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CHAPITRE Vil

La grotte d’Antiparos , celles du département du Doubs, et beaucoup d’autres, présentent sans doute des concrétions aussi curieuses que celle-ci. Dans les cryptes de Maastricht, dans la grotte du Mammouth au Kentuky, on remarque des galeries plus vastes, plus profondes; mais je crois que la caverne de Cacahuamilpa n’a pas son égale pour la prodigieuse élévation de ses voûtes et le gigantesque de ses concrétions.

Toutes ces formations calcaires sont à l’extérieur d’une couleur noirâtre ou d’un jaune fauve et terne; mais il en est d’autres qui offrent une surface adamantine, dont les cristaux étincellent aux lumières. La première stalagmite qui frappe l’attention représente le bassin d’une fontaine, dont les eaux se sont congelées sur les bords. Ln peu plus loin, le spath calcaire figure à s’y méprendre une chapelle gothique à colonnettes sveltes, à ogives richement découpées. D’un autre côté s’élèvent des obélisques, des cippes, des cônes, îles troncs d’arbres recouverts de mousse et de feuilles d acanthe. Enfin des stalactites creuses , de forme cylindrique, rapprochées l une de l’autre comme les tuyaux d’un buffet d’orgue, rendent au toucher des sons variés et métalliques qui complètent l’illusion. De temps en temps, des éhoulements effrayants obstruent les passages. 11 faut gravir avec précaution ces amas de roches pour ne pas se blesser. Souvent de grands bruits, semblables à des décharges d’artillerie, se font entendre dans ces souterrains. Sans doute ce sont des masses de rochers qui se détachent de la voûte et tombent avec fracas.

læ thermomètre de Réaumur, marquant 25u dans le ravin, avait baissé de quatre degrés dans la première salle. Il remonta quelquefois à 25°; mais en général, il ne varia que de 20 à 21°.

A deux ou trois cents mètres environ de la grotte que nous venons de décrire, il en existe deux autres qui donnent issue aux rivières de San-Jeronimo et de San-Felipe, lesquelles s’engouffrent sous la montagne à trois lieues de là, et à quatre lieues de distance l’une de l’autre.

Du point du vallon que nous occupions, il nous était impossible de les apercevoir. Pour s’y rendre, il faut faire un détour d’une lieue et demie, à moins de s’exposer à de grandes fatigues en y allant directement. L’escarpement du versant d’ouest, où se trouvent ces excavations, et les coupes à pic du fond du ravin, en rendent l’accès fort difficile. Ce fut néanmoins le chemin que nous choisîmes.

Parvenus en face de la première des deux grottes , nous fûmes frappés de l’aspect sauvage mais grandiose du tableau qui s’offrit à nous. Au détour d’une roche qui s’avance comme une corniche à 200 pieds au-dessus du vallon, nous découvrîmes tout à coup les entrées des deux galeries souterraines ; puis le ravin dans son ensemble, avec ses verts bocages, ses arbres géants assis sur le roc, qu’ils étreignent de mille racines; enfin le ruisseau , qui courant à travers un chaos de pierres énormes et de bancs abrupts d’une roche jaunâtre, va se perdre sous un berceau de verdure, après s’être deux fois enrichi du tribut que lui versent les grottes.

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