partie du di' ^^ ^^ p^îg^ ^j^ Véracruz par les espagnols, cEt
attira sur *• gouvernement mexicain, dans la crainte que les potre cano' opprimées ne voulussent se délivrer de sa tyrannie, ou que ï^^ûÇ* ^^0eB modérés et influents ne préparassent un mouvement ^^} ' .>f i^f»it entrainer sa chute, s'empressa d'appjiquar un remède c -jT^' ( à ces éventualités en publiant le décret suivant :
tt^. I A partir du 14 courant (décembre 1861 veille de l'oo- ^nfttîon de Véracruz par les espagnols) le port de Véracruz est ferntaé au commerce de cabotage et de long cours. •
m "Art. II Sont vép%t6n traîtres i la patrie, et seront, en consé- " quence, traités comme tels, tous les mexicains qui se réuniront or- " mes aux espagnole^ ou qui favoriseront cPune mamère queleoiv- '' que la cause des envahisseurs,
'< Ai^t. ni Le terme aœordé nx «BsBidAnspourse eonfermer k Pam- '' nistie du 2 courant est prorogé de quinze jours, et cette grftce s'étend " à tous tes mexicains à.l'iexception de ceux que le gouvernement ju- ^ gérait indigne de la recevoir."
Xa leeta?^ ëk »ê èéeK% 81 nous fe» croyons le journal ôÛdiél, tvA ac-
^le pw les ri^s titMtiimes dtt parti Aotr/t^e et modère de l\is8etn-
% p^tir ce motif, nows <5r6yOBS titîle de notis expliquer en peu de
^ \ V^a s%ii}fioation grammaticale de ces deax adjecttft, afin de voit
\ ^ ^». 4 p(^nt eHe s^iccorde avec la râleur attribuée aux tnêtnes
?* ^ le jargo«i poîîtiqtte de3 peuples.
^ ^ "^ ^e pratique, uauel, jouroaU^y cea iew ac^etiâ onlt
^ %c "^ €cation.qai leur est proîMre.
^^ A "^ 'conforme & l'honneur, à la rfertu, k la probité, tan-
^ '^/^ ^oîe plus particulièrement pour indiquer la dîs-
^ ^%;^ ^ tnme des partis extrêmes, )3oît à droite, soit à
«î ^^ ^ ces deux qualités n^ayant pas d'analogie Tu-
é d'un homme ne saurait jamais dépendre
lération de ses opinions, et que l'on peut-
îgueur du mot, et avoir des opinions en^
.^, eémoins Pétion et Robespierre surnom-
-* et vertuetiXy et l'autre Vincorruptible^ sans que les souvenirs
du 2 Septembre ou de la Terreur, aient rien changé au jugement des
contemporains sur le caractère de ces deux hommes c^èbreSé
Au contraire^ on peut appartenir liu parti qui se nomme lui-même * fàôdërë, et Dieu seul connaît jusqu'au va sa modération, en être même, comme M. Almonté et quelques autres qull est inutile de citer, un deff membres les plus influons, et ne pas briller précisément par la probité : témoin encore M. Teste, ancien ministre du roi Louis- PWlîppe, pair de France, commandeur de Perdre de la Légion d'Honneur, président de chambre à la cour de cassation, (btc. di/tc« « • • par ^nséquent modéré^ voire même CÊTchi-modêréj et pourtant condamné en 1847,^ par le oour d'assises du département delà Seine â deux années de prison, et à 200,000 fhincs d'amende, pour avoir, étant ministre, trafiqué de sa position, pour vendre à M. Palaprat^ la conceasion des mines de Gouhennans, moyennant un pot de vin de 100,000 francs.
D'où nous concluons en disant que ces deux qualificatifs honnête et modéré jurent bien souvent de se trouver accolés, l'un à l'-autre, et que M. Billaud, en gratifiant les réactionnaires du nom de modétés ne leur a paa fait un complifiient dont ils doivent être bien fiers.
