CHAPITRE X
chenille valut jusqu’à trente-trois réaux (quatre piastres et un réal); mais à présent elle ne dépasse encre six réaux, encore a-t-on de la peine à s’en défaire sur les marchés d’Europe, depuis qu’on s’est adonné aussi à cette culture à Guatimala , où des terres vierges et des plants nouveaux de nopal donnent une graine plus belle et en plus grande abondance. Cette concurrence a porté un coup fatal à l’industrie d’Oaxaca.
C’est Lopez de Gomara qui, le premier, en 1535, donna la description de la cochenille et de la plante qui la nourrit. Ea consommation de cette teinture augmenta avec rapidité depuis le commencement du siècle dernier : en 1760, le seul commerce de Marseille traitait de cette matière pour plus de quatre millions de francs; et dans l’année 1831), l’importation de la cochenille en France s’est élevée à 9,249,739 lr. Cette consommation a beaucoup augmenté de nos jours. Elle tend incessamment à s’accroître avec les progrès de l’industrie.
On s’occupe de cette culture en Algérie avec un succès toujours croissant. En 1831, l’exportation de cochenille n’alla pas au delà de quatre kilogrammes; en 1832, elle fut de soixante kilogrammes, et dans les huit premiers mois de 1850, elle a dépassé deux cent trente-trois kilogrammes ’.
Les montagnes à l’ouest de la vallée d’Ocotlan recèlent des mines d’or. Le chemin qui y conduit traverse des forêts de pins, de chênes ou d’arbres de climats plus chauds, qui abondent aussi en fougères
* Annales de la colonisation algérienne.
d’espèces peu communes, entremêlées de verveines à fleurs bleues et d’érétrines à crête de coq.
Les gisements aurifères de San-Miguel de las Peras 1 se trouvent dans des roches quartzeuses contenant de l’oxyde de cuivre, et plus communément de l’oxyde de fer. Les filons ne sont inclinés que de dix à douze degrés; de sorte que, s’enfonçant insensiblement dans la terre, on peut les suivre souvent sans employer d’échelles. Quatre ou cinq filons courent quelquefois dans une même direction , séparés seulement par quelques pouces d’argile. S’ils se réunissent, la veine qu’ils forment n’offre pas plus d’un mètre d’épaisseur.
On commence à bénéficier le minerai quand il donne vingt-quatre grains d’or par charge de trois quintaux. L’or à vingt-deux carats, valant dix-huit piastres en Europe , ne se vend que quatorze à Oaxaca.
Il y avait en 1849 vingt-cinq mines en exploitation à las Peras; la plus productive était celle du Rosaire; elle donnait environ quarante-huit grains d’or par charge. On a trouvé du minerai qui en contenait jusqu’à sept onces dans la mine du Carmen-Grande, il y a environ trois ans. Elle est abandonnée aujourd’hui. Toutes les mines de las Peras ne produisent pas au delà de six cents onces d’or par mois.
Je passai quelques jours à las Peras chez un de mes anciens amis, le général Stavoli , Italien, au service du Mexique depuis le commencement de son indépendance. Mis en disponibilité par suite du licencie-
1 A quatorze lieues d’Oaxaca.