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CHAPITRE XII

c’est là qu’habitent la plupart des artisans étrangers.

A 1 intérieur, les améliorations ne sont pas moins remarquables : une toilette simple et de bon goût a remplacé le déshabillé choquant des maîtresses de maison; le service de la table est plus propre, les mets mie.ux préparés. Les dames du grand monde n’ont déjà plus ce ton et ces manières uniformes qui mettaient jadis toutes les classes de la société au même niveau. Chaque jour s’épure le goût des Mexicains pour les beaux-arts, et s’étend leur instruction en littérature.

La presse, qui pendant tant d’années n’avait servi qu’à imprimer des Agnus et des journaux mal écrits, se trouve élevée à de plus nobles fonctions ; elle pu- 1,1 ie les productions de l’esprit d’un peuple chez qui la faculté d’imitation est fort développée, le jugement droit et le travail facile.

Les gens de bonne compagnie qui voyagent maintenant dans les provinces éloignées de la capitale, ou le ton, les manières, les usages sont restés arriérés, s’aperçoivent bien vite que le Zurriago 1 ne disait pas tout à fait vrai, lorsqu’il réduisait à la mode du bifteck et à X anoblissement des pommes de terre les bienfaits de la civilisation apportés aux Mexicains par les Européens depuis la proclamation de l’indépendance. Le pays a considérablement avancé en tout depuis la déchéance de l’empire espagnol (92).

1 Petit journal critique, fort bien écrit, dont les derniei’s numéros ont été publiés en 1843. M. le comte de la Cortina en était le rédacteur.

Il est aussi à remarquer que le perpétuel contact des Mexicains avec les étrangers leur a déjà fait perdre une partie de leurs préventions contre eux, et qu’en général ils leur sont bien moins hostiles qu’il y a vingt ans.

Les éloges dont la nation mexicaine s’est rendue digne, au point de vue du progrès, ne s’étendent malheureusement point à la politique intérieure : l’administration est déplorable; le mal n’a fait qu’empirer.

Les libéraux modérés, les conservateurs et les ultralibéraux divisent la nation, et se succèdent tour à tour au pouvoir. Les premiers gouvernent avec assez de légalité; mais sous eux le pays n’avance que fort peu ; ils maintiennent les abus et sont avares de réformes libérales. Les seconds, au contraire, sont prodigues d’institutions nouvelles; mais ils vont les chercher dans la poussière de l’histoire, et font reculer leur pays de cent ans. D’ailleurs ils gouvernent tyranniquement et disposent un peu trop facilement de la liberté et de la vie des citoyens. Les troisièmes sont des brouillons. Toutes les fois qu’ils gouvernent, ils jettent le pays dans le chaos : aussi leur règne est-il toujours éphémère. Sans doute quelques-uns d’entre eux veulent sincèrement le bonheur de leur patrie; mais, pour le lui procurer, ils ne savent pas mieux s’y prendre que nos républicains de 1848. Us prétendent faire en un jour ce qui est l’œuvre du temps.

On a vu souvent depuis trente ans les affaires du Mexique fort embrouillées; mais on entrevoyait toujours un remède au mal. Le sort de cette nation

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