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liant pour calmer l’irritation îles esprits et faire promptement oublier le passé. Or, non-seulement M. Alle^ était grossier dans ses rapports avec les gens qui avaient affaire à lui, et tyran avec ses subalternes, mais encore sa conduite politique était la moins diplomatique du inonde : il réglait à coups de canne ses différends avec les hauts fonctionnaires publics, et soulevait une question internationale fort grave à propos de trois réaux 3<> sous qu’il devait.
Enfin, justice fut faite : ce ministre fut rappelé et mis à la retraite. M. Gouri du lîo/.lan, son secrétaire, le remplaça comme chargé d affaires. Ce jeune homme, elevé à l’école de M. Allev, avait trop profité de ses leçons. Maintes fois M. Champeaux, consul et chancelier de la légation , fit au gouvernement français des plaintes amères pour les humiliations, les outrages dont M. Alley et M. Gouri l’abreuvaient; et dans ses conversations intimes avec moi, ce vieillard déplorait sans cesse la fatalité qui l’avait mis sous la dépendance de tels fonctionnaires.
Ce gouvernement provisoire de 1 848 fit relever M. Gouri par M. Levasseur, qui passa du consulat général d Haïti a la légation de Mexico. Mon départ de cette capitale ne me permit pas de cultiver sa connaissance; je ne le vis qu’une lois; mais il fut si flatteusement accueillant pour moi, que ma visite d étiquette dura une heure et demie. Il fit lui-mème tous les frais de la conversation. J’ai appris depuis qu’il en était de même avec toutes les personnes (pii le visitaient. Les Français ont beaucoup a se louer des ser-
vices qu’il leur a rendus auprès du gouvernement mexicain, dont il a su ménager les susceptibilités. M. Levasseur eut promptement acquis cette considération qui doit toujours entourer le représentant d’une grande nation.
Il est à regretter que nos représentants au Mexique passent à d’autres légations au bout de trois ou quatre ans , précisément quand ils commencent à connaître le pays. A leur arrivée, ils ignorent complètement l’histoire, la politique, le caractère et les mœurs des Mexicains, et conséquemment l’attitude qu ils doivent prendre envers les agents du gouvernement pour arriver à leurs fins sans blesser personne, et c’est quand ils achèvent les premières études qui doivent les guider dans l’accomplissement de leur mandat, qu on les retire pour les envoyer ailleurs faire un nouvel apprentissage.
Il se publie à Mexico, depuis 1837, un journal français qui a pour but, tout en nous instruisant de ce qui se passe au dehors, de défendre les intérêts de nos nationaux contre les abus de l’autorité. M. Masson, son rédacteur actuel, y traite les questions administratives avec tact, et le mérite de sa rédaction assigne au Trait d’Union un rang distingué dans la presse périodique du pays.
Malheureusement il n en est pas de même pour la politique locale ou générale : ses tendances sont ultrarépublicaines, et il émet beaucoup trop souvent son avis sur des questions brûlantes, auxquelles un étranger ne saurait prendre une part active dans le sens des