Quoiqu'il en soit, l'assemblée a ri. Elle eut miieux fidt, srioti nous, de se rappeler, qu'en 1792, la France aussi fut i la veille d'être envar hie par les troupes du roi de Prusse, guidées par des ënûgrës, dans des conditions exactement semblables à celles où se trouvent le général Almonté et ses dignes compagnons auprès de la dinsion fran* çaise. Le commandant Beaurepure, pour ne pas survivre à la honte de la capitulation de Verdun, se fit sauter la cervelle en présence de la municipalité et de son état-^-major, et Fassemblée nationale, impassible devant le péril, répondit à la prise de Lôngwy, par le décret suivant, daté du 81 août 1792, qui vaut pour le moins le décret de M. Juarez : Aussitôt que la ville de Longvyy sera rentrée au pouvoir de la nation française^ toutes les maisons, à F exception tles ëtablissemens publics, seront détruites et rasées K
1 Le langage de M. BilUud deTftnt le oorpi législatif, n'était que la paraphrate dei aniolea 5, 6 et f de Ttiistraotloa dcmnée |mr Lcmia XVI lui-même à Mallet du Pa»,
en le chargeant, en 1799, d'une miaeion auprès de« puiemnee» éiranigéres. Yoîm eet articlea :
**b,^ Repr^aenter aux eoun de Vienne et de Berlin l'utilité d'un manifeste qui '* leurs serait commun STeo lee autres Etats qui ont fermé le ooneert. tl est important " de rédiger œ manifeste, de manière à séparer les Jaeobint du reste de la nati^r^^ à " rassurer tous ceux qui soni suêoeptibles de revenir de leur égarement^ eu çui^ sans ** vouloir la constitution actuelle, désirent la suppression dM abus st U règne de laU^ ** herté modérée^ sous un mcnarque à Vautorité du quel la loi mette df$ limites.
*' 6. ^ Paire entrer dans oette rédaction la vérité fondamentale, qftinfiM la guerre ** à une faction anti'Sœiale (Louis XVI .remettait o6s instruottons à MaUel duPtn quel* *< quesjoura après être venu, eu personne, proposer à l'assemblée législative de déclarer " la guerre au roi de Hongrie et de Bohème), et non pas à la nation française ; que " Von prend la défense des gouvememens légitimes contre une anarchie furieuse qui ** brise parmi les how^mes tôi^ Us Uens de la soeiahilitéj toutes les cen\ftnt4ôns à Tabri " des quelles reposent ialiberié^ la paix ^ la sûreté pubUque au éedane et au dehers ; ne *.< point imposer des lois, mais déclarer énergiquement à l'assemblée, aux cM>rps admi- " nistratiâ, aux municipalités, qu'on les rendra personnellement et individuellement res* " pensables, dans leurs corps et dans leurs biens, de tous attentas commiscontre la per- *' sonne sacrée du rei, contre celle de la reine et de la famille Toyale, contre les person- " ses et propriétés de tous citoyens quelconques.
•« 7. ^ Exprimer le rœu du roi, qu'en entrant dans le royaume les puîssanoes déda- ** rent qu'elles sont prêtes à donner la paix, mais qu'elles ne traiteront ni ne peuvent '* traiter qu'avee le roi : qu'en conséquence elles requièrent que la plus entière liberté *■ fait soit rendue, et qu'ensuite en assemble un congrès ak les divers intérêts serout die» " eûtes sur les baies dffà arrOées ov UM Aiuaaii^ iSBOHT A0IU8 ooxmb FSâarifll
Maïs qu'avona-nOTis besoin cPôroquer les souvenirs de la grande ré- Tolntiûn ? La France a été denx fois depuis, en 1814 et 1815, exposée aux liorreiiFff de Pinvasion, et dlaque fois, doùletir bien àmère, les âls deé géans trabif^ parles modérée si cbers à^^M* Billaud, succombèrent sous les coups de l'Europe coalisâepour h si^tième fois contre «ux. Que M. Biitaud daighe consulter les ddeumebs d^ cette époque et il y trouvera des décrets de la nature de ceux que nons rapportons m-4essous, qui n'ont certes rien à reprocher à ceux qui ont tant in^ digne ee ministre^ uniquement peut-être parceq'u'ils émanaient du gonyémemènt de M. Juarez.
