CHAPITRE II
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La province d’Oaxaca coniprencl les pays zapotèque cl mije; elle s’étend sur la côte de l’Océan Pacifique depuis Soconusco , qui la sépare de Gua limala , j usq u au Bio-Jope. La langue qu’on y parle n’a aucun rapport avec le mexicain.
Les Indiens mijes habitent une contrée montagneuse, au sud-ouest du Goatzacoalco et au nordouest de Tehuantepec; ils parlent aussi une langue particulière. Moins civilisés que les Indiens zapotèques, ils communiquent peu avec eux, et observent encore les pratiques de leur ancien culte.
I)e la chaîne des monts Mijes descend la rivière de Sarrabia, qui traverse la belle plaine de Boca-dcl- Monte, petit village fondé à quelques lieues de Goatzacoalco par M. Tadeo Ortiz, ancien chef de la colonisation du gouvernement. Quelques familles de colons firent d inutiles efforts pour se fixer dans ce village ; elles en furent chassées par la multitude d insectes au milieu desquels il fallait vivre, et par la pensée de leur impuissance dans un isolement aussi complet.
Boca-del-Monte se trouve sur le chemin deGuichieovi et de Tehuantepec. Ce chemin n’est qu’un sentier suffisamment large pour le passage d’une mule chargée; il serpente à travers la foret, qui lui prête son ombre avec les riches ornements de sa végétation multilormc. Sans fatiguer le voyageur, enivré des senteurs du matin, il le conduit en peu d’heures au bourg populeux de Guichicovi, capitale des Mijes.
Ce peuple offre un caractère original qu’on ne retrouve nulle autre part au Mexique. Voici ce qu’un
colon, qui a passé près d’un an parmi eux, raconte de leur origine (9) :
« Quand Pizarre et ses compagnons eurent fait la conquête du Pérou, la plupart des peuplades qui habitaient les vallées des Andes s’enfuirent pour se sousiraire aux maux de toute espèce dont les vainqueurs les accablaient; elles se retirèrent dans les montagnes, laissant les déserts entre les Espagnols et leurs retraites. Mais ceux des Péruviens qui étaient restés ne suffirent bientôt plus aux travaux dont on les chai’geait, et les chasses aux lévriers furent imaginées pour ramener les fuyards sous la verge de fer de leurs oppresseurs. C’est alors que quelques familles, qui se donnèrent le nom de Mijes, prirent la résolution d’échapper à tout prix à leur tyrannie, et fuyant le long des Cordillères, après une marche de plusieurs lunes, elles arrivèrent aux bords du Sarrabia.
» Là, se croyant enfin à l’abri des poursuites de leurs ennemis, ils délibérèrent sur le lieu qu’ils devaient saluer du doux nom de patrie. Les plus anciens parmi eux soumirent à l’épreuve du feu le terrain qu’ils foulaient. Un tison fut enterré dans un creux fait exprès, et le lendemain il se trouva éteint. On reconnut que la volonté du soleil était que ses enfants continuassent leur route. Quatre émissaires partirent à l’instant même et se mirent à la recherche d’un endroit plus convenable. Après quelques heures de marche, fatigués, haletants, ils se reposèrent à l’ombre d’un énorme coapinol 1 , dont les longues branches,
1 Hynlenæa courbcirU.