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CHAPITRE VII

A vingt pas de nous s’élevait , de 40 à 50 pieds audessus de nos têtes, lare de la première voûte, dont les extrémités reposent sur le plan du vallon. La corde de cet are peut avoir 80 mètres, et la profondeur visible du souterrain environ 200. Cette galerie change ensuite de direction, et se trouve bientôt coupée par une cascade infranchissable. La rivière qui en sort roule en bouillonnant sur un terrain rocailleux.

A 100 mètres plus loin, apparaît la bouche du second tunnel géognostique, ombragé de rameaux verts. Elle est beaucoup moins élevée que l’autre; ses eaux sont aussi moins abondantes. On ne saurait non plus en remonter le cours bien longtemps.

Il paraît certain que les lits de ces deux rivières se croisent en passant sous la montagne : on ne saurait douter de cette singularité, lorsqu’on compare le volume et la couleur de leurs eaux avant et après leur voyage souterrain , car elles se trouvent avoir permuté leurs propriétés distinctives, au moment où elles reparaissent dans le ravin.

Un accident faillit changer en deuil les plaisirs de cette journée. On sait que les Anglais aiment les fortes émotions; ils recherchent le danger sans fanfaronnade, M. Barloxv était un de ces Anglais-là; il portait même à l’excès l’excentricité dans ses idées et dans ses actions. Nous étions descendus dans la grotte par le côté' qui offrait le moins d’obstacles. Le jeune Mexicain et moi, nous remontâmes par le même chemin; mais Barlow en prit un autre infiniment plus difficile, et peu s en fallut qu’il ne payât de la vie son imprudence.

En grimpant sur une roche d’un mètre de diamètre, qu’il croyait solidement fixée, il reconnut qu elle se trouvait en équilibre sur une autre, et que s’il faisait le moindre effort pour la franchir ou pour en descendre, il l’entraînerait infailliblement sur lui. Alarmés par ses cris de détresse, nous accourûmes, et un de nos guides, plus agile que nous, parvint à le tirer d’embarras au moment où ses forces l’abandonnaient (75).

Presque tout le pays qui s’étend de Cuernavaca à l’océan Pacifique n’offre rien de bien pittoresque, vu de la route. La végétation est pauvre ou même nulle dans des espaces immenses; et quand elle reprend sa vigueur, elle ne sait produire que des' calebassiers , des mesquites ou des mimoses cornigères. Les jolis petits oiseaux des tropiques fuient ces lieux arides : ils se réfugient au fond des vallons ombragés et sur les rives du Mescala et du Papagayo. On entend seulement le rappel plaintif de la tourterelle ou le cri du caracara que les bêtes mortes attirent sur les grands chemins.

Le Mescala prend le nom de rivière de la Balza un peu à l’ouest; il se jette dans le Pacifique à Zacatüla, ainsi que le Papagayo, qui coule au sud-est. Leurs cours sont quatre ou cinq fois plus considérables en été qu’en hiver, et deviennent souvent infranchissables pendant plusieurs jours.

Sur tout le versant de l’ouest des Cordillères, depuis Tehuantepec jusqu’au golfe de Californie, la rosée tombe très-peu abondante; elle augmente dans

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