‹ Le Mexique (volume 3)Chapitre 15 sur 39 · A LA NATION · texte numérisé non relu

A LA NATION

Citoyens, nous sommes arrivés au but : nos vœux .sont accomplis : nous avons déjà un acte constitutif; et, si nous aimons Tordre , si nous désirons avoir une patrie , si nous avons à cœur de compter parmi les Nations , le moment est venu où nous pouvons y prendre place.

Le Congrès Souverain a fait ce qui dépendait de lui : ce n'est pas l'ouvrage de volontés individuelles, mais de toute la Nation, tout ayant été débattu et arrêté librement par ses représen- T. I. 28

tans , de façon que déroger à sa teneur , ou opérer en sen; contraire, serait disputer à la Nation son indépendance et sa soureraineté.

Pour ce qui était de notre pouvoir, nous sentons l'ineffable satisfaction d'avoir vu se vérifier cette époque mémorable pendant notre administration , quoique au moment où elle touche à son terme. Citoyens , on pourra nous reprocher de n'avoir pas gouverné avec tout l'entendement, avec toutes les lumières nécessaires, mais nos intentions ont été toujours justes ; notre point de vue n'a pas cessé d'être la prospérité publique. Nous n'avons pas pu faire tout le bien que nous aurions voulu : des obstacles insurmontables, que le temps seul peut détruire , s'y sont opposés ; mais nous avons conservé l'État dans toute sa plénitude ; les appointemens des employés sont au courant ; et, pour le reste , si nous n'avons pas rempli l'attente publique, si nous avons commis quelque faute d'inexpérience , que cela serve au moins de leçon à nos successeurs. Enfin, si , en administrant la chose publique dans des temps orageux, au milieu des crises lesjplus anarchiques ; si , en luttant de toute notre force , et perdant tant de mois contre mille obstacles et contrariétés; si, en tenant le gouvernail de l'État au moment qu'une Jiorrible tempête nous menaçait tous de nous ensevelir dans l'abîme ; si , en un mot , par tout ce que nous avons souffert dans une si terrible position pendant plus d'un an de notre administration, nous avons acquit le droit de supplier et de conseiller , nous en usons envers nos concitoyens pour leur recommander , avec les sentimens les plus paternels , l'amour de l'ordre , ce principe protecteur des États. Veuillez vous pénétrer, citoyens, que l'union et la subordination aux autorités peuvent seules nous sauver des orages qui nous entourent encore; et ceux qui, sous un prétexte quelconque, se permettraient d'enfreindre ce principe , ne pourraient être considérés que comme les ennemis de l'Anahuac, les fauteurs des tyrans, qui sont là, prêts à

nous surprendre au moment du désordre, et à nous enchaîner 4e nouveau».

Fait ait Palais National de Mexico, le i" féyrier 1834*

Signé José Mariaho Michblehâ, Président.

Miguel Domihguez.

VlHCEHTE GUERRERO.

Le Suprême Pouvoir executif, nommé provisoirement par le Souverain Congrès Mexicain , à tous ceux qui verront les présentes, savoir, que le Souverain Congrès Constituant a décrété ce qui suit :

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