‹ Le Mexique et l'intervention européenneChapitre 50 sur 59 · de LÊorachefauciKMML · texte numérisé non relu

de LÊorachefauciKMML

Depuis les désastres JM>a renoe. Cependant la France a rsliflé \k condamnation portée contre les traîtres ci-dessus désignés, et malgré toute la rhétorique de M, Silland, l'histoire, on peut en être certain, «(mfbndra dans un même anathôme Almonté-, Robles, et tous les défenseurs de leur tii^hison.

si, pour justifier cette gueite regrettable à tant dto tf très, aux intéi^êts de la France anssi bieA qûà Ceux du Mexique, on ne petit invoquer ni le refus du gouvemement mexicain de donner à celm de Fraa* ce totite les satisfiurtiionS légitimes; ni la nécessité de mettre un terme à la guerre civile; ni ta prétendue pression qui aurait porté M. Jna^i à lar présidence; ni les mesures prises par le gouvernement pour défendra la BépuUiqne contre l'invasion; que peut^on enfin alléguer pour en expliquer la nécessité?

On proclame, nous ne savons quelle impossibilité de traiter avec le gouvernement actuel, et f urgence d'établir à sa place un autre gouvernement qui soit mieux selon le cœur de ceux qui aruront à célébrer des traités avec IuL

Cette doctrine em^rique professée en 1862, & la tribune d'une chambre française, par on ministre dû goQvemiement impérial, cos« tient une réminiscence tellement malheureuse dés metife invoqués eontrc nous, en 1815, par lord Castlereagh, dans la chambre des corn* munes d'Angleterre, qu'à notre sens, jamais ministre n'a é^ plus ïnal inspiré, et que nous ne saurions laisser passer sa déclaration sans protester à la fois au nom du passé et de Pavenir, et contre lés paroles de lord Castlereagh, et contre les résultats qve pourraient atbir dsins la suite lés artifices oratoireé de M. ^laiiâ.

Voioii du reste le îAï au quel nous feisofts allusioiii.

On était au lÔ mars, et l'on ne connaisBàlt ^oint encore \ Londres la déehiratton du 13 du même mois par la quelle, à Vienne, les fibttterains alliés avaient mis l'empereur au ban des natiohs, en le déclarant ennemi public. Un membre considérable dé l'opposition, M. Whitebread, avait protesté dans la efaambré dés communes, eânttè toute 4nesure quipmtrraity disait-il, implifuer la Grande Bretagne dans Im guerre civih commencée^ sàHs d&utè^ à f heure même, en Prandû^ pur refet du débarqttement de BafU^atte ■ .

C'était là comlne un écho de l'ancienne doctrine de Fox et d'Brskine, collée toute prétention d'intervenir dans les révolutions d'un peuple voisin. Mais lord Castlereagh dont la politique était engagée déjà toute entière dans la signature dohbée à Yienkie cFépuis trois jours, se contenta de r^ndte par deB eiqi^resfidohs généraleis, oà perçait eèpendaïkt la tradition des deux Pitt: Le syéthne de èè gouvernament, dit-il, n^a jamais êtt de s^ ingérer daiis ies affaires tntërieU" re»dela France; mais, en même temps, on ke peut s'empechër

ICI DE 8E Bt:NTIIt>, £N COttMUK AVEC LE RESTE DE l'eUROPE, PROFONDillENf INTfRESSÉ A SOUTENIR AU DEHORS UN GOTT-

1 The parUûmentary dictes from the yur 1803 to the présent time» {rc... Vpl XXX^ p. 230.

YERNEMENT QUI A TANT CONTRIBUÉ A LA PAIX DU MONDE, 7AB OPPOSITION A CETTE FORCE VIOLENTE UUI TEND, AUJOURD'HUI MEME A LA BOULEVERSER.

