‹ Le MexiqueChapitre 178 sur 247 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

ment de l’armée sous la présidence d’Arista , Stavoli avait cherché une occupation dans l’exploitation des mines, ce qui lui laissait alors quelque bénéfice. Mais quelle existence pleine de péripéties! Tantôt c’est le filon dont on a perdu les traces, et voilà qu’il faut travailler sans fruit plusieurs jours , plusieurs semaines, quelquefois des mois entiers pour le retrouver. Tantôt c’est le gaz acide carbonique qui a envahi les souterrains, et I on se voit entraîné dans des ouvrages dispendieux pour rétablir la circulation de l’air. D’autres lois le minerai donne trente ou quarante grains par charge : on est enchanté; la semaine suivante, il n’en contient pas un seul grain. Néanmoins, quoique les espérances tles mineurs soient plus modestes à las Feras qu’à Ueal del Monte ou à Guanaxuato, la fortune est moins inconstante aux mines d’or : on y trouve toujours de quoi vivre de son travail, tandis qu’il n’y a pas un dixième des mines d’argent qui donne du profit, à cause des grands Irais qu elles exigent.

On a découvert aussi des mines d’argent dans la province d’Oaxaca, et particulièrement dans les montagnes du nord-est. Plusieurs compagnies anglaises et allemandes s’y sont ruinées. Cependant il ne serait pas sage de juger de l’importance des filons par ce triste résultat. En effet, quand il s’agit en Europe de former une compagnie d’actionnaires pour les travaux d’une mine, et qu’on a sous les yeux quelques beaux échantillons de minerai, on s’imagine qu’on tient la fortune enchaînée. Dès lors on dédaigne les économies; on fait tout en grand ; on se pourvoit d’une foule d’em-

ployés qui ne songent qu’à bien vivre aux dépens des actionnaires. Cependant les travaux commencent, et les dépenses excèdent les bénéfices; on espère trouver une veine plus riche, on continue, et le déficit augmente; on persévère dans ses espérances, et on finit par perdre tout son capital. Telle est l'histoire de presque toutes ces entreprises, et en particulier de celle de la compagnie anglaise des mines d’or de Peîïoles, situées aussi dans les environs d’Oaxaca : elle perdit en peu de temps 80,000 piastres tout en retirant du métal qui eût enrichi un mineur économe.

Ces mineurs européens , isolés dans leurs montagnes , sans société ni moyens variés de se distraire , se livrent sans mesure aux plaisirs de la table. Mais c’est surtout quand il leur arrive quelque hôte d’Oaxaca qu’ils en abusent : ils renouvellent ce qui se pratiquait aux festins de Rome dégénérée pour prolonger l’appétit !

La chasse leur procure un passe-temps plus noble ; le chevreuil et le sanglier abondent dans les forêts voisines, ainsi que le loup, ledanta, le coyote et le dindon sauvage , gibier précieux pour un amateur de bonne chère. On en tue du poids de vingt-cinq à trente livres. Ce dindon diffère bien peu de celui de nos basses-cours : à part quelques reflets plus métalliques, c’est le même plumage, la même chair, le même cri. Quand, au lever et au coucher du soleil, on entend ces coqs d’Inde appeler leurs poules, on se croirait dans le voisinage d’une métairie. Mais si un chasseur désire des émotions plus fortes, il y trouve aussi le

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