‹ Le Mexique et l'intervention européenneChapitre 26 sur 59 · MO · texte numérisé non relu

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iholiqae; et comme il fallait à tout prix entretenir la gnerre civile qui décimait le troupeau confié à ses soins, l'archevêque donna sans scrupule l'ordre de vendre les pierres pr^ieuses, et de faire fondre les calices, les chandeliers, les ostensoirs, les patènes, en un mot tous les objets d'or et d'argent qui se trouviûent dans les temples, pour en remettre le produit à M. Miramon.

On nous demandera peut-être en vertu de quel droit le clergé se permettait de disposer de biens qui ne lui appartenaient pas, et de violer d'une manière aussi flagrante les canons «t la législation de l'Eglise elie-méme sur cette matière. La réponse ft cette question serait inutile. Les prêtres qui bénirent les poignards du moine Clément et de Bavaillac prétendaient justifier les moyens dont ils se servaient par les fins qu'ils se proposaient; mais pour être appuyé de raisons assez spécieuses pour égarer pendant un certain temps l'opinion publique, un crime n'en est pas moins un crime, et si, pour établir jusqu'à l'évidence la vérité de notre assertion nous avions besoin de preuves, nous en trouverions d'irréfutables dans la conduite du clergé mexi' caîn & l'époque dont nous nous occupons.

S'agissait-il en efiFet de venir en aide à l'immortel curé de Dolores, ou au malheureux père da traître Almonté dans la lutte qu'ils entrepirent, l'un après l'autre, pour arracher leur pays au joug de l'Espagnet

Ou bien de fournir des ressources a Iturblde pour terminer Pœuvro grandiose arrosée du sang de Morelos et d'Hidalgo?

Ou bien encore de résister à Pinvasion du sol mexicain par les hordes venues des Mats-Unis?

Non! — n n'était question de rien de tout cela. Dans les luttes solennelles entreprises pour créer la patrie; quand l'indépendance, l'intégrité du territoire ou l'honneur national se trouvaient en péril, le clergé retranché dans son <!goisme et protégé par des privilèges aussi odieux qu'abusifs, s'est constamment conduit en étranger dont les titres de propriété étaient scellés avec les armes du Vatican.

Mais il était question cette fois de fiymenter la guerre civilo alln-

—Minée pour «Montemr les abus dont rirait oe clergé; et d'armer le père 4MMi4ce «oft fik| le frère co^re oboii friree

D'opprimer FÎAtellîgenee et de subjuguer la raison:

De corrompre tes mœurs en sanefifiant la prostitution, et en remplissant les casernes d'artisans honorables qui y perdent jusqu'au sen- ^îme&t de ce qu'Os se doirent à eux-mêmes et à la patrie:

De monopoliser les rietiesses au moyen de la main B^rte^ des droits panro^pjaux, des testamens et des ksgs obfigatâres:

De s'opposer an mouyement qui constitue la vie des sociétés, ayeo le seoours des alcabalas, des dîmes, des péages^ des passep<»ts et des antres difficultés

De renverser les pouvoirs établis par la constitution, pour livrer le pays, pieds et poings liés, au fii^natisme et à l'ignorance des délé* gués du pape :

Et cette fois, Honte ▲ lui ! Le clergé n'a point hésité.

n a payé avec l'or qui appartenait aux malheureux et dont il n'était que le dépositaire, la révolte armée de Tacubaya ; il a maiotenn cette révolte d'abord avec les restes de cet or, puis avec des livranoes qu'il a acceptées et qu^l a laissé protester plus tard afin de ne pas les payer; et quand il n'a plus eu ni or ni crédit^ il a livré comme dermère resource à ses complices de Parmée les richesses en or et en pier^ rmee accumulées dan^ les tcnples, depuis près de quatre siècles, ainsi que nous l'avons dit, par la piété séduite des anciens habitans du pays.

Voici Perdre adressé, le 21 août 1860, par M. Ignacio de la Bar» rera, administrateur des revenus du district, aux autorités religieuses de Mexico, afin de les prévenir qu'il avait établi dans son administration un bureau spécial pour y recevoir les objets précieux provenant des églises et des propriétés ecclésiastiques. Les lecteurs, en lisant cette pièce, remarqueront que M. Barrera appuyait particulièrement sur cette circonstance que M. Lésaro de la Garza, archevêque de Me-

zioO) avait donné son autorisation à ce projet et qne le goiiTememeiit avait désigné l'administration principale des revenus du district comme le lieu où devait s'accomplir cette nouvelle profanation.

Administration des reventis du district de Mexico.

