort9, qnaad pour les sanv^ de la destruction, M. Je^er consentit enfin à en livrer les ole&. Mais, 6 comble d^orrenr, en ne tre&« va rien dedans: le rusé banquier avait profilfé de la nuit pour démé* nager ce qu'ils contenaient.

Puis vint l'arrestation de MM. Grennim Landa et Bandiez NavMr^ ro, pour avoir oublié l'un et l'autre, qu'entre les mains des béros de Tacubaya, leur fortune était plus exposée que s'ils étaient tombés entre les serres des bandits qui détroussaient alors et détroussent encore les voyageurs sur tous les chemins de la République, en vertu d'une patente signée par les défenseurs de l'ordre et des garanties.

Cette arrestation fit alors tant de bruit, qu'au milieu du silence qui accompagnait chacune des opérations dont nous parlons, le journal officiel du 12 septembre crut, cette fois, devoir rompre le silence, et publia sur ces messieurs l'entrefilet qu'on va lire.

^' Par ordre suprême, MM. Landa et Sanches Navarre ont été, il y a quelques jours, mis en état d'arrestation. Cette mesure, toute 9é* vère qu'elle paraisse^ a été nécessitée par les ctrconstanees excepti<mnelles (A s'est trouvé le gouvernement. MM. Landa et Sanchez Navarro faisaient partie de la junte convoquée ces jours derniers, comme . chacun le sait, et ayant pour objet le règlement d'un emprunt que les eîreonstances actujelles rendaient d'une nécesMté urgente.

^' Après avoir assisté à la réunion, ces meseieurs ont refiisé aveo opiniâtreté de ^yer leur quote-part; ils ont même laissé sans réponse lea oommunmtions que S. E. M. le ministre dés finances leur a adressées à ce sujet. Cette conduite qui, dans la situation actuelle èa pays, dénote un égoisme vraiment criminel, accusait, d'antre part, envers l'autorité, un manque de respect qui ne pouvait passer inaperça.

^ Le gowernement supréfike est r^olu à se montrer iidexible etài châtier oewx qui méconnaissant kurs devoirs de citoyens, reftisent sans motifs les services dont diaeun, dans sa sphère^ a le devoir de s'acquitter en présence^ de la situation. La conduite- de ces messîears & été coupable, et ils en supportent aufourdliui les eetiséquenee?*^

AinUi Irât d» Hier let mejenB odieux dont elle se servait pe«r vider à v<dimté lee poohe» dea ceux qui avaient le malheur de vivre dann le rayon oik elle dominaiti l'autorîté réactionnaire en tirait gloire, aa oontrairey et meneçail d^iu sort pareil toae oens qnî, par la suite, oselaietftt se'BKOxtrev réealeîirana;

MM. Ooribar et Bosas en firent une triste expérience. Tons deux ils forent arrêtés pew ne pas avoir satisfait aux exigenees du fiae^ et comme MM. Germaa Landa et Sanchea Navarco, ils ne parent obtenir leur liberté qu'en pajatit iptigralement les sonuDOtes qu'on leur den^andait Tout cela éti^t dans l'ordi^e; et si nous devons dire toute notre pensée, il éta4t jui^te que ceux dont l'in&uenoe momie avait» inn posé jusqu'alors cette. &çoiii de gouvernement^ payassent enfin le» frais que nécessitait son maintien.

Mais qu'étaient-ce que quelques niilliers de piastres de plus ou de moins pour un gouvernement aussi besogneux? — Une goutte d'eau dans l'immensité des océans. Les exigences croissaient en raison des difficultés, l'insolence de la soldadesque en raison des besoins qu'on avait de ses services; si bien qu'un beau jour, ne sachant plus à quel saint se vouer, les protecteurs immaculés de la r^igion et des fueros ecclésiastiques ne trouvèrent d'autre moyen pour, remplir le vide de. plua en plus alarmant de leur caisse, et s'assurer par là de la fidélité des troupes, que de se jeter sur les richesses accumulées depuis près de quatre siècles dans les temples par la piété séduite de leur pères. XI est vrai que cette fois le pillage eut lieu avec l'assentiment du baut clergé.

Depuis la loi du 13 juillet 1859 qui avait déclaré propriétés de la nation les biens connus autrefois sous le nom de pro]^étés ecclésiastiques, le clergé ne pouvait plus vendre aucune parcelle de ces biens; et depuis qu'en refusant de payer à leur échéance les billets émis par lui en 1858 et 1859 ' , il avait laissé protester sa signature, il ne jouissait plus d'aucun crédit sur la place.

Maïs à défaut des biens qu'il ne pouvait plus gaspiller; à défaut du crédit dont il ne pouvait plus abuser, il lui restait encore une grande quantité d'objets précieux, destinés aux somptuosités du culte ca-

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