Je suppose, ajoata le ministre ^ , que Vhonorahle membre des communes lui-mime ne fait pas exception à ce sentiment général. Quant aux Tnesures que le gouvernement de ce pays pourrait croire utile d^adopter, dans ks circonstances qui menacent de nouveau de troubler la paix universelle, je suis sûr que la chambre ne me pardonnerait pas, si fêtais capable d^ oublier mon devoir cm poini de hasarder déjà quelque opinion à ce stget,

Kemplacez dans ce discouFS artificieux du premier ministre anglais le nom de la France par celui du Mexique, ceux de MM. Whitebread et Castlereagh par ceux de MM. Jules Favre et BilUud ^ celui de l'empereur contre qui il était dirigé par celui de M. Juarez^ descendez en un mot du grand au petit, et vous* retrouverez, quoique sf us une autre forme, la pensée intime qui a dicté la partie suivante des instructions de M. de Touvenel à M. Lagravière : Il pourrait arriver que la présence des forces alliées sur le territoire du Mexique déterminât la partie saine de la population, c'est-k-dire les traîtres de toutes les couleurs, /o/t^uée d'anarchie, avide d^ordreet de repos, à tenter un effort pour constituer dans le pays un gouvernement présentant les garanties de force et de stabilité qui ont manqué à tous ceux qui s^y sont succédé depuis V émancipation* Les puissances alliées ont un* intérêt commun et trop manifeste a voir le MEXiauE sortir DE l'état de dissolution sociale ou il est plongé qui paralyse tout développement de sa prospérité, annule pour lui-même et pour le reste du monde toutes lès richesses dont la Providence a doté un sot privilégié, et les

OBLIGE ELLËS-lftlMES A RECOURIR PERIODIQUEMENT A DES EX- PÉDITIONS DISPENDIEUSES POUR RAPPELER A DES POUVOIRS ÉPHÉ- MÈRES ET INSENSÉS LES DEVOIRS DES GOUVERNEMBNS. Cet inté^

rét doit les engager à ne pas décourager des tentatives de la nature de celle qtteje viens de vous indiqtier, et vous Ne devriez pas leur

REFUSER VOS ENCOURAGEMENS ET VOTRE APPUI MORAL, c'cst^'à-

dirO; les exciter à la révolte, pour avoir le droit de les soutenir e&-

1 The parliamentary deMetfrùm the year iBOB to the presef4 Urne* J^ct..*» Vol, XXX, p. 230.

tlUlte, SI, PAR LA I>0S1TI0I^ DEâ HOMMES aUI EN PRENDRAIENT

l'initiative, les vaincus de Loma Alta, de Silao et de Galpulalpam,

ET PAR LA SYMPATHIE QU'ELLES RENCONTRERAIENT DANS LES MASSES DE LA POPULATION ELLES PRÉSENTAIENT DES CHANCES DE SUCCES.

Il n^j a pas jnsqu^an mystère dont on entoure Pexpédition actuelle qui ne retrouve mot è mot son explication dans le discours du ministre anglais. Alors on n'affichait qu'un seul but: débarrasser V Europe dé la tyrannie de Pempereur; comme aujourd'hui on veut seulement renverser le gouvernement de M, Juarez^ et comme en 1816, on abandonne & la victoire, nous voulons dire aux circonstances dont elle sera accompagnée, le soin de décider entre la monarchie, un protectorat ou toute autre mesure, dans le cas ou les deux premières rencontreraient des obstacles insurmontables.