C'est d'abord un décret rendu à Troyes, le 28 ftvrîer 1814, après la reprise de cette ville sur la grande armée des alliés, pour couper court aux expérances de quelques royalistes, qui avaient profité de la présence des étrangers afin de manifester des sentimens hostiles au gouvernement de l'empereur et réclamer le retour des Bourbons.
Tout fraîiçais, disait le décret dont nous parlons, au service cPune des puissances dont les troupes eiivaJiissent le territoire de Pempire^
ET TOUT FRANÇAIS QUI AURA PORTÉ LES SIGNES OU LES DÉCORA- TIONS DE l'ancienne dynastie, serotit déclarés traîtres, juffés par des commissions militaireSj condamnés à fnartj et leurs biens confisqués.
Déclarer traître h la patrie un imbécile qui attache une valeur quelconque à des rubans, le fidre juger et condamna à mœrt par une commission militaire, et enfin confisquer toutes ses propriétés, cela vaut bien, selon nous, le décret qui oonidamne à mort les mexicains qui passeront dans les rangs des envahisseurs. Pourtant qe n'est pas tout encore : un autre décret, daté du 5 mardf à Fismes, près de Reims, proclama la guerre d'extermination, et déclara traîtres .à la patrie les autorités qui tenteraient d'un diminuer les ravages.
** plaignaKTBS, et oit le plan général des réclamation» sera négocié êotu les auêpieea et '* sous la garantie des puieeances/*
Le* personnes curieuses de bien connaître la trahison de Louis XVI, et de oomparer la situation aotuelle du Mexique à celle de la France en 1793, n'ont qu'à lire la oolleotion des mémoires sur la révolution, particulidrement ceux de Bertrand de MoUeTille, ministre do Louis XVI. Tome VIII, pa|r> 38-
Tous les citoyens Jrimjois^ était-U dU dans oe 'noayel iikas^ MOfnJt non seulement autorisés â cùwrir moF <»rmes^ mais requis de le faire ; de sonner le .iùcsit^ aussitôt ^qu^ils emt^téresrid le eemen ds nos troupes s^approcher dPeum ;dese rass0mhkri d^feuHkr les beis, de (xmper les ponis^ ^intercepter les reuteSj et de tomber sur les fiancs^ et sur les derrières de Pennemû Tout citoyen frsmçais pris par Tennemiet fui sercUtmis à f9%srtf sera sur ie ekamp wengépar l^ mort, en représaMes^ d^un prisonnier emèemù Tovs uëb mai*
AES, FONCTFONNaIRJSS PUBLICS ET HABITAliH ^UI, AU LtSU D'fiXGf- TER l'Élan patriotique du peuple, le R2Fm0lDIS9BKT on DIS- SUADENT LES CITOYENS d'uNE LÉGITIME DÉFENSE, SERONT CONSI- 2JtÉRÉS COmME TRAÎTRES A LA PATRIE £T TRAITÉS CaH^CB TELS.
Cependant nous n0 daclion3 pas que les souverains alliés aient jamais protesté contre des décrets aussi légitimes. Loin de là, ils étaient devenus sages depuis 1702. Us ne traînaient pas comme le duc de Brunswick, un prince de Oondé à leur suite : ils étaient eux, rien qu'eux, et le comte d'Artois étant venu les rejoindre, ils ne lui permirent d'exercer aucune autorité, de déployer aucun earacti re o£Sciel. Il éUut réservé à M. Billaud de faire un crime à M. Juarez et aux autorités constituées de vouloir défendre leur patrie.
Mais dira-t-^m, il n'y a pas analogie à établir entre ees tkax situations. Tous les souverains alliés, à l'exception de l'Angleterre^ avaient maintes et maintes fois reconnu l'empire en traitant directemeni avec son chef. Dans la campagne de 1614 ib étaient si éloignés de méconnaitre so& autorité, qu^ils offrirent encore, au eongrès de Chatiih>n (5 lévrier), de traiter avec lui, et, dans la question du Mexique au eontraire;^ M. Billaud, organe du gouvernement français, % déclaré péremptoiremoit devant ie corps législatif, l'intention de n'entrer à aucun ^îx, en arrangement avec l'administration de M. Juares.
