‹ Le Mexique et l'intervention européenneChapitre 30 sur 59 · XXIV · texte numérisé non relu

XXIV

Que M. de Chibriac n'a songé à offrir la médiation de la Francci qu'après s'être assuré des revers éprouvés devant Yëracruz par M. Miramon ; et qu'en offrant cette médiation qui devait naturellement se joindre à l'offre faite antérieurement par le chargé d'affaires du gouvernement anglais et être conçue dans les mêmes termes, il n'était question ni de la tolérance civile^ ni de la tolérance religieuse, ce qui ne pouvait servir qu'à compliquer la situation et donnait un appui nouveau à l'administration réactionnaire dans sa résistance insensée contre toute idée de tolérance religieuse.

Que M. de Grabriac, après cinq années de séjour au Mexique, eu. outre de ce qu'il avait déjà peut-être envoyé en France et de ce qu'il ft laissé ici, a emporté de ce pays une somme de 1^000 piastres — 785,000 francs; — et comme il est impossible qu'une pareille somme provienne de ses économies, il a dû nécessairement fiie livrer à un coin* merce quelconque, le quel exigeait tous ses soins, et explique pourquoi il a constamment refusé de défendre les intérêts de ses nationaux.

Que M. Miramon, pour ne pas remettre à M. Zuloaga la présidence dont il s'était emparé par un tour de passe-passe, a commis sur la personne de ce dernier un rapt accompagné de toutes les circonstances aggravantes de préméditation, de violence et de guet-à-pens; et qu'à la suite de ce nouveau orime, le corps diplomatique, par une unanimité qui l'honore, prit la résolution de ne pas reconnaître le prétendu conseil do gouvernement qu'il avait laissé en son absence.

Que M. Zuloaga parvint cependant à tromper la vigilance de ses gardiens, et qu'alors M. Miramon songea à se faire confirmer en famille, le pouvoir dont il s'était emparé par cet enlèvement.

Qu'une réunion de vingt un prétendus notables, dont plus de la moitié appartenaient à l'administration réactionnaire en qualité d'employés supérieurs, nomma M. Miramon président de la République sans s'occuper d'af antage de M. Zuloaga qui sî ce malheureux n'avait jamais existé; et que l'ambassadeur d'Espagne, M. Pacheco, s'empressa de reconnaître immédiatement cette excellence de coups d'Etat en qualité de gouvernement de fait.

Que M. George B. Mathews, chargé d'affaires du gouvernement anglais, refusa de se prêter à cette jonglerie dont tous les détails

étaient connus du publîc, avant d'âmr reçu des instructions de son gouvernement; et que dans sa note à M. Larès, il protesta à l'avance contre Fidée généralement répandue alors que l'administration allait rendre la liberté au général Marquez, qu'il accusait:

1 P D'être ^;^ des auteurs responsables des assassinats commis le 11 avril 1859, sur la personne des médecins occupés à soigner les blessés de Tacubaya;

2 ^ D'avoir fait assassiner depuis un citoyen américain.

3 P D'avoir volé, étant gouverneur de Guadalajara, une conduite que les négociants étrangers avaient confiée à la garde de son honneur et de sa loyauté.

Que dans la même note, Mr. Mathews crut encore devoir constater que les exactions dont M. Otway s'était plaint dans sa note du 20 novembre 1858 \ en demandant officiellement la destitution de M. Miramon, s'étaient plusieurs fois renouvelées depuis que ce général était à la tête du gouvernement; et que ces exactions n'étaient pas des conséquences naturelles de la guerre civilej comme le prétendaient à tort les journaux salariés de l'administration, mais des actes directs et intentionnels provenant du mauvais vouloir des autorités constituées à l'égard des étrangers.

Que M. Larès se contenta de lui répondre au nom de M. Miramon, que du moment où lui, Mathews, avait besoin de recevoir des ordres de son gouvernement avant de reconnaître le sus dit général en qualité de président de la République; celui-ci, de son côté, avant de s'occuper des réclamations que pourraient lui adresser les citoyens anglais, attendrait qu'il eut le temps de le faire; et qu'en revanche, il s'empressa de mettre Marquez en liberté.

1 Toir cette note, page 80 de ce volume,

Qae M. Pacheco, ambassadeur du gouvernement espagnol, oubliant & quel point une intervention de sa part devait être suspecte aux défenseurs de la constitution, ne craignit pas d'offrir sa médiation aux forces belligérantes, et que son offre fut rejetée pa%M. Gonzalez Ortéga.

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