L'expérience, cependant^ a prononcé* depuis longtemps sur cette politique de case cou. Au congrès de Vienne, l'empereur de Russie se rappelant la part qu'avait eue, en 1814, M. de Talleyrand, à la restauration des Bourbons, s'en prit à lui du retour de l'empereur et lui dit dans un moment d'humeur: " Eh bien! vous l'avez voulu. Ne vous " avais-je pas assez averti que les Bourbons n'étaient pas capables *' de régner?— Sire, répliqua M. de Talleyrand, il faut cependant ** qu'ils régnent." — Ils ont régné, en effet, mais la double tempête de 1830 et de 1848 a prouvé depuis à l'Europe ce que la France pen^ sait de cette monarchie imposée par les bayonnettes étrangères, et nous souhaitons que le souvenir n'en soit pas perdu pour le plénipotentiaire du gouvernement français quand, arrivé dans la capitale de la république et n^ayant plus de motifs spécieux à invoquer, il faudra aborder franchement des questions sur les quelle8it)n a jugé prudent jusqu'ici de garder le silence le plus complet. La vérité est une: id comme en France, et en France comme ici. Nous l'avons abordée sans passion, mais aussi sans crainte, parceque, selon noujS, c'était l'unique moyen de faire comprendre la situation à ceux qui ne connaissent les hommes et les choses de ce pays que par les rapports de certaines personnes intéressés à les tromper. Si nous nous sommes mépris en quelques endroits, nous sommes prêt, ainsi que nous l'avons déjà déclaré, à rectifier les erreurs que nous pourrions avoir commises involontairement) et par respect pour le nom de la Francf nous brisons

notr^ plume au moment où, la guerre étant déc\arée| la question passe, du champ jusqu'alors ?«i^ae de ^interprétation, daxvs le domaine positif de la réalité.

Voici, en qualité de matériaux pour l'histoire de cette guerre, lea pièces échangées entre les commissaires des puissSnces alliées et le gouvernement mexicain; après la rupture arrivée i^ la suite de la oonférenco d'Orizaba.

Note coïlectite des commissaires des puissatices alliées^

" Orizaba, 9 avril 1862.

" Les plénipotentiaires de S. M. la reine de la Grande-Bretagne, de S. M. l'empereur des français et de S.. M. la reine d'Espagne ont l'honneur d'informer S. E. M. le ministre des relations extérieures de la République mexicaine, quç rHayaiit pu se mettre Raccord sur Finterprétaiion à donner ^ dans les circonstances actuelles^ à la Convention du 81 octobre 1861, ils ont régrflu d'adopter, désormais, une aotion complètement séparée et indépendante,

" En conséquence, le commandant des forces espagnoles va prendre immédiatement les mesures nécessaires pour réembarquer aef troupes.

•* JJ armée fi ançaise se concentrera à Paso Aficho, aussitôt que tes troupes espagnoles auront dépassé cette position^ c'est-rà-dire, probablement, vers le 20 avril, et commencera sur le champ ses opérations.

*^ Les soussignés saisissent avec empressement cette occasion d'o^ frir fc S. E. M. le ministre des relations extérieures, les assurances de leur haute considération.

'* 8igné, Ch. Lennox WYKE.^^Hugh Dunlop. — A. de Sali- QHy, — E. JuRiEii. — L^ o&mte de Beus.

*' A S. E. M. DoUadp, ministre des relations extérieures élDtc."

RiPON«B 0X7 eOUYERNEMENT MEXICAIV.

A MM. les eommiasaires de la Chranêe^Br^agney de la France et de tJBspagne.

" Palais national. Mexieo^ 11 arril 1862.

** Le soussigné, ministre des relati<»is extérieures et de gehemor don de la Bépubliqne mexicaine, a l'honnenr de répondre A la note que MM. les oommissfâres de S. M. la reine de la Qrande^Bretagne, de S. M. l'empereur des frt^nçaîs et do 8. M. la reine d'Espagne lui ont adressée d'Orizaba le 9 du courant, pour lui annoncer la rupture du traité de I4pndre9 du 81 octobre 1861, et pour lui fi^ire savoir que, désormais, chacune des puissances auparayant alliées agira séparément et indépendamment des autres.

