CHAPITRE VII
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Un dit qu’il fut l’amant d une vice-reine, en l’honneur de laquelle il donna des fêtes où s’étalait toute la magnificence possible alors. C’était dans son hôtel de la rue de San -Francisco, à Mexico, qu’il recevait ses illustres hôtes, il venait de faire bâtir ce vaste édifice qui s’étend jusqu’à la moitié de la rue de Coliseo- Nuevo, et se divise en plusieurs habitations. Les bureaux de la poste en ont longtemps occupé une partie.
Laborde laissa à sa mort une fortune de 600 mille piastres. Il avait forcé sa fille à entrer dans un couvent, afin de laisser tout son bien à son fils unique.
Celui-ci embrassa volontairement l’état ecclésiastique; mais il se lassa bientôt après du célibat, et vécut publiquement avec une Indienne qui le rendit père. 11 fit alors tous les sacrifices imaginables pour être relevé de ses vœux et pour légitimer trois enfants qu’il avait eus de cette union illicite. L’archevêque de Mexico lui était favorable, d’abord pour mettre fin au scandale de sa vie, ensuite pour être agréable à un homme qui avait fait à la cathédrale pour 300 mille piastres de présents en ornements d’or et d’argent et en pierres précieuses. La cour de Rome était également bien disposée pour lui; mais le roi d’Espagne se refusait à cet acte inouï. Trois fois son conseil eut à délibérer sur une supplique de Laborde; trois fois il rejeta sa demande, et le condamna à 50 mille piastres d’amende. Enfin, les conseillers du roi, de guerre lasse, ou gagnés peut-être par l’or de Laborde, lui donnèrent gain de cause, et le souverain lui-même dut céder
à l’avis général. Une cédule royale et une bulle du pape le relevèrent donc de ses vœux.
Quoique l’abbé deLaborde eût acquis dans l’exploitation des mines une fortune beaucoup plus considérable encore que celle dont son père avait joui aux jours de sa plus grande prospérité, il mourut cependant dans un état voisin de l’indigence.
Ses enfants ont espagnolisé leur nom de Laborde : ils signent Borda. L’un d’eux est avocat à Mexico, et vit dans la médiocrité.
Un hasard a fait découvrir, il y a peu d’années, à une dizaine de lieues de Cuernavaca une grotte d’une étendue immense et d’une admirable beauté. Elle était connue des Indiens , qui la révéraient comme la demeure du Génie des montagnes; mais il est probable qu’elle fut de tout temps ignorée des Espagnols.
Vers les premiers jours de 1833, M. le baron Gros, premier secrétaire de la légation de France, parcourut en grande partie cette étonnante excavation. Il y dessina quelques vues, et ce qu’il en raconta, en arrivant à Mexico , décida le gouvernement mexicain à nommer une commission pour explorer ce souterrain. Notre compatriote M. le baron de Perdrauville fut désigné pour présider cette commission. Alors on put apprécier géométriquement les dimensions de ces salles, de ces voûtes, de ces stalactites et stalagmites, et avoir enfin une idée nette de toutes ces merveilles.
La route de Cuernavaca à Cacahuamilpa passe non loin du retranchement militaire de Jocbicalco, dont il ne reste aujourd’hui que les ruines. C’est une colline