‹ Le MexiqueChapitre 139 sur 247 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

a laquelle les anciens peuples du pays donnèrent la forme d’une pyramide tronquée à base triangulaire; ils la divisèrent en plusieurs terrasses, et revêtirent les escarpements de maçonnerie.

La plate-forme a 86 mètres de long sur 72 de large; elle est flanquée d’un bastion à l’ouest et d’un parapet aux trois autres côtés. O11 y voit les restes d’un petit monument parallélipipédique d’environ 30 pieds de long et de 15 de large. Le revêtement en est fait de pierres de grandes dimensions, ornées d’hiéroglyphes sculptés en relief, qui représentent des crocodiles, des lapins, des monstres, des armes, des parties de vêtements, et des hommes assis les jambes croisées, à la manière orientale, avec un ornement sur les yeux semblable à des besicles. La hauteur du monument 11e dépasse guère 14 pieds; mais il est présumable qu’il était plus élevé : l’état actuel de sa base supérieure ne permet pas de douter qu il n’y ait eu au moins une assise de plus.

On 11’aperçoit aucune trace d’escaliers pour monter à la terrasse de ce monument; ce qui ferait penser qu’il était destiné à servir de refuge aux assiégés, (jui, une fois la place envahie, s’y retireraient comme dans un nid d’aigle, pour opposer de là aux assiégeants victorieux une résistance désespérée.

Ces fortifications se trouvent sur les terres de MM. Ferez, Falacios. Ce sont eux qui ont commencé l’œuvre de destruction, en y prenant les matériaux nécessaires aux bâtiments de leur hacienda de Meacatlan.

Nous nous trouvons ici clans le pays des riches haciendas : Temisco, Meacatlan-, Cocoyotla, traversée par la route, donnent un revenu net de 20 à 60 mille piastres. Le vert tendre de la canne à sucre tapisse à perte de vue les vallées et les bas-fonds.

La canne rend beaucoup sur le versant ouest des Cordillères; mais elle ne fournit que deux coupes; tandis que du côté de l’est, on n’a besoin de la renouveler que tous les sept ans. J’en trouve la principale cause dans l’état de l’atmosphère, fort chargée d’humidité au bord du golfe mexicain, et très-sèche au contraire sur les plateaux éloignés des deux mers. Il en résulte qu’ici on a recours à l’arrosement artificiel pour la culture de la canne, tandis que la rosée lui suffit dans les provinces de Tabasco et de Vera-Cruz. Or, une irrigation abondante, à certaines époques, communique bien à la plante une iorce productive supérieure à celle qu elle acquerrait par la rosée, mais on lui fait faire un effort qui l’épuise : donnant tout d’un coup plus qu elle ne devrait, elle dure en revanche beaucoup moins longtemps.

On termine ordinairement la journée de marche à l’hacienda de Cocoyotla. Mes compagnons de voyage et moi , nous y fûmes parfaitement accueillis, quoique nous ne fussions porteurs d’aucune lettre d’introduction. Le lendemain, nous nous rendîmes au village indien de Tacahuamilpa; puis dans l’après-midi du même jour, nous allâmes nous installer au fond du ravin, où débouche le souterrain, afin d’en commencer l’exploration au lever de l’aurore.

Page 1