Nous en demandons bien humblement pardon à tous ceux qui pensent ainsi ; mais, pour^notre part, nous ne saurions accepter cette manière de trancher à Paris une question qui n'intéresse en définitive que le Mexique. S'il ne s'agissait que d'une reconnaissance antérieure pouf constituer la légitimité du gouvernement mexicain, nous rappellerions que M. de Saligny a reconnu officiellement ce gouvernement le 18 mars 1861, et sur ce terrain, la parité serait oosaplète : mais il s'a^
de la souveraineté natiouale, de la peuyendûetê de la Franoe aoB^i biea qjSkB de celle da Mexique, car nous ne yo«l(ms pas qae pkifl tard on ^aae ÎAVoqfuer contre soas la âiéprie de M. Billavd, et poiur ce motif Doue eroyofts deyoûr appuyer d'ooe fitçoii partieaUère stir la quefl^
tlOfli
Le gouvernement de l'empereur était légitime aux yeux des étraogerSy non pareeque les souverains alliés Pavaient reconnu en traitant plusieurs fois avec lui, maiis parcequ'il était fondé sur un plébiciste signé par cinq millions de votans. — De même le gouvernement actuel de la République est légitime, non pareeque les repré^entana d'Angleterre, de France, de Belgique, des Etats-Unis^ de Prusse, du Pe^ rou et de l'Equateur l'ont officiellement reconnu, n>ais paroeque son ebe^ M. Juarez, a été appelé à la présidence par le vote librement manifesté de l'immense majorité de ses concitoyens.
S'il suffisait, en effet, aux étrangers, pour qu^ils aient le droit.de contester la légitimité d'un fait qui se passe dans une sphère d'action entièrement indépendante de la leur, de s^appuyer sur les passions et sur les intérêts froissés de quelques mécontens, les souverains alliés, à l'époque dont nous parlons, auraient pu, se constituojc & leur choix, les vengeufS du parti royaliste, ou les défenseurs de la souveraineté nationale, si brutalement violée dans la journée dû 18 brumaire. Mais la révolution était un fait devant le quel les souverains eux-mêmes étaient obligés de s'incliner, et l'attentat de brumaire, une question purement domestique, dont le plus ou le moins d'immoralité n'intéressait que la France ele-môme. — De même ici les querelles entre les réactionnaires et les libéraux sont des affaires purement locales où les mexicains seuls sont intéressés, et dont les gouvernemens étrangers n'ont le droit de se mêler qu'au point de vue^e la protection à accorder à la vie et aux intérêts de leurs nationaux.
Les souverains alliés ne se présentèrent donc, en 1814, ni comme les défenseurs des uns, ni comme les vengeurs des autres ; ils déclarèrent au contraire, gii^ffs ne faisaient point la guerre à la FrancBy mais à cette prépondérance que, pour le malheur de r Europe et. de notre patrie elle-même, Vempereur Napoléon avait trop longtemps excercée hors des limites de son empire ^ ; mais entrainés par
1 Dèofamlîoi des stu venins i^6i^ en. date du Uu dèeetalm 19X9k
— «fila logique de la Bitaation, dès que la trahison da due de Ragnse les eut rendus maîtres de Paris, ils violèrent les engagemens solennels isontenus dans la déclaration du 1 f' décembre 1818, en dévastant notre territoire, en pillant ou volant une grande partie de notre matériel de guerre, en nous imposant de très fortes contributions militaires, en semant les divisions parmi nous, en fomentant les haines, en réveillant toutes les prétentions des anciennes classes privilégiées et «n couronnant l'œuvre de l'invasion par la restauration des Bourbons réclamée par la partie saine de la popclation française de l'époque. — ^De même, ici, Pon ne voulait d'abord que tirer satisfaction des outrages prodigués à nos concito jens, et l'on avait introduit dans le projet primitif Rengagement de ne point faire usage des forces qtûon allait déployer pour intervenir dans les affaires intérieures de la République; mais dominé par la logique dont nous parlions il n'y a qu'un instant, on a pensé bientôt que la partie saine de la population, /a^^Mée d'anarchie, avide d'ordre et de repos, profiteradt peut-être de la présence des forces alliées pour tenter un effort destiné h constituer dans le pays un gouvernement présentant des garanties de force et de stabilité qui ont manqué à tous ceux qui s'y sont succédé depuis V émancipation ; alors on a supprimé cette clause, et M. Billaud brochant sur le tout, en est arrivé à cette conclusion.impitojable : Il nous est impossible d'entrer en arrangement AVEC LE GOUVERNEMENT DE M. JUARSZ.
