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CHAPITRE VIII

Cette extraction se fait de deux manières : si le minerai est pauvre, on l’opère par le moyen du mercure; s’il est riche, elle se fait par la fusion du métal. Voici la marche suivie dans les deux opérations.

Le bocardage à sec se tait par des madriers qu’un axe horizontal tournant sur lui-même soulève tour à tour, au moyen de saillies disposées à propos, comme les pointes d’un cylindre d’orgue de Savoie. Quand le minerai est pulvérisé comme de la farine de maïs un peu grosse, on le jette avec de l’eau dans des réservoirs circulaires, au centre desquels tourne un axe perpendiculaire, dont les bras, de la longueur d’un rayon du cercle, meuvent des blocs de basalte du poids d’un quintal chacun '.

On étend ensuite sur une aire la houe métallique qui reste au-dessus de la couche de mercure, puis ou y mêle du sel de cuisine pour opérer l’oxydation des métaux et du minerai de cuivre calciné et pulvérisé tnar/i.sti al), si le mélange présente un grand éclat métallique. Après quelques jours de repos, des hommes tenant en main un linge rempli de mercure parcourent l’aire en pressant le linge de manière à en faire sortir le métal par bulles légères, et quelque temps après, on y ajoute du magistral. On emploie six fois autant de mercure que la masse contient d’argent, et d’une à sept livres de magistral pour chaque livre de mercure. Enfin , pour favoriser le contact des sub-

1 Lorsque le minerai contient de l’or, on verse du mercure dans l’auge, et l’amalgame aurifère se forme et reste eu dépôt à mesure que le grain se pulvérise davantage.

stances, on fait courir en cercle sur l’aire une douzaine de chevaux ou de mulets, ou bien marcher dans ces boues métalliques des hommes pieds nus pendant des journées entières. Deux, trois et quatre mois s’écoulent avant que le mercure s’empare de tout l’argent, et pendant ce temps-là, on est souvent obligé d’y mêler encore du magistral, du mercure, du sel et même de la chaux.

Lorsque par des caractères extérieurs on juge que l’opération est faite, on jette ces houes avec de l’eau dans des cuves, où des moulinets garnis d’ailes tournent sur eux-mêmes et battent le liquide; puis faisant écouler l’eau, les parties terreuses ou oxydées sont emportées, et l’argent mêlé au mercure reste au fond de la cuve.

On sépare les deux métaux par la sublimation en plaçant l’amalgame en forme de petites pyramides sous une cloche de fer qu’on chauffe , et la vapeur de mercure va se condenser dans un réservoir d’eau qui se trouve sous la cloche.

Quand l’ extraction se fait parla fonte, on ne réduit le minerai qu’au volume d’un sable fin, et on en sépare par le lavage les grains métalliques, que l’on jette par couches avec de la mine de plomb dans des fourneaux. La partie terreuse se vitrifie et reste audessus; le plomb mêlé à l’argent se précipite au lond, d’où il s’écoule par une soupape et prend la forme de saumons du poids de 40 à 50 livres. La quantité d’argent contenue dans chacun varie de la vingtième à la centième partie du poids total.

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