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Mexique. Le climat n’y est pas agréable : le vent y esi froid et souvent humide, quoique les grandes pluies y soient rares, et que les récoltes y sèchent assez souvent sur pied. Au reste, les marchands français qui y résidaient quand j’y passai défiaient le froid et l’humidité auprès de leurs cheminées, où ils retrouvaient avec une agréable chaleur cette gaieté qu’inspire un bon feu de bois flambant , quand le ciel est triste et que le vent siffle sous les portes mal jointes. Ce sont les premières cheminées que j’aie vues au Mexique, quoique dans les lieux élevés on sente quelquefois le besoin de se chauffer. Depuis lors on a eu le bon esprit d’en faire quelques-unes à Mexico.
Si au sortir de Tulancingo nous avançons dans la direction de l’est, nous arriverons à Tuxpan, petit port du golfe mexicain, après avoir traversé de grands déserts où l’on découvre de temps à autre de belles forêts et des paysages riches d’accidents et d originalité. Nous visiterons également Papantla, village célèbre par les ruines d’un beau téocali , appelé el Tajin par les gens du pays. M Nebel nous en a donné un dessin.
Ce monument se compose de sept assises rentrantes sur elles-mêmes, en suivant un même angle d inclinaison qui lui donne la forme pyramidale. Chaque assise offre une suite de niches carrées symétriquement disposées, aussi profondes que larges, dont le nombre s’élevait au moins à 360. Le grand escalier qui se trouve sur la face orientale est divisé en deux par un intervalle de trois niches. On ne monte par cet escalier
que jusqu’à la septième assise, qui se trouve en ruines.
Les forêts qui entourent le Tajin sont presque inaccessibles. On ne peut y arriver que la hache ou le sabre à la main, et il faut une connaissance toute particulière des lieux pour le trouver. Déjà la végétation s’est emparée de ce monument : une foule d’arbustes et même de gros arbres ont pris racine dans les crevasses, entre les pierres mal jointes, et renversant les obstacles qui s’opposent à leur croissance, ils menacent l’édifice d’une destruction complète et assez prochaine.
Entre Vera-Cruz et Tuxpan, dans le voisinage de Nautla , on voulut encore il y a une vingtaine d’années fonder une colonie française, celle de Jicaltepec; mais il arriva là ce qui avait déjà causé le désastre de celle du Goatzacoalco : le directeur de la colonie montra une incurie fatale au succès de l’entreprise, et les colons ne tardèrent pas à se disperser. Quelques familles cependant restèrent à Jiealtepecet parvinrent à force de travail et de constance à surmonter l’horrible misère qui les accueillit à leur arrivée. Elles possédaient naguère de petites habitations bien cultivées qui leur donnaient une existence facile, lorsque l’ouragan de 1853 anéantit leur bien-être et les plongea une seconde fois dans la misère.
Mais revenons à Tulancingo pour nous acheminer de là vers Régla et les mines de Real del Monte.
Mes compatriotes de Tulancingo n’étaient pas d’avis que je fisse ce voyage, seul avec mon domestique. Ils me représentaient que la route était infestée de vo-