CHAPITRE X
un huepil de cotonnade blanche brodé de fil de couleur, et une écharpe à grandes raies blanches et brunes dont elles se couvrent la tête et les épaules. Outre cela, elles ont encore sur la tête, ainsi que les hommes, un mouchoir rouge de soie ou de coton , et aux pieds des sandales dont l’empeigne est ouvragée.
Les ruines de Mitla , de Jochicalco , de Papantla, etc., sont très-connues; elles ont été souvent décrites; mais il en existe d’autres dans la province île Chiapa qui excitent un plus grand intérêt, et sur lesquelles plane encore un secret impénétrable : ce sont les ruines de Culhuacan, autrement dites de Palenque (81), nom d’un village voisin. Situées au milieu de déserts coupés de marais et de forêts, elles restèrent inconnues aux Espagnols jusqu’à la fin du siècle dernier. Depuis, elles furent explorées et dessinées par M. dcl Iî io (1787), et par le capitaine Dupaix (180G); plus tard , elles l’ont encore été par M. Waldeck *.
La partie sud de la vallée ne le cède en rien à celle que nous connaissons déjà : les cultures y sont plus riches encore, les beaux villages y abondent, et la grandeur passée des Zapotèques y a laissé des vestiges plus nombreux et non moins intéressants.
Teozapotlan, aujourd’hui Zachila, village situé à deux lieues et demie d’Oaxaca , était la capitale des Zapotèques, dont les frontières s’étendaient depuis Los
1 M. Waldeck a donné aussi les dessins des ruines de la ville d’ïsaraal (Yucatan) ; mais son caractère, bien connu au Mexique, permet de douter de l’exactitude de toutes ses notices archéologiques.
Cues jusqu’à Soconusco. Ce peuple riche, puissant, industrieux, avait une cour non moins brillante que celles des grands fcudataires de la couronne de Mexico. En 1464, Âjayacatl, sixième roi des Mexicains, ayant entrepris une expédition contre les Zapotèques afin d’avoir des prisonniers à sacrifier dans la cérémonie de son couronnement, les vainquit, mais ne les soumit pas entièrement, circonstance qui, vingt ans plus tard, fournit à Ahuizotl le prétexte d’en entreprendre une autre à l’occasion de la dédicace du grand téocali de Mexico , où périrent tant de milliers de victimes. Enfin Montézuma II envoya aussi une armée contre eux et contre leurs voisins les Mixtèques pour punir leur rébellion : ils avaient massacré les garnisons mexicaines et refusaient de payer le tribut qui leur avait été précédemment imposé. Cette fois les chances de la guerre ne favorisèrent pas autant les Mexicains; comme les hostilités traînaient en longueur, on convint d’un accommodement, en garantie duquel Montézuma donna une de ses filles, la belle Coyolicotzin ', en mariage à Cosijoeza, qui fut le dernier roi de Teozapotlan.
Tel était l’état du royaume zapotèque quand Cortès y arriva, en 1522. La supériorité des armes espagnoles, la chute de Mexico, et, plus que tout cela, les anciennes traditions qui prédestinaient ces héros venus de l’Orient à la domination du pays, portèrent les Zapotèques à se soumettre de leur plein gré. A l’arrivée de Cortès, Cosijoeza lui envoya de riches pré-
1 C’était une fille naturelle de Montézuma.