‹ Le MexiqueChapitre 129 sur 247 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

réformes qu’en se mettant à dos les neuf dixièmes de la population. Il devrait considérer qu’aux yeux des Mexicains son journal représente l’opinion des Français en général, et qu’il n’est ni convenable ni prudent que le rédacteur y publie ses propres opinions, sans se préoccuper le moins du inonde de celle de ses compatriotes, et surtout du mal qu’il peut leur faire indirectement.

Dans le principe, ce journal, sous le nom de /’ Universel ou le Courrier des Deux Mondes , nous faisait toujours plus de mal que de bien. Peu de Mexicains le lisaient, de sorte que les réponses aux attaques dirigées contre nous n étaient pas connues, et les erreurs, les calomnies de nos antagonistes triomphaient dans b esprit du public. C’est ainsi que j’ai entendu répéter jusqu’à satiété, à lépoque de nos démêlés avec le Mexique, qu’un pâtissier français avait réclamé MO, 000 piastres pour des petits gâteaux que lui avaient mangés des soldats mexicains.

Le fait est qu’un restaurateur français, nommé Remontel 1 , fut volé à Tacubaya par quelques officiers mauvais sujets, dans la nuit qui précéda le depart des troupes de Santa-Anna en 1832, lorsque ce général, renonçant à l’espoir de prendre Mexico, s’éloigna de ce point pour se reporter du côté de Puebla, Ils avaient pris la précaution de le faire boire outre mesure, puis l’avaient enfermé dans sa chambre; ils en avaient fait autant pour ses domestiques. Ce f ut en s’éveillant le lendemain assez tard qu’il put s’aperce-

1 C’était le cuisinier de mon brick le Petit Eurjêne.

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