Entre ces deux faits exactement les mêmes quant au fond et aux conséquences qu'on se proposait d'en tirer, il n'y a de différence que celle qui existe entre la force matérielle des deux pays : quant au droit, il est exactement le même au Mexique comme en France. De la part de M Juarez, comme de celle de Pempereur, il s'agissait de défendre sa patriUd'une invasion ; là bas de l'Europe liguée pour la sixième fois contre notre patrie ; ici de l'Angleterre, de l'Espagne, et, nous regrettons d'avoir à le dire, de la France, liguées contre le Mexique. Les motifs mêmes invoqués de part et d'autre pour exr plîquer le but de l'armement et de l'attaque qu'on se proposait, étaient exactement les mêmes ; car si, pour parler comme M. Billaud, les puissances intervenantes se croyaient en droit d'abriter leur intervention derrière ce quelles appelaient la déloyauté du.gouvemement mexicain ; chez nous, il nous faut bien le répéter, avant de passer le Rhin, les alliés déclarèrent qu'il ne faisaient pas la guerre à la
France, mais à ceite prépondérance que, pour h malheur de PEn- Vfipe ei de la France élle*-mime, Pempernur Napoléon avait trop limgtemps exercée hors des limites de son empire. Entre une prépondérance exercée, dans le système des alliés, pour le malheur de •l^Enrope .et de la France elle-méihe, et fai Déloyauté contre la quelle s'est ifleié STeS tamt d'énergie M. Billaiid dans la séance du 26 Juin dernier, nous ne tronvons guère & distinguer qu'une différence purement; logomaehique ; des deux oâ^és le re))roclie est' le même ; partant le droit à la résistance éti^it paiement le même, et à moiiiB de flétrir les décrets des 28 février et 5 mars 1814 àii novi de fnonumens sanguinaires du despotisme impérial, ce que M. Btllaud ne s'est point encore permis et ce que personne ne se permettra jamais, du moins nous l'espérons ainsi, on conviendra que, pour avoir mérité il'iodrgnatkm du ministre impérial, le décret dû 26 janvier 1862, sur les peines à infliger eux traîtres et à la trahison, ne d^assent en rien ceux du premier empire ; et qu'en tout cela M. Juarez, président de la Eépublique mexicaine, n'a fait que reiiiplir un devoir aussi sacré pour lui, que l'était pour l'empereur, eu 1814, celui de défendre là France conte la coalition étrangère.
De tous ces grands mots invoqués pour la première fois dans le but de faire un crime aux hommes qui défendent leur pajs de ne. point avoir humilié lâchement leur faiblesse devant l'omnipotence des puis* sauces intervenantes il ne reste, en définitive, que l'idée de monarchiser le Mexique, idée tour-à tour soutenue et abandonnée par. l'amiral Ijagravière dans la conférence d'Orizaba, mais sur la quelle M. Billaud ^ jugé prudent de glisser dans sa réponse à Jules Favre, et les réclamations bien légitimes que la France, au nom de ses nationaux, est en droit d'introduire pour préjudices causés aux sujets de l'empire pendant et depuis la fin de la dernière guerre civile, i^ous ferons comme lui, car il nous serait bien difficile, nous l'avouons, de saisir corps à corps cette idée de Irïonarôhie dont tes'promoteurs ont tellement boute, qu'ils n'osent pas là Boiitéûir publiquement, et dont M. Almonté, désavoué par les commissaires du gouvernement français ^ , n'a pas mê-
1 Voici la lépODse de M. Jurien de Lagrayière aax déclarations de MM. Dunlop et Prim, relaUires aux ouyertures du g;éDéral Almonté, et à son affirmation que son plan monarchique serait soutenu par les gouvernemçns d'Angleterre^ de Franee fit d'Espazne :
'^ VamircI Jurien croit quejamait le général Almonté v?a m desemMables préien'' tUmi,"^
(PMtoeole oiBciel de h-coBftfeoce d'Oniaba.)