<< Le gouvernement mexicain regrette profondément qu'un événement aussi inespéré empêche que MM. les commissaires remplissent les stipulations si solennellement convenues par les préliminaires de la Soledad, soit parceque cette faute affecte directement le crédit des l^ti&s parties contractantes, soit paroeque le gouvemesient se flatt|ît de l'eapoir probable que les négeteiatîons qui allaient s'ouvrir i Oriaaba ooncâlieraiei^t ton^ lea intévéta, el produiraient le bien ines« t|mable de la paix, objet çn^iâtal des efforts du cabinet conatitutioBneL

^ Cependant, comme le Mexique sait apprécier dans toute sa valeur la conduite noble, locale et circonspecte de MM. les commissures de l'Angleterre et de l'Espagne, et comme son désir esl; d'épuiser les moyens do conciliation et de régler définitivement ses relations extérieures avec les puissances amies, il est disposé à entrer entrai* tés aveo MM. les représentans de la Grande Bretagne et de l'Espar» gne, malgré ce qui s'est passé le 9, car, aujourd'hui comme auparavant, il a la meilleure volonté de satisfiiire entièrement à toutes les justes réclamations de ces nations, de leur donner des garanties efficaces

pour TaYenir et de renoaer les relations d'amiiié et de eommerce qu'il a entretenues avec elles, sur des bases fermes, franches et durables.

Quant à la conduite injustifiable de- MM. les commissaires de l'empereur des français, le gouvernement mexicain se borne à répéter, cette fois, ce qu'il a déjà dedaré dans une aaitre oocasion. Le Mexique fera justice à tous, et satisfera toutes les demandes justes et fondées sur le droit des gens; mais il défendrajpsqu'à la dernière extrémité son indépendance et sa souveraineté, et sans accepter jaiùûs le rôle d'agresseur qu'il n'a jamais eu, il repoussera la force par la force et défendra, jusqu'à œ qu'il ait versé la dernière goutte du sang mexicain, les deux grandes conquêtes que le pays a faites dans le siècle actuel: l'Indépendance et la Réforme.

'^ Le Soussigné profite de cette occasion pour offrir à MM. les commisaires l'assuraxice de sa haute considération.

Signé, Manuel Doblado."

Note des commissaires de la France.'

" Les soussignés, plénipotentiaires de S. M. l'empereur des firan* çais ont l'honneur de&ire connaître à S. E. M. le ministre des relations extérieures de la B0ptiblique mexicaine, en réponse à sa note du 3 avril courant ^ réclamant l'éloignement de M. le général Almon*

té, q;u'il leur est impossible d'acquiescer à cette demande.

" Au moment où le général est parti de France, le gouvernement

de S. M. l'empereur ne mettait point en doute que les hostilités ne

fussent depuis longtemps engagées entre nos armées et les armées

mexicaines, M. le général Almonté s'offrit alors pour aller porter

à ses compatriotes des paroles de conciliation et pour leur faire com-

1 Voir cette notcipage 383,

prendre le bnt tout bienveillant qnefVétait proposé l'interyention eU'^ ropéenne. Ces ouvertures furent accueillies par le gouvernement de S. M., et le général fut non seulement autorisé, mais invité à se rendre au Mexique, pour y remplir cette mission de paix à la quelle l'avaient si bien préparé ses antëcédens bonorables, son extrême modération et l'estime dont il n'a cessé de jouir aussi bien au Mexique que dans les diverses cours étrangères où il a représenté son pays.

