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CHAPITRE VIII

Guadalupe, on voit les Indiens qui s’occupent exclusivement à recueillir ce sel pour le vendre au marché. Je n’ai jamais rien vu de si misérable, de si affreux que leurs hameaux; chaque case, mal bâtie en briques crues, se confond avec les monceaux de terre donl elle est entourée. Aucune verdure, aucune végétation n’existe à l’entour : tout y est terre , tout présente une couleur uniforme; et la vue des pauvres habitants de ces terriers accroît encore l’impression pénible qu’on éprouve en considérant ces misérables retraites.

Je ne saurais passer par San-Juan de Teotihuacan, sans parler des téocalis qu’on trouve dans le voisinage de ce village. Les gens du pays les désignent sous le nom de petites collines; et en effet, maintenant que le temps a fait disparaître presque en entier les arêtes de ces pyramides, et qu il les a couvertes de végétation jusqu’à leur sommet, on les prendrait pour ces turgescences terrestres qu’on trouve dans les lieux jadis bouleversés par les feux souterrains.

Ces téocalis, bâtis par les Toltèques au huitième ou au neuvième siècle de notre ère, étaient consacrés l’un au soleil, l’autre à la lune. D’après les mesures adoptées par M. de Humboldt, le premier a 171 pieds de haut et b45 pieds de long à la base; le second a une trentaine de pieds de moins d’élévation.

L intérieur de ces pyramides est d argile mêlée de pierres; le revêtement en est fait d’amygdaloïdes et de ciment avec un enduit de chaux qu’011 reconnaîl en différents endroits, et qui présente des couches parfaitement polies. Les escaliers qui conduisaient à la

cime sont entièrement détruits; on n’en distingue que l emplacement.

Entre ces deux téocalis s’élèvent un grand nombre de tertres coniques de quinze à trente pieds de haut, consacrés aux astres secondaires, ou destinés aux sépultures des prêtres et des caciques. Us sont disposés avec ordre, et au centre de leur groupe, j ai remarqué une fort grande pierre semblable à une tombe, cou verte d’hiéroglyphes. Les deux téocalis, les tumuli et 1 espace environnant sont couverts de débris de poterie et de morceaux d obsidienne bruts ou taillés en dards de flèches.

Ces monuments sont les plus anciens dans 1 histoire des peuples dont on connaît les migrations; mais ce sont les moins intéressants sous le rapport des arts.

Deux heures après m’être éloigné des pyramides, j’aperçus sur ma droite le village d Otumba, fort grande ville à 1 époque où florissait l’empire aztèque. Je foulais alors le champ de bataille où Cortès remporta la victoire presque miraculeuse qui sauva son armée, qui lui permit de revoir ses amis de Tlascala. et de préparer avec eux la ruine de Mexico.

Nous voilà bien près des plaines d’Apan, renommées par l’excellence de leur pulque. A Zinguilucan, je commençais à trouver supportable cette boisson pour laquelle j’avais toujours éprouvé de la répugnance et elle me parut décidément bonne à Tulancingo , à l’heure du déjeuner.

La ville de Tulancingo , bâtie par les Toltèques au milieu du septième siècle, est la plus ancienne du

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