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CHAPITRE XII

du soleil; mais on entend toujours un murmure sourd, pareil au bourdonnement d’une ruche d’abeilles.

Cette ville n offre par elle-même rien à citer que son église, une des plus jolies du Mexique; l’intérieur, dégagé de ces boiseries sculptées, de ces lambris dorés qui obstruent la nef des églises de Mexico et de Puebla, se fait remarquer par l’élégante simplicité de ses ornements et l’ élévation de son abside. Ce que j’y vis me rappela Notre-Dame de Dijon, où j’élevai à Dieu mes premières prières. Ces prières, l’enfance ne les comprend guère, mais l’innocence qui les bégaye leur prête un mérite devant l’Eternel.

Lagos vient ensuite. Son climat est favorable à la beauté : les femmes y ont le teint aussi Irais, aussi rosé que dans les pays froids.

La troisième ville est Léon , dont la population atteint, dit- on, cent mille âmes. Quoique assez commerçante et située dans une campagne très-fertile, elle passe pour être pauvre; aussi y vit-on à fort bon marché.

Nous voici dans le Bajio : devant nous se dessinent à l’horizon les montagnes de Guanaxuato, qui ont déjà versé tant d’or et d’argent dans la circulation, et qui recèlent encore des trésors que dix siècles de travaux ne sauraient épuiser. Bientôt nous arrivons aux gorges de Marfil, et nous découvrons sur des hauteurs qui nous font face des groupes de maisons qui semblent appartenir à des villages séparés : ce ne sont cependant que les différents quartiers d’une même ville dont le centre nous est dérobé par d’autres col-

Unes. A mesure que nous nous enfonçons dans cette gorge, nous y trouvons des rues qui montent ou qui descendent, des maisons qui se pressent entre les escarpements du terrain; d’autres grimpent sur leur pente abrupte ou s’assoient sur leur couronnement. C’est là que les gens du peuple et une grande partie de la classe moyenne viennent chercher un gîte souvent insuffisant pour les contenir à l’aise. Les familles riches habitent autour de la place principale et dans ies rues adjacentes; mais leurs maisons n’en sont pas pour cela exemptes d’irrégularité. On en voit quelques-unes dont le rez-de-cbaussée et les écuries se trouvent au premier ou au second étage sur les rues de derrière.

Lorsque M. de Humboldt vint à Guanaxuato (88), au commencement de ce siècle , on y remarquait déjà quelques belles maisons, notamment celle de la famille Otero dont il a parlé; mais on en compte aujourd’hui un bien plus grand nombre élégamment construites et richement décorées au dedans. Le voyageur ne peut s’empêcher d’exprimer un regret en voyant d’aussi splendides demeures dans ce trou incommode; il déplore l’aveuglement de ceux qui n’ont pas reculé devant une dépense de cent mille piastres pour se bâtir une maison là où il lui semble que nulle personne riche ne devrait vouloir habiter. En effet, le terrain est tellement irrégulier, qu’on se fatigue en allant d’une rue à l’autre; puis le lit d’un torrent qui traverse la ville en zigzag est le réceptacle des immondices, et les miasmes qui s’en exhalent corrom-

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