‹ Le MexiqueChapitre 24 sur 247 · CH API TR K U · texte numérisé non relu

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garnies d’un feuillage épais et touliu, les protégeaient à toutes les heures du jour contre les rayons brûlants du soleil. La beauté remarquable des alentours et les hautes montagnes qui en cachent la vue fixèrent le choix des envoyés. On renouvela la cérémonie religieuse du tison, et le feu s’étant conservé jusqu’au lendemain, il fut unanimement décidé que cet endroit était le terme du voyage et la nouvelle patrie que le soleil destinait à ses adorateurs. Huixicovi (bourg neuf) est le nom que jusqu’à ce jour lui ont conservé les exilés des Andes, et le coapinol est encore pour eux l’objet d’une grande vénération et d’un culte religieux auxquels rien ne saurait les faire renoncer. Le soleil n’a plus, comme autrefois à Quito, son temple brillant d’or; ses vierges, ses solennités, tout a été frappé de la même verge de fer qui renversa le temple de Jérusalem et rendit déserte la ville la plus peuplée. La croix s’est montrée triomphante partout; mais il lui reste encore bien des cœurs à gagner parmi ces Indiens. La croyance de leurs aïeux s’est maintenue intacte parmi eux de génération en génération. Les tourments ont pu forcer quelques-uns à I hypocrisie; mais, dans les ténèbres, ils se rassemblent au fond des cavernes et se livrent en toute liberté aux pratiques de leur culte national. Malheur au ministre de l’Evangile (pii manifeste trop de zèle pour leur conversion ' Ln de ceux qu’une mauvaise étoile conduisit, il y a peu d’années, à Huixicovi *, osa lever la hache sur l’arbre sacré, sur le coapinol. Le premier coup retentit

1 Les Espagnols écrivent Guv hicovi.

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profondément au cœur de tous les Indiens; la foule armée cria au sacrilège, et, poussant des cris de fureur, elle se jeta sur le malavisé profanateur. Il fut désarmé et chassé sous peine de perdre la vie, si jamais il lui arrivait de remettre le pied dans la bourgade. De nombreuses fumigations, de ferventes prières, des pénitences généra es firent oublier l’outrage dont l’arbre vénéré avait failli être victime, et la paix fut rétablie.

» A force de supplications, le curé obtint son pardon et put revenir à sa paroisse, sous la condition expresse de ne pas retomber dans la même faute. — Célèbre ta messe, lui dit l’orateur mije, sans t’inquiéter de savoir si nous y assistons; baptise les enfants, enterre les morts, observe toutes les cérémonies de ta religion ; mais garde-toi bien de nous troubler dans nos antiques coutumes. 5’

boutes les peuplades indiennes qui ont passe sous le joug espagnol, quoique moins opiniâtres que les habitants de Guichicovi, n’ont adopté de la religion nouvelle que la pratique du culte