RÉCAPITULATION
Sommes dues à l'Angleterre 69.994,542 54
„ à la France 2.859,917 00
„ à l'Espagne 9.460,986 29
Total 82.315,446^83
soit quatre cent et quelques millions de fr cotes.
Un beau denier, nous sommes les premiers à en convenir; mais en présence des difficultés occasionnées par la dernière guerre ciyilCi nous ne pouyous oublier que cette guerre ne s'est maintenue pendant si long temps que grâce aux secours indirects que l'insurrection a pu se procurer à la suite de la reconnaissance du coup d'Etat par les Ministres de France et d'Angleterre ; et convaincus comme nous le sommes de l'impossibilité où se trouve le Mexique de satisfaire, sur l'heure, à tous ses engagemens nous ne pmivons que répéter avec M. Jules Favrer Depuis quand est-il permis de tuer son débiteur insolvable pour le rendre solvahle ?
D'ailleurs, en nous maintenant strietement sur cette question de la dette étrangère, il j aurait encore beaucoup de choses à dire en hr veur du Mexique. Tous les Etats de l'Europe, les plus grands corn* me les plus petits ; ceux-ci aussi bien que ceux-là, sont tous écrasés par des dettes qui, à la première commotion un peu sérieuse, doivent logiquement entraîner une banqueroute générale ; et sans citer nomi*
nalement anetm de ces Etats, car, nous le répétons, ils se trouvent tous dans la même situation, nous serions assez heureux de connaître l'opinion en pareil cas de celui d'entre-enx qui se Torniit forcé, par des circonstances exceptionnelles, â» fiiire honneur à la fois à tout son arriéré. Du reste, cette question de 1a dette étrangère mérite d'être traitée séparémmit, et noua noua promettons <Fy refenir dans m chapitre particulier.
Mais si, selon celte belle expression de M. Jules Favre, il rûest pennis à personne, pas plus aux gouvernemens qu'aux simples particuliers, de tuer son débiteur pour r obliger à payer *, il reste encore, nous dira-t-on, ce reproche répété jusqu'à satiété de Vinstalnr lité des ff(mvememens au Mexique, et du peu de sécurité dont y jouissent les étrangers qui y sont établis, par suite de la continuité des dissentions intestines qui ont amené, h diverses reprises^ la coexiàtence de plusieurs autorités défait.
Sans chercher dans le passé des divers gouyememens d'AngleterrOi de France et d'Allemagne dés &its pareils à ceux qui se passent ici depuis quelques années, et tous ceux qui ont étudié la matière savent combien il serait facile de rétorquer par l'histoire cet argument pessimiste, nous nous contenterons de jappeler aux preneurs de l'intervention à tout prix, le passage suivant du discours prononcé, cette année même, devant le corps législatif de France, par un homme qu'on n'accusera certes par de tendances révolutionnaires, 'ML Achille Ja binai, e( nous leur demanderons ensuite un peu de pitié pour des hommes qui, au milieu d'un crise révolutionnaire, ont à la foia à oublier leur passé et à s'inspirer des nécessijtés de l'avenir.
1 A Athto«t %t à SoBiey il fut d'aitord pcmis d« vendre If i déliiteun îAs^Ha» blés, mais non de les tuer. Solon corrigea cet usage à Athènes, en ordonnant ^œ personne ne serait obligé par corps pour des dettes civiles, mais à Rome les décemvjrs chargés d'établir la loi des douze tables ne se conduisirent paa de la même ma*nlére. Mais un Jour un homme couvert de plaies s'échappa de la maison de son crèaneieT et parut, selon le récit de Denjs d'Halicamassc, tout sanglant sur la plae«' publique. Le peuple s'émut à ce spectacle ; il se retira sur le ment saelé, et s'il s'obtînt pu tout de suite l'abrogation pleine et entière de cette inftme loi de la contrainte par corps ; en lui donna du moins^ en l'n 260 de Rooie^ 493 avait Père chrétienne^ des tribuns pour le défendre.
** Quand, cBMiMl, au in<3s de mars demer, les grands pvmmpes ^ de 1789 se répandirent de l'autre côté des mers, ils éreill^ept d'à- '^ hoird des idées nouvelles chez les habitans du Mexique et y causê- ** rent quelque agitation, mais ce ne fut qu'en 1818 ^ que parurent ^* les véritables champions de Tindépendance mexicaine. L'insurreo- ** tion dominée dans le principe par les forces espagnoles, finit par ^ triompher, et ce pepple, composé en grande partie d'indiens, se pré- " çipitant sur le palais du Yice-rpî, y arbora l'étandart d'une nationa^ ^ li^ nouvelle. Aujourd'hui elle existe, cette nationalité, et je de- ^ mande qu'on ne la détruise pas. Une voix éloquente vous disait " hier, comment Punitë frartçaise avait mis qtéatre siècles pour se " constituer : n'oublions donc pas que le Mexique a commencé, de* '' puis cinquante ans k peine, spn œuv^e de constitution, et n'attaquons ^ pas un peuple naissant."
L'accusation de manque de sécurité est vague par elle-même, ainsi que l'a fort justement remarqué un journal de Paris, le Courrier du Dimanche, et prête, par ce motif, à l'abus même du droit qu'on invoque pour intervenir; car il est évident qu'avee une doctrine qui ne repose jusqu'à présent que sur des mots, tout gouvernement fbr| et mal disposé contre un gouveroement âûble, pourrait impunément abuser de sa force pour s'emparer du pays de son adversaire, ou toa( au moins, pour le livrer à un tiers qui ne serait que son très-humble fondié de pouvoirs. >
Pour ne pas sortir du &it qui nous ocoupe, la diplomatie reconnaît comme principe admis dans le droit international que les étrangers résidons dans un pays quelconque sont soumis, comme les nationaux, aux lois de ce pays, en vertu de l'axiome de jurisprudence Locus re-
1 La première tentative en faveur de ^Indépendance nationale da Mexique eut Heu en 1610, et fut initiée par le curé de Dolorés, l'immortel Hidalgo, qui échoua, et paya de «a tête son généreux dé vouement.— La seconde se fit en 1813. Elle avait pour chef le curé Morélos, père de M. Almonté : mais elle n'eut pas plus de succès que la première. Morélos fut battu, fait prisonnier et fusillé — En 1818 il il y en eut une troisième commandée cette fois par Mina, neveu du famenx général dii même nom ; mais il ne fut pas plus heureux que ses devanciers Hidalgo et Morélos et fut fusillé comme eux par les Espagnols. — Enfin en 1820, le général Agustin Itarl^de, issu d'une iamille d'origine basque, se mit à la tète de l'in^ Mmetion et contmignît la ricc-foî i signer en 1831, U pian éPJ^uaU.