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CHAPITRE XII

égale à tout l’argent qui sortait des mines du Pérou. Le minerai cependant n v a jamais été bien riclie, mais on l’y trouvait en abondance : trois mille moulins étaient constamment occupés à le broyer. Lue compagnie anglaise en reprit les travaux en 1826; mais après avoir dépensé de fortes sommes à la vider , clic n’en retira pas les fruits quelle espérait, et l’abandonna. L’eau s’en est emparée de nouveau.

Les quatre puits de tirage ont coûté environ deux millions et demi de piastres. Le plus grand mesure trente-sept mètres de circonférence, et un peu moins de six cents de profondeur. L’eau monte à présent jusqu’à cent cinquante mètres du niveau de la cour.

Pour les mines de Rayas et de Mellado, elles n’ont pas cessé de donner de beaux revenus; de temps en temps il y a bonanza, c’est-à-dire qu’on y découvre des liions qui produisent vingt, trente et même cinquante mille piastres par semaine pendant plusieurs mois, plusieurs années; après quoi la veine s’épuise, ou bien on en perd la trace, et la vente hebdomadaire se réduit à trois ou quatre mille piastres, comme à présent.

Il y avait bonanza dans les deux mines en 1848. M. Sardaneta, ex-marquis de Rayas, possesseur d’une douzaine d’actions 1 dans la première, me mena voir une de ces ventes qu’on appelle rescate. Le minerai était admirablement beau; on en vendit pour vingtlmit mille piastres; c’était la moitié de ce qui avait étéextrait dans la semaine. Une partie de ce minerai donna

1 Lne mine se divise en 24 actions, appelées barras.

deux cent quatre-vingts grains d’or par marc d’argent; on y en a trouvé jusqu’à dix-huit cents grains. Les frais d’exploitation s’élevaient alors à huit mille piastres par semaine; ils diminuent lorsque le filon s’appauvrit.

La vente se fait de la manière la plus avantageuse pour le vendeur et l’acheteur : chacun dit son prix à l’oreille du crieur, et l’adjudication se fait au plus offrant. De cette manière, l’acheteur n’offre pas moins rie ce qu’il croit que la chose vaut dans la crainte qu elle ne lui échappe. Pour le mineur, il vend ses produits d’autant plus cher que les mines du district minéral abondent moins en minerai ; car alors les maîtres d’usines, préférant un mince bénéfice au chômage, offrent davantage pour augmenter la probabilité de l’adjudication en leur faveur. S’ils ne travaillaient pas, leurs frais généraux subsisteraient sans compensation.

Dans le temps des grandes bonanzas, les maîtres d’usines gagnent énormément, s’ils entendent bien leur affaire. Deux Portugais de ma connaissance ont fait jusqu’à 10,000 piastres de bénéfice net par mois dans les années de 1848 et 1849.

Le puits de tirage général à Rayas mesure environ 42 mètres de circonférence et 400 de profondeur. M. Sardaneta y fit jeter devant moi des paquets d’étoupes enflammées qui bruirent en tombant comme un feu de forge, et des pétards dont les détonations étaient aussi fortes que celles d’une pièce de 48.

Ces gouffres béants à fleur de terre , sans gardefous, sont effrayants à voir. On comprend instinctivement tout le danger qu’il y aurait à s’en approcher

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