CHAPITRE VI
qui font les délices de l’honinie des champs. De grands éperons d’acier damasquiné servent aussi de crampons au cavalier, et concourent à le rendre inébranlable , quelque mouvement inattendu que fasse sa monture. Enfin le chapeau galonné à larges bords, la maïuja ' resplendissante d’or qui se relève sur l’épaule, et une épée espagnole complètent le costume aussi élégant que riche de l’opulent campagnard.
Le harnachement du coursier est fait d’ailleurs pour en relever la beauté. La selle mexicaine est l ancienne selle arabe; elle pare très-bien l’animal, mais l’écrase un peu. Elle est de peau d’ours ou de tigre, plus souvent de cuir brodé d’or ou d’argent avec des garnitures d’argent massif d’un grand prix.
En appendice, s’étendant sur la croupe, sert a recevoir le zarape qu’on y attache en cas de pluie; les étriers sont larges et couverts , et de belles armes cl’ eau, attachées au pommeau de la selle, tombent devant les jambes du cavalier. Quelquefois on ajoute au harnais 1 anquera, garnie de petites cbaineltes d’acier qui retentissent au moindre mouvement du coursier. Ce nouvel ornement, tait de cuir ouvragé ou de velours noir, recouvre entièrement la croupe, et tombe |usqu a la moitié du fémur du cheval.
.le ne sais rien de précis sur l’origine de 1 anquera ; mais elle ressemble beaucoup à la partie postérieure de l’armure dont les chevaliers couvraient leurs palefrois dans les batailles et dans les tournois. Le chan-
1 La manfjn est un petit manteau rond avec une ouverture dans Je milieu pour passer la télé.
frein el les autres pièces ayant d’aborcl disparu, connue plus incommodes au cheval, on aura laissé subsister le revêtement de la croupe comme ornement.
Le mors du cheval est d’acier damasquiné; le frontal de Ja bride est orné de plaques et d’aiguillettes d’argent; les rênes sont passées dans un coulant du même métal.
On n’emploie jamais que les rênes du mors; cependant celles du filet seraient bien utiles pour reposer la bouche du cheval, que le frein mexicain fatigue beaucoup. 11 est fait de telle sorte, que la partie inférieure de la mâchoire se trouve prise dans un anneau de fer, tandis que la partie supérieure est maîtrisée par une espèce de tourniquet à pointes arrondies, qu’on soulève plus ou moins au moyen des rênes pour arrêter le cheval ou pour modérer son élan. Ce frein a tant de puissance, et les chevaux sont si habitués à obéir instantanément au commandement de la main, qu’on peut arrêter subitement un cheval lancé au galop, ou même lui faire faire une demi-volte dans le même temps, en pivotant sur ses jambes de derrière. En France, on aurait peur de casser les reins à un cheval; au Mexique, on ne craint rien, et il n’arrive rien. 11 est vrai que les races de chevaux sont différentes; mais, disons-le aussi, l’éducation fait beaucoup, et en France, on élève les chevaux peut-être un peu trop délicatement.
L’entrée du cours de la Viga donne sur la place de San-Pablo, où l’on a construit un grand cirque pour les courses de taureaux. Ce cirque a été achevé