CHAPITRE XII
de la Luz proprement dite, a donné 15 millions de piastres de dividende à ses actionnaires et à l 'avieur, M. Perez Galvez. Celle de Santa-Lucia leur en a laissé à peu près autant. On donne le nom d 'avieur à celui qui poursuit à ses frais et risques les travaux d’une mine. S’il trouve de riches filons, il perçoit ordinairement la moitié des produits après s’être remboursé de ses avances. Sa mise de fonds doit être considérable pour espérer de bons résultats. Ce n’est qu’en faisant un sacrifice de 2 ou 300,000 piastres qu’on arrive à des gisements abondants. Dans la mine de l’Asuncion, par exemple, où l’on avait déjà creusé jusqu’à 440 mètres de profondeur, en 1852, sans avoir encore coupé la veine, les avances de Y avieur (maison Perez Galvez) montaient à 450,000 piastres; et, depuis, les travaux n’ont pas encore donné de résultats satisfaisants.
On comptait en 1850 soixante-dix mines dans l’Etat de Guanaxuato *, et quarante usines de premier et de second ordre 2 faisant mouvoir onze cent trente-deux moulins ( arrastres ) (89). Les capitaux déboursés cette même année-là pour les travaux des mines et des usines furent évalués à 3 millions de piastres. L’hôtel des Monnaies de Guanaxuato frappa dans le même temps 8,466,430 piastres et 44,342 onces d’or (90). Depuis le 1er janvier 1827 jusqu’au 31 décembre 1851,
1 II y avait 38 mines en pleine activité, et 32 seulement entretenues (amparadas) pour que les actionnaires ne perdissent pas leurs droits.
2 C’est-à-dire haciendas et zangarros.
elle a frappé pour une valeur de 99 millions de piastres, dans laquelle les dix premières années figurent pour 59 millions, c’est-à-dire pour plus de la moitié de ce qu a donné toute la période de vingt-cinq ans Depuis la même époque, le produit moyen de toutes les mines du Mexique n’a pas été inférieur à 20 millions de piastres par an.
Les mines du Mexique ont donné les neuf dixièmes de tout l’argent qui circule dans le monde entier, et celles de Guanaxuato fournissent à elles seules les trois quarts de ce qu’on tire annuellement du sein de la terre. L’exploitation des mines est donc une industrie importante pour le Mexique. Cependant, loin de protéger, d’encourager le développement de cette source de richesses , le fisc a grevé l’argent , à sa sortie de la terre, de 3 p. 100 de droits nationaux, de 4 p. 100 de droits de circulation, de G p. 100 de droits d’exportation, enfin, d’un réal par marc pour droits dits de mineria, sans préjudice, bien entendu, des contributions ordinaires et extraordinaires imposées aux matières nécessaires à l’extraction et au bénéfice de ce métal, comme la poudre, le mercure, le sel, etc. Ce n’est pxis tout : le mineur est obligé de porter son argent à la Monnaie pour être converti en pièces qui n’ont cours qu’au Mexique. Il a donc à supporter des frais de monnayage , un déchet inévitable , et la perte d’une partie de l’or qui se trouve contenu dans son argent; car la séparation de l’or se fait au Mexique
1 Celle notice statistique est tirée du mémoire de M. le gouverneur Mu noz Ledo, présenté à la législature de l’État en 1852.