^ — 4tt—
mê daigné dîjre «n ttiot dans ses prodamaiionB an pajB qaHI eatmm, BOUS dit-on, BtMrer de l^aarekie. PaseoM donc et explîqvoiis-iioas «Bt dernière fois but les réelsmatiob» légitiaoei dn gaayenmaent fiMigaât.
Ce n'étoit mslbearettseni^t pas la premièmfttt que n ouamwa trooyioBS dMis le oas de faire dea rédamatîoDfl ans a«ft<Snté8'dn Mexique: mais chaque fois on avait procédé au moyen de oonventîeiifly et peur être autorisé à s'y prendre aujourd'hui d'une autre manière^ ii iSudiait établir d'abord comment, dans le passé, la ecttfiaace de nos oamp»triotes ayait pu être trcnnpée. Ici la preuTO du oontraire est mathématique, et nous allons en profiter pour exposer la vérité en peu de mots.
Le gouvernement français a célébré trois cenventions avec oehi du
Mexique.
La première & l'occasion d'une réclamatioii introduite par la maison Serment, Fort et Coaap* : non seulement les intéressés ont tou« ché intégralement ce qui leur était dû, mais ils ont réalisé sur le montant des intérêts de leur créance, un bénéfice de 799,205 piastees, soit un peu plus de 4,000,000 de francs, et nous ne croyons pas qu'il y ait'aajourd'hui de reproches à adresser au gouvernement mexicain sur cette question.
La seconde provenait d'une créance appartennant à la maison Jeeler, Terre et Comp'. . Elle a été payée intégralement comme la première, et de ce côté, non plus, il n'y a pas de réclamations à introduire.
La troisième Ibrnfee de diverses créances, montait à
une somme, totale de < 9 1.374,614 60
Sur cette somme il a été payé • • • « •„ 1.183,769 57
Difiiêrence en faveur des teneurs de bons . • • • $ 190,845 08
960.000 francs environ. — Voila tout ce qui reste dû à la France Elur le montant èes créances liquidées par les trois conventions dont nous veuonfl de parler«-^Ge serait par tvep aussi se jouec de la cré-
dnUié' pfobli^iie» qnct de pr^ewke lii pcrmnadler qae le gonreraeinciit ^oiçaift €}8t f9iia poftâr bk goerre dans tes sé^ona éloignées pour lae p^eille tnîs^re ; #t ^'est pour détoamery aataat qu'il était e» bd, l'opifli^ del yécttaUofii nuotîfc de Piateiresildoii, que le raiidsère a ùit mimln^v te ciôfre total <tela OonTenliioii nomelLMient à kiterveoir à Ifr aomael én^jrnw^ :i2.0«0,00e de pbatres^ee.OOO^Oe de fimncs,-^ 9i^ ajf anft aoia eepepftda»t d^ajoutor coBuma eoivaclbrqxie les créaoeea è j i&trodmre mt aiei>t examinéee avea soîb par une commissioit fran* çtme ^.
Nous regrettons bien sincèrement d'avoir à le déclarer mais nous n'avons jamais rien entendu d'aussi monstrueux que cette théorie. Toute créance est un titre qui intéresse à la fois deux personnes au moins, le débiteur et le créancier; et qui, pour ce motif, lors du règlement des comptes, doit être débattue contradictoirement entre eux. Dire que la commission chargée d'examiner les réclamations dont il s'agit sera une commission française et non une commission mixte, c'est reconnaître implicitement que la commission dont nous parlons pourra, comme les souverains alliés l'ont fait à l'égard de la France, en 1814 et 1815, imposer au Mexique le paiement de toutes les sommes qu'elle croira juste et convenable de lui imposer; et que celui-ci sera obligé de payer, non parcequ'il doit réellement les sommes qu'on lui réclamera, mais parce qu'il est le plus faible, et qu'aux jeux sanglans de la force et du hasard, les forts ont l'habitude de ne &ire aucun cas des réclamations des faibles. Nous devions à notre qualité de français de protester hautement, au nom de l'honneur national contre une déclaration dont le moindre résultat serait de priver le Mexique du droit qui lui appartient légitimement de défendre ses intérêts, et sans répéter ce que nous avons déjà dit sur Paffaire de M. Jecker, nous croyons, à titre ^e renseignement, devoir ajouter le ùÀt suivant, parcequ'il nous a été certifié par un des membres de la commission chargée, au moment du désastre de ce banquier, d'examiner les comptes de sa maison. M. Jecker remit alors entre les mains de cette commission toutes les pièces nécessai-