'^ Arrivé à Yéracraz, le général se trouva en présence d'une &ituation que personne, en Europe, n'avait pu prévoir. Un armiâtice avait été conclu, des négociations étaient engagées. Le rôle du général n'en restait ni moins important ni moins facile & défimr. Il était évident' qu'après les longues guerres dviles^ qui ont déchiré ce pays, et lorsque, sur divers points du territoire, la résistance armée tenait encore les forces du pouvoir en échec, la voix dfuh hwnme étranger aux passions des partis et investi de la confiance d'un des gouvememens alliés avait le droit de demander à être entendue. Le gouvernement suprême de la République, sans vouloir comprendre tous les avantages qu'il aurait pu retirer, en cette occasion, d'une conduite plus prudente et plus modérée, crut n'avoir rien de mieux à faire pour consolider sa situation, que de renouveler ces édits de proscription qui rappellent si tristement les plus mauvais jours des révolutions européennes* Cette fâcheuse résolution fut notifiée aux commissaires des trois hautes puissances. Les plénipotentiaires de S. M. l'empereur des français se sont abstenus d'y répondre, et M. le général Almonté, dont la vie était menacée jusque dans Yéracruz, suivit, à Cordoba, un des bataillons français qui se dirigeait vers les cantonnemens de Tehuacan. Le gouvernement suprême de la République proteste aujourd'hui oontre cette démarche. Il a dû prévoir la réponse des plénipotentiaires de l'empereur. L^drapeau français a déjà abrité bien des proscrits. Il est sans exemple que sa protection une fois accordée ait été retirée aux hommes qui l'avAient obtenue«

Les soussignés ont eu le regret d* avoir à constater j depuis le jour où a été conclue la convention de la Soledad, de nouvelles vexations exercées contre leurs nationaux. Jusque sous leur yeux, des mesures violentes ont été adoptées, en vue d'étoufier l'expi^ession des vœux du pays et de la véritable opinion publique. On espérait- ainsi réu*

air i doaner I9 change i l'Euroflè et lai &ire aeeeptor le triomphe dHine minorité oppre^Bire, comme le aeul élément dk>rdre et de réorganir aatî<m que l'on pût trouver encore au Mexique.

^^ Les soçesignéi demeurent conTidncue que, a*îls peraôyéraient daaa •la Yoie où le désir d'éviter l'effasîon de sang les a engagés ils s'expor seraient à méconnaître les intentions de leur gouvernement et à devenir involontairement les complices de cette compression moralCi sous laquelle génût aujourd'hui la grande majorité du peuple mezi* eain.

En conséquence, ils ont Phonneur d'informer 8* E. M. le ninistov des relations extérieures, que les troupes françaises, laissant leurs hôpitaux sous la garde de la nation mexicaine, se replieront au de U des positions fortifiées du Ohiquihuite, pour 7 reprendre tonte leur H* herté d^action, aussitôt qui les dernières troupes espagnoles auront évacué les cantonnemens qu'elles occupent aujourd'hui en vertu de la convention de la Soledad* '

Les soussignés ont l'honneur de renouveler à S. S. M. le minislre des relaticais extérieures, l'assurance^ de leur haute considération.

Oriaaba, 9 avril 1861.

'' Signé, A. DE Salignt*-*-- E. Juribn."

aiPONfIS pu aO^VERNSMENT A MM. LES €X>MMI88AIERS 00

GOUVEaNEIftBNT FRANÇAIS.

A MM. les commissaires de S. M. Vempereur des français*

" Palais national.— Mexico, 11 avril 1862.

^^ Le soussigné, ministre des relations extérieures et de gobemaejon de la République mexicaine, a l'honneur de répondre à la com-

mmicatioa que MM. les çoowijHiwes âe 8. M .riimpefeiir âes fran^ çaUlui oat adressée pûurl'mfonner que les troupes finuaçaifles se replieroQt sur Paso Ancho afinde recoayrer leur liberté d'action, auaait&t ^ne les troupes espaguQlea aurout évacué leurs cautonnemens actuels, 011 fei^dant ce procédé ^or leur résolution de protéger le t^raitre, M. ^Uftu N, Almouti^.

^^La yiolation des préliminaires de la Soledad, consommée par MMr les commissaires français, à l'ombre d'un prétexte presque puéril, est iiyastififible si ou l'e^miae à la lumière du droit international.

