‹ Le MexiqueChapitre 127 sur 247 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

guère se loger à côté d’elles. D’ailleurs il y a des musiciennes dans toutes les familles, et le chant, le piano ou la guitare viennent en aide à la conversation.

Les bals sont peu fréquents à Mexico. Les gens riches dépensent leur argent sans éclat. Il n’y a guère que les redoutes de la bourse où les amateurs de la danse puissent trouver quelque plaisir. Les ministres des cours étrangères reçoivent peu aussi, si ce n’est cependant ceux île France, qui se sont toujours distingués par le nombre et le bon goût de leurs soirées.

L’architecture moresque concourt merveilleusement à la splendeur des fêtes du soir : rien n’est plus brillant que ces galeries inférieures et supérieures bordées de pots de fleurs et d’arbustes; que ces vastes pièces d’enfilade décorées de belles glaces et de lustres éclatants : on croirait que, transporté dans les palais de Grenade, on assiste à quelque fête galante des Abencérages.

Le premier représentant que la France eut au Mexique fut M. le baron Gros , chargé d’affaires en 1832. C’était un homme distingué et fort aimable; il sut gagner à la fois les sympathies des Français et des Mexicains.

M. le baron Deffaudis, qui lui succéda en 1833, avec le titre de ministre plénipotentiaire, était un ancien chef de division du ministère des affaires étrangères. A de grandes connaissances pratiques en diplomatie, il joignait des manières simples et un ton affable pour tous.

.le vis quelquefois à ses soirées hebdomadaires un

personnage bien connu, M. Pakennam, ministre de Sa Majesté Britannique. Ce diplomate, parent du due de Wellington, avait sa fortune à faire quand il vint au Mexique, et il prit le chemin le plus court pour \ arriver : il économisa beaucoup, plus même qu’il n’aurait dû. Ses compatriotes souffraient impatiemment qu’il empruntât un carrosse toutes les fois qu'il ne pouvait sortir à pied, lui qui recevait 40,000 piastres d’appointement.

de rencontrai aussi à la légation un autre personnage célèbre par le reflet que le captif de Sainte-Hélène a jeté sur lui, le docteur Anlomarchi. Son nom. devenu fortuitement historique, lui attirait partout une

considération oui s évanouissait comme une illusion

quand on avait le temps de connaître l’homme. On s’étonnait alors que cet homme eût été choisi, au sortir des bancs fie l’école, pour porter le secours de l’art à l’illustre prisonnier, de préférence à tant d’autres médecins riches de génie, de science et d’expérience, c’est-à-dire de tout ce qui manquait au jeune Italien. Toutefois, je dois ajouter que M. Antomarcbi se faisait pardonner son peu de mérite en faveur de sa bonhomie.

Après la prise d’Ulua, lorsque les relations d’amitié furent rétablies entre la France et le Mexique, Louis-Philippe nous envoya pour ministre M. le baron Alley de Cyprès. Ce choix eût été malheureux dans toutes les circonstances, il était déplorable dans celle-ci.

Nous avions besoin d’un homme souple et eonci-

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