1 Voici les paroles de M. Billaud.
Croit-on que cette iomme (6O.OO0|O0O de francs) soif eurcestivel Mais, toutes les réclamations seront eœaminées par une commission française. Les droits seront étudiée scrvpuUusement et ton rC admettra ritn dHUgitime, v
res pour oonstater sa sitnatkm, en ayant soin mème^ comme tous les fiûllis, d'enfler antant que cela dépendait de lui le chiffre des crëaA* ces qu'il avait k recouvrer. Cependant il ne fit eiitrer celle dont nous nous occupons que pour la somme de 2 millions et deux à trois^ cent mille piastres au plus. Depuis, cette commission s'est séparée, mais les pièces dont il s'agit doivent exister, et si par*hasard il s'en est égaré quelques unes, on pourrait interroger les persoimes qm furent alors chargées d'apurer les comptes de la fititlitC) et l'on saurait d'une manière positive le chiffre au quel, sons l'administration de Miramon, M. Jecker lui-même estimait cette célèbre réclamation.
CONCLÏÏSIOK
Dans la conférence d'Orizaba, les commissaires français ont concltf à la guerre contre le gonvemement actuel àa Mexiqtte, et à la gnerre à ontrance. Depuis, cette conclusion a été répétée par M. Billaud, au nom du gouvemement lui-même, et les dernières nourelles nous annoncent le départ des forces destinées à convertir le Mexique aux douceurs du régime rêvé pour lui dans la haute sagesse de M. de Saligny et de ses amis.
Nous ayons établi par un passage emprunté à^Yatel sur le droit de guerre ' , que pour être autorisé à en appeler à la force des ar^ mesi il faut:
1 ^ Que le gouyemement qui déclare la guerre ût un juste motif de plainte, et ne se coayre pas de prétextes.
2 ^ Que la puissance qu'il attaque lui ait refusé toute satis&ction
légitime.
1 Voir pi^ 309.
3 ^ Qu'il doit enfin considérer aaparayant, et avec la plus grande attention, s'il est véritablement utile à son pays de soutenir son droit par la force des armes.
Or, il est impossible d'invoquer contre le Mexique les motifs exposés ci-dessus. M. Billaud a reconnu lui-même que l^gouvemement de M. Juarez avait offert à la France toutes les satisfactions qu'il était en son pouvoir de lui donner, et il a ajouté que si ces satis&ctioiui n'ont point été acceptées, c'est parce qu'on n'avait point de foi dans ses promesses ^ •
Il n^est pas davantage possible d'abriter la guerre actuelle derrière la nécessité de mettre un terme à la guerre ci^le, puisque cette guerre est terminée depuis l'entrée de M. Juarez dans la capitale de la République, et que M. Billaud Va reconnu lui^niiâane, en termes explicites devant le corp$ lé^ala^tif * .
