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CHAPITRE XI

fois chez un de nos résidents à qui Méhémet-Ali en avait donné *n présent quelques centaines de livres : eh hien, j avoue que le café de Golima m’a semblé meilleur. 11 faut se garder cependant de préjuger de la qualité relative de ces deux précieuses graines par ce que j’en dis là, car ce café moka était récolté depuis plus de deux ans; tandis que celui que je prenais à Colima venait, pour ainsi dire, d’être cueilli sur l’arbre, il n’avait rien perdu de son arôme (85).

Quoiqu’il y ait plusieurs sucreries sur le territoire de Colima, le sucre s’y vend aussi cher qu ailleurs. La cassonade coûte en détail GO à 75 centimes la livre; je l’ai même payée jusqu’à 1 franc 25 centimes. Quelques marchands riches avaient accaparé les sucres de toute une récolte d’un bout à l’autre de la république; ils les avaient achetés à 1 réal 1/i la livre, et les revendaient 2 réaux. Mais ces hommes avides trouvèrent leur châtiment dans leur cupidité; car la consommation du sucre ayant diminué à cause de la hausse du prix, ils ne purent tout écouler avant la récolte suivante, et perdirent au delà des bénéfices qu’ils avaient réalisés sur la partie vendue.

Le cacao de Colima est moins estimé que celui de Tabasco. Au reste, il n’y existe que de très-petites plantations.

La teinture d’indigo est mal faite : rien n’égale l’incurie des gens qui la préparent; aussi est-elle peu estimée sur les marchés d’Europe et même sur ceux du Mexique. Nulle part je n’ai vu la plante de l’indigo aussi grande qu’à Colima : elle atteint la hauteur

tic six à sept pieds. On prendrait un champ d’indigotiers pout; des halliers de mesquites.

Douze à quinze mille cocotiers décorent les faubourgs et la banlieue de leurs palmes échevelées. Chaque cocotier en rapport donne de vingt à trente douzaines de cocos qui se vendent trois réaux chacune. Quelques-uns sont destinés à produire la tuba. Ceux-ci ne donnent point de fruits.

Pour obtenir cette liqueur, on creuse à la cime du tronc un réservoir où la sève de l’arbre vient se déposer. C’est d’abord une eau sucrée d’une saveur agréable; puis au bout de quelques heures de fermentation , elle acquiert un goût vineux et dégage du gaz acide carbonique en grande quantité. La tuba est tout aussi salutaire que la pulque et d’un goût plus fin.

Quand les cocos ne sont pas encore mûrs, la pulpe qui tapisse les parois intérieures n’a que la consistance d’une gélatine; toute la cavité se trouve remplie d’une eau fraîche dont la saveur tient de la noisette.

Il faut voir les enfants , les hommes grimper sur les palmiers au moyen d’entailles faites sur leur tige : ils y montent en courant, et du haut de la touffe des palmes qui les enveloppe et se balance sous eux à cent pieds de terre, ils font entendre ces chants plaintifs qu’on désigne dans le pays sous le nom de valonas.

Les palmiers abondent dans les forêts de la côte. Les uns donnent une quantité prodigieuse de noix dont on tire une huile excellente pour l’éclairage; d’autres renferment le chou savoureux qui sert souvent d’aliment aux voisins du désert.

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