" S. E. M. le ministre des finances, D. Gfabriel Sagaseta, par une note^officielle datée de ce jour, m'a communiqué un ordre suprême de S. E. le général de division D. Miguel MiramoU; relatif à Pétablîssement d'un bureau spécial chargé de recevoir des corporations et communautés eccl(?8iastiques les bijoux et autres objets précieux qu'elles doivent remettre au gouvernement pour subvenir aux nécessités urgentes du moment. Cette décision a été approuvée du très-illustre archevêque, et le gouvernement a désigné l'administration principale des revenus du district comme le lieu où devait s'exécuter cette remise importante. En conséquence vous aurez immédiatement à exécuter les dispositions que je transcris ici :

1.^ Vous enverrez au bureau d'essayage établi dans l'hôtel des monnaies de cette capitale, toutes les matières d'or et d'argent que vous possédez. Ces matières seront remises à l'essayeur en chef, M. Sebastien Camacho, accompagnées d\ine note ou facture signée du supérieur au nom de qui se fera la remise, et portant le nom de la communauté, le nombre des pièces, leur titre et leur poids.

2.® L'essayeur, de son côté, devra donner un reçu constatant la remise qui lui sera faite des dites notes ou factures, et les communautés ou corporatiottb religieuses enverront immédiatement le sus dit reçu à cette administration principale pour qu'il serve de titre justir ficatif du nombre et de la qualité des pièces qui ont été remises, et que, par ce moyen, il ne puisse y avoir ni confusion ni perte.

8.® L'administration principale des revenus délivrera en échange un reçu constatant le nombre de pièces, soit d'or, soit d'argent, qui auront été remises à l'essayeur pour être monnayées ; leur titre ; leur poids en marcs, et ce document servira en tout temps pour justifier de la remise et leur en donner décharge.

4.** Afin d'éviter une perte înûtile de temps et de frais, MM les Majordomes on RR. supérieurs des communautés et corporations sont invités, vu l'urgence de secours, à remettre ces matières d'or et d'argent au bureau de l'essayage, sans aucune espèce de mélange de bois, fer, cuivre, p]omb, ou de tout autre métal qui ne soit, pas précieux, afin que les travaux du dit bureau d'essayage se limitent à in* diquer le nombre de marcs d'or et d'argent qui lui auront été remis, en accompagnant chaque remise des remarques dont elle lui paraîtra susceptible.

5.® Là remise des bijoux et des pierres précieuses se fera dire<>tement dans cette administratidn principale des revenus du district, sur fitctures indiquant la qualité de la remise, le nombre des pierres pré* deases, leurs noms tels que, brillans, émeraudes, perles, rubis, d&to., et, si cela est possible, le poids de chacune d'elles; si elles sont grandes ou petites, <fctc* • • • Cette facture sera signée du chef de la oommunauté pour &ire foi auprès de l'administration principale qui, de de son côté, délivrera un reçu constatant la remise de ces bijoux qui doivent immédiatement être livrés, comme gages, aux personnes qui remettront des fonds au gouvernement suprême.

^ 6.* S. E. M. le président intérimaire recommande la plus grande activité dans toutes ces opérations, parce que le moindre retard pourrait amener des conséquences incalculables ; et je vous fais part de cette exoitative violente afin que, sans perdre de temps, vous fassiez la remise des matières d'or et d'argent et des bijoux que vous possédez, conformément aux prescriptions détaillées ci-dessus. A cet effet, les bureaux de l'essayage, aussi bien que ceux de cette administration seront ouverts demain et les jours suives depuis 8 heures du matin jusqu'à 6 heures du soir. Je vous recommande aussi d'envoyer les matières d'or et d'argent a l'hôtel des monnaies le plus secrètement possible, et de me remettre de même les bijoux, afin d'empêcher les ennemis du gouvernement suprême de commenter à leur manière cette mesure, et d'en dénaturer la légalité qui ne saurait être plus entière puisque elle a reçu l'autorisation du très-illustre archevêque de Mexico ; et dans le cas où je ne me trouverais pas ft mon bureau au moment où vous vous présenterez, vous pourrez effectuer la remise dont il s'agit, soit entre les mains de M, José de Pagaza, trésorier de cette douane ; soit dims celles de M« Ignacio Gon-

lalei de Ço8lo, ofioial mayor, maU en présence de M, José Beman Malo.

" Ce que je ronfl commaniqne afin que vous preniei tos tîons pour rezécution des ordres contenus dans cet office, dont tous qi'accuseres réception.

Dieu et Loi. Mezioo, le 21 août 186a

'' Signé, Ignacio de la Bârrbra.

Apvès k sac de k maison Jeoker; apite las vok aeaiidalMz dont aow arons parlé;, yols déguisés sous le nom d'emprunts et qui ont amené l'arvestation de MM. Goribar, (Norman Laada, Rosas et Saachex Nsr varro; après surtout le pillage effectué dans les églises, on pouvait légitimement espérer un moment de repos, et que les richesses enlevées des temples suffiraient, au çioins pour le moment^ k combler le vide au fond du quel se débattait depuis si long tepips la réaction.