Oq ne peut pas non plus invoquer, pour justifier la guerre actuelle, le plus ou le moins de sincérité du vote qui a porté M. Juarez à la présidence de la République; parceque ce vote est un fait, et que le gouvernement français, en reconnaissant le gouvernement qui en éma- Jà&i lui a par cela mêand doliaé toute k eon8(vei«tion dont il pouvait être suac0piible à ses yeux, D'aiUewrs le vote dont H s'agit est une
1 Yorci les paroles de M. Biilsad:
^ Ce que CKkigpoit Juarez, ce n'était. pas de se voir obligé à £ûre de luuivellet *< promesses de paiement et de aatisfac^ion« A cet égard rien ne lui coûte. C'était ^ de voir, dans son propre pa3*s. quelques uns de ses compatriotes se mettre à la ** tête du mouvement de régénération que les puisêances auraient dénri.^^
Ailleurs il a dit encore:
^ On ne peut espèftr dé r^ntion positive qu'à deux ccndifions: Dcnnef dit ^ temf^ 0t HabUr im gowmmimnt êotide, âitpôeé à rêliéUr la paixf, à mettre vn ^ terme à la mûkre de la nation et à remplir fidèlement ses promesses 'êmferfUs^ini'' " très natiotts.^*
î Voici) toi^ar» h» paroles de Ml Billaud^
« Quand le gouvernement ite JnMsez^ quipiétend' 9hè ttMAâl-'tft ^-ensUiiiliMnel ^ eût triomphé sur les autres factions^ nous espérâmes un instant qu'il serait éclai- << té ^ ui^B^'OArde jiisUM^ejL^ufjyi comfireQjrs^^pe, sf^uXu^fM k plus évident, *< c'est-à-dire, celui de sa conservation et de sa stabilité, lui ordonnait impérîea» <f sèment de respecter les droits de chacun. La France, alon, reconnat son fott* *< venement."
question de police tonte intéiieiire duous la quelle les gouyememens étrangers n'ont point à intervenir: le gouvernement français n^oins que tout autre; car autrement il faudrait changer le droit international et admettre, ce qui fort heureosement pour le bien de l'humanité ne saur rait être accepté aujourd'hui, qu'en 1862 comme en 1820 et 1823/^ertiûns gouvememeas ont le droit de se constituer juges de la légitimi* té de certains autres. D'après cette théorie dont les auditeurs de M. Billaud ne se sont pas même donné la peine d'étudier les conséquences, les gouvememens absolutistes du I^ord de l'Europe pourraient, au même titre, retourner contre la famijle Bonaparte et contre .la France, l'argument invoqué par un ministre plus zélé que sage contre M. Jaarez et le Idexique, et justifier ainsi aux yeux de l'Europe oonservatrice, une nouvelle coalition des intérêts absolutistea contre l'inflexibilité des principes proclamés chez nous en 1789. Nous ne prétendons pas que cela sera; nous disoua simpl^nant que cela pourrait être; et cette crainte seule aurait dû, selon noua, retenir le ministre de l'êmpîre &ur la pente où l'entrainait sa haine de fraîche date contre la république «t le régime républicain..
Enfin l'on ne saurait non plus alléguer, comme. le fiûd M. Sillaud pour la vaine satisfii^ction de crier contre un despotisme qui n'existe que dans son discours, les décrets rendus par le gouvernement actuel pour protéger le pays contre la trahison possible de quelques malintentionnés de l'intérieur; parcequ'en promulguant ces décrets. le gos-' vernement n'a fait qu'accomplir un devoir envers sa patrie, et que, tffl âlkût ajouter une preuve de plus à oeUes que nous avons d^ à données oi-deseua en raiq[>eknt les décrets rendus en 1814, c'est-àdire, dans une situation ideûtique à ceUe où se trouve aujourd'hui placé le Mexique, par le fondateur de la dynastie qui règne actuellement en France, contre les misérables qui YQxilBi^jJ^f à l'exemple des Almonté et des Bobles, introduire eux-mêmes l'étranger au cœur de notre patrie bien aimée, nous n'aurions qu'& citer cela qui fût rendu à Lyon le 12 mars 1815, pour a^m^ter les fonctionnaires qui' avaient tramé^ ce sont les termes même du décret, U renversement du trône imjrériml, en 1814, et renvoyer treize individus, non compris dans ce déci^et, devant les tribunaux ' établis pour juger les traîtres.
1 Lés commissions militdres; voir ci-dessus, page 406^ le décret dtt.33 février 18I4« . . ..i
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Voici, p<wr l^f£ficatioii dé noB Idcilenrs, les tùmn des treise inditiàm exceptés de Famnistie prononcée le 12 mars 1815/ par le chef de la dynastie nopoléonienne^ dans des conditions entièreinent semblables à odles qui ont fait ëgalemeni exdepter certaineà pehtonnes de Pamnistie générale promulguée le 2 déoenibre 1861.