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CHAPITRE VII

verts et des cyprès 1 séculaires, doyens de la végétation d’alentour.

Ces cyprès, qui ont de douze à seize mètres de circonférence, étaient déjà de fort gros arbres quand les conquérants espagnols firent disparaître tout ce qui pouvait rappeler aux peuples vaincus leur ancienne puissance. Les jardins de Montézuma furent détruits comme son palais, et la bâche n’épargna ces restes imposants des cultures aztèques que par respect pour leur âge.

Les deux aqueducs qui conduisent l’eau à la ville partent de Chapultepec. L’un est alimenté par la fontaine qui sort de ce rocher, l’autre par une source qui vient de plus loin.

San-Angel est avec San-Agustin le verger de Mexico. Les arbres des jardins plient sous le poids des fruits de toute espèce qu’on y récolte. Les arbres fruitiers d’Europe y sont en plus grand nombre que ceux du pays; mais les marchés sont abondamment pourvus de tous les fruits des climats chauds, qu’on y apporte de vingt et trente lieues à la ronde.

San-Angel est situé sur la pente d’un volcan depuis longtemps éteint, entouré de laves et de scories spongieuses, qui s’étendent à plusieurs lieues du cratère. Ces déjections volcaniques ressemblent de loin à une lèpre végétale. Elles offrent quelques sites originaux , mais il est difficile d’y pénétrer.

A l’est de San-Angel , le bourg de San-Agustin de

1 Cupressus dhticha Linnei , désigné aujourd’hui sous le nom de Schuhertin distirhrr.

las Cuevas, appelé aussi Tlalpan , étale à mi-côte la verdure de ses jardins. Les rues en sont désertes, silencieuses; seulement trois jours dans l’année, aux fêtes de la Pentecôte, la plus grande agitation succède à ce calme habituel.

De toutes parts accourent à San-Agustin les joueurs qui veulent tenter la fortune sur de nouveaux plans. Quinze ou vingt montes , tenus souvent par des gens de distinction qui font eux-mêmes l’office de croupiers, sont ouverts au public. La foule reflue de l’un à l’autre depuis neuf heures du matin jusqu’à minuit. Ici deux, trois et quatre mille onces d’or sont étalées à la vue des joueurs de première classe; là des piles de piastres excitent la convoitise des joueurs plus timides; et jusque sur la place publique sont disposées des tables où les gens du peuple vont porter leurs réaux. C’est une foire d’argent.

Le monte est un jeu fort simple qui a quelque analogie avec le trente et quarante. On pose sur la table deux cartes, tirées au hasard, qui représentent deux couleurs auxquelles les joueurs confient leur argent; puis on tire d’autres cartes du jeu jusqu’à ce qu’il en arrive une semblable; c’est celle qui gagne. Lorsque la carte gagnante est la première de celles qu’on retourne, le banquier ne paye que les trois quarts de la mise.

Les Mexicains ont un goût prononcé pour le jeu. Je n’ai pas dit passion, parce que je ne leur en connais aucune. Une passion ne peut exister qu’autant qu elle développe dans l’homme une grande énergie

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