^ Ni le gouvernement constitutionnel, ni la nation mexicane n^oni reçu la nouvelle officielle de la mission que MM, les commissaires aitribuentj dans leur note précitée, au traître Altnonté, et le premier avis qu'ils en aient est l'assertion de MM les copimissaires.

" Ce qui se savait depuis quelque tems par la Toix publique, c'étail que le traître Almonté, trompant par de faux renseignemens S. M. Pempereur des français, travaillait assiduement à attirer sur sa patrie une invasion armée étrangère qui servit d'appui au parti réactionnaire vaincu dans! ce pays bien plus par la force irrésistible de la volonté générale que par les armes. •

^ Ces rumeur se sont converties en faits pleinement justifiés, de^ puis l'arrivée du traître à Véracruz^ parcequ'alors l'autorité nationale a acquis des preuves convaincantes que ce dernier s'occupait à cons-firer contre tordre légal généralement reconnu dans la Réjmbli-, fue^ et à stimuler^ par toute sorte d'intrigues et de promesses, les bandes de pialf^iUeurs qui errent sur quelques points datis les montagnes,

" Usant de son droit de souverain et appliquantijes lois en vigueur rendues antérieurement^ le gouvernement mexicain a déclaré traître et a mis hors la loi M. Juan N. Almonté, sans qu'il pût jamais lui Tenir & l'esprit que cet acte d'administration intérieure, qui le concerne exclusivement, pût être invoqué avec empressement comme un motif de rupture par les mêmes commissaires qui, le 19 février, en signant les préliminaires de la Soledad, se sont engagés solennelle* ment devant le monde civilisé à respecter la souveraineté du gouver-* nement mexicain et à ne s'immiscer dans aucun acte de son administration intérieure.

— 4âO —

'* Uayeu qu'on &it dans les préliminaires, MM. les représentans de la France, en reconnaissant la légitimité du gouvernement constitutionnel et sa générale acceptation dans la République est en contradiction ouTerte avec les assertions qu'ils font aujourd'hui dans leur note du d, en attribuant le maintien de cette administration au triomphe d'une minorité oppressive. Cette contradiction notoire fait douter de la sincérité du premier aveu de MM. les commissaires et révelle Toriginelpeu digne du second.

'^ Le soussigné a le regret de repousser, comme inexactes, les inculpations par les quelles MM. les commissaires assurent qu'il a été commis de nouvelles vexations contre leurs nationaux après les pré* liminaires de la Soledad. Les autorités subalternes n'ont donné connaissance d'aucun fait notable de cette nature, et s'il en est survenu quelqu^un, il aura été de si minime importance, qu'on n'a pas cru convenable de le dénoncer à l'autorité suprême.

" MM. les commissaires français ont eu la liberté et l'opportunité de réclamer pour quelque faute que ce fut, et leur silence fait présumer que rien n'a surgi qui donnât matière à une réclamation.

" Le gouvernement mexicain a été et est encore disposé à épuiser les moyens de conciliation pour arriver à un arrangement pacifique qui ait pour base les préliminaires de la Soledad. Il a rempli, pour sa part, et il continuera de remplir à l'avenir les obligations qu'il a contractées dans ces préliminaires, car il comprend combien un acte de déloyauté compromet l'honneur d'une nation. Tl ne sera pas agresseur, car il suit fidèlement le principe de respecter les nationalités tant qu'on n'a pas recours à d'autres moyens qu'à ceux des conventions. Mais le g^vemement constitutionnel dépositaire de la souveraineté et gardien de l'indépendance de la République repoussera la force par la force, et soutiendra la guerre jusqu'à ce qu'il succombe car il a la conscience de la justice de sa cause et compte sur ce que, dans ce conflit, il sera puissamment aidé par la valeur et l'amour de la patrie qui caractérisent le peuple mexicain.

" Le soussigné présente à MM. les commissaires de l'empereur des français l'assurance de son attentive considération.

'' Signé, Manuel Dodlado."

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