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CHAPITRE XI

Le caoutchouc est aussi très-commun du côte de Coahuayana, ainsi que les bois de teinture et d’ébénisterie.

Le tabac n’est pas cultivé à Colima; mais les gens du peuple fument les feuilles d’une plante nommée mariquana , qui procure une ivresse pleine d’hallucinations et de sensations agréables. Elle cause quelquefois aux cerveaux faibles et aux personnes qui en font abus des accès de frénésie; c’est la raison pour laquelle on en défend l’usage aux détenus, qui jettent le désordre dans la prison quand ils arrivent au comble du délire. La mariguana est le haschisch (l’Orient dont parle Alexandre Dumas dans Monte-Cristo.

Les salines de Cuvutlan, sur les bords de la mer, sont renommées par la beauté de leurs produits et les fêtes qui terminent les travaux. Ces salines sont l’origine du bien-être dont jouissent la plupart des familles de Colima. Sur ces territoires, dont la fertilité récompense si amplement les peines du laboureur, tous les hommes de la campagne devraient être riches. S’il n’en est pas ainsi, c’est que l’agriculture n’est pas encouragée : l’avarice spécule sur les sueurs du cultivateur, et celui-ci, exploité par l’homme qui lui fait des avances en argent, lui remet le fruit de scs labeurs, ne se réservant que le strict nécessaire.

Au contraire, dans l’exploitation des salines, l’ouvrier est bien payé, et reçoit en outre une part considérable dans les produits. Aussi se lève-t-il avant l’aube, et travaille-t-il toute la journée avec ardeur, doublant à la fois les profits de son patron et les siens.

Ainsi, la réalisation d’une idée socialiste répand la satisfaction dans tous les cœurs. Unis par un intérêt commun, le propriétaire et le manœuvre paraissent vivre ensemble comme s’ils étaient égaux. Lorsqu’on accomplit son devoir sans jamais s’exposer au reproche, l’empire du chef perd ce qu’il a d humiliant pour le serviteur; celui-ci, recouvrant sa dignité, s’élève à la hauteur du maître.

Cuyutlan tire son nom d’une lagune d’eau salée, sur les bords de laquelle ce village naît et meurt tous les ans. Cette lagune, qui s’étend jusqu’au port du Manzanillo, à dix lieues de là , déborde dans la saison des pluies, et dépose une couche saline sur les terrains environnants, qui contiennent déjà du muriate de soude en grande quantité; de sorte que lorsqu’on les lessive avec de l’eau également salée, la saumure qui en résulte se trouve saturée à tel point, que quand on en charge les aires elle forme en peu d heures, par l’évaporation, des cristaux blancs comme la neige.

Le nombre des puits que l’on ouvre dépasse rarement sept cents, et n’est jamais inférieur à cinq cents. On entend par puits un appareil complet de fabrication qu’un homme seul peut diriger; il se compose d’un récipient pour la saumure, d’une aire d’évaporation et d’une source d’eau de mer.

Chaque puits coûte 50 piastres. On en tire de 80 à 100 charges de sel , lesquelles, vendues à 12 réaux, laissent un bénéfice net de 70 à 100 piastres. Mais ce prix n’est pas constant; il augmente à la fin de l’année jusqu’à 3, 4, et même G piastres. Il est vrai que dans

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