Eh bien! on se trompait encore! Vers le milieu du mois de septembre 1860, M. Miramon réunit une assemblée de 26 capitalistes, juste le n<»nbre de notables qui avaient été chargés d'en fhîre un président de la République, et leur demanda, le pistolet au poing, la bagatelle de IM)0,000 piastres — 2.600^000 francs,— avec les quelles il s'engageait à en terminer aveo fe bandit de QonaalsB Ortégi^ ce sent ses propres expressions, et A prendre une revanehe terrible de 8ila0| eontre tous ceux que leur malheur amènerait sur son passage^

H fidlut de nouveau céder A une iiyonetion aiissi poliment adressée; mais cette somu^ ne suffit point encore, et ne sachant plus à quai parti s'arrêter, l'admiuistratioa des €krantîes résolot de s'emparer dNme somme de 660,000 iâastres,^S.800,000 francs,— appartenant aux teneurs de b<ms de la dette anglaise^ et qui, déposées rue Capuchinas, dans la maison mémo de la légation, étaient doublement protégées dans leurs caisses, et par le lieu oà elles se trouvaient^ et ps>r un sceau aux^mrmes du gouvernement S&rita&uiq^e.

Le général Léonardo Marquei^ celui qu'on appelle Lêoforéf^ «a soBvenir des assassinats de laeub^r^ et qui se taKmve-aqonrdluii I^

— il*—

gteétsl m «hef des ba&det qui reconnaÎMeiit VL AlfQOttW; M. Ibiv qvesy disonS'iioitBy mis e& liberté deprâ le 26 do mois d'août par or* ire du président Miramou, fut chargé de cette entreprise délicate; el le 16 novembre, le chef de la police Lagarde, à la tête de ses hommiBBf oeeupa la naisoii où étaient dépoeés ces fonds, sous prétexte de chercher un dé^dt d'armes cadiées dans la bus £te maison ou dans celle qui lui était contigue.

Le leademaitt» IT, M. Marques adressa à M. Ohaiieê Whitehead, agent au Mexique des teneurs de bons de la dette anglaise, la lettre â-jointe dans la quelle il cherchait à donner le change sur les intentions du gouvernement réactionnaire en prétextant des risques que couraient ces fonds dans le cas où la tîanquilité viendrait à être troublée.

République mexicaine,

ARMAr h A'TlOKALfi.

Quartier^maitre génërah

" Oomme les fonds publics déposés entre vos maias et desloftés au paionent des teneurs de bons de la dette extérieure anglaise, n'ont pas encore été définitivement payés et que, dans les drconstances actuelles^ ils peuvent eeurir un grand riê^fuef de même que les autres richesses renfermées dans la capitale, sila tranç^Uë ëiaii iraU" ilie; dai^(er qui deviendrait imminent s'il n'était paa pourvu aux besoins des forces qui maiatienBent l'ordre dans cette viIle;-^comme aussi d'antre part il est impossible de faire £M$e à leur entretien avec

les valeurs dont le gouvernement dispose, parceque leur recouvrement ne peut s'opérer que lentement» S. K M. le général en chef de ees forces, obéissant i ses devoir et désireux de mettre sa responsa* bilité à couvert, vous ordonne de mettre ces fonds à la disposition du commissariat de V armée* H est bien entendu qu'il ne sera pris, dans les coffres oà ils se trouvent, que les sommes strictement nécessaires, et que, pour leur remboursement, ce commissariat fera tenir à voire dispositioa les fonds provenant de l'emprunt décrété par Is vénérable dergé ' et par les particuliers pour ^entretien de la g«r-

1 Noavelle pieuve de l'entente du elergé avec l'sdmimitratioD réectimmaift.

nison ^ ; et que e'il existe un déficit au départ de la pr^nière oouduite, ce déficit sera couyert au moyen des droits à prâerer sur les valeurs expédiées en oonyoL

'^ Vous voudrez bien, aujourd'hui, compter deux cent mille piastres à M. le commissaire général, qui tous déliyrera^un reçu de cette somme.

'^ Dieu et LoL Quartier général à Mexico, le 17 novembre 1860.

" Signé, L. MARat7Bz.

''A M. Charles Whitehead, agent des teneurs de bons de la dette contractée à Londres."

Mais il parait que M. Whitehead ne crut pas que les intérêts dont il était chargé lui permissent de faire droit à cette injonction, car le même jour Marquez lui signifia le nouvel ordre qu'on va lire:

Mëpublique Mexicaine.

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