‹ Le MexiqueChapitre 109 sur 247 · G II A IM TR K VI · texte numérisé non relu

G II A IM TR K VI

si lausse, qu’on ne lui pardonnait d’étre encore au théâtre qu’en faveur du passé et de cette grande habitude de la scène qui en iaisait un acteur excellent.

La troupe se renouvela en partie en 1836, et se recruta d’artistes distingués. Le théâtre alors lut parfaitement monté, et pouvait compter au premier rang, après ceux de Paris, de Londres et de Milan. Madame Albini y brillait de tout l’éclat de ses grâces et de son talent; madame Cesari la secondait admirablement dans les rôles de contralto, et le beau Fornasari y faisait entendre sa basse de tonnerre.

Dès les premiers débuts de l’Albini, un enthousiasme extraordinaire s’empara du parterre : les étrangers, les Allemands surtout, portèrent l’admiration jusqu’au délire ; elle méritait à bien des égards l’encens dont on l’enivrait. Elle était de taille un peu forte, mais remplie de grâce. Un sourire singulièrement agréable donnait un grand charme à sa figure. Elle unissait d ailleurs aux agréments du chant un beau talent dramatique : elle était en tout admirable dans l’opéra de Norma. Après son duo du second acte avec Adalgise ; Si Jino ail ore, ail’ ore extrême, etc., c’était une frénésie d’acclamations (58).

lin 1841 une nouvelle troupe vint remplacer cellelà; mais elle ne se soutint guère plus d’un an, malgré la voix ravissante et les grâces de notre jeune compatriote, madame Castellan, secondée du ténor Bozzetti. Mademoiselle Bourgeois, qui se faisait appeler Borghesi , redonna, quelques années après, un peu de vie aux soirées musicales; mais ce ne fut qu’en 1851 que

la scène italienne reprit tout son éclat : Marini et Salvi. mesdames Steffenone et Bertucca 1 élevèrent à un rang distingué entre tous les théâtres du monde. Enfin, arriva en 1854 madame Sontag, comtesse de Rossi, engagée pour deux mois au prix de 100,000 francs. Vingt ans s’étaient déjà écoulés depuis quelle avait abandonné la scène, et cependant , loin de rien perdre de sa fraîcheur, sa voix semblait plus belle qu elle n’avait jamais été. Les clilettanti qui se souvenaient des Monbelli , des Malibran , des Pasta , des Grisi , avouaient qu’ils n’avaient jamais rien entendu qui leur causât autant de plaisir et d étonnement. Hélas 1 ce rossignol voyageur, cette muse de la mélodie, devait trouver la mort sur cette terre étrangère aux débuts de ses triomphes : elle succomba à une attaque de choléra. Le glas de son agonie jeta la consternation dans la société mexicaine, comme la nouvelle d’un désastre, comme une calamité publique.

Quelques grands artistes sont venus aussi à Mexico à de longs intervalles, comme Wallace, Vieuxtemps, Max Borer et Herz ; mais ce sont des météores qui ne bi’illent qu’un moment.

Les Mexicains aiment la musique et naissent musiciens; aussi cet art s’est-il développé chez eux avec une incroyable rapidité. Les Italiens ont fait de nombreux elèves , et sous leur habile direction , plusieurs dames ont acquis un talent vraiment remarquable. Douées d’un beau timbre de voix , elles chantent avec méthode et sûreté, et savent donner à leur chant cette grâce qui assure le premier rang à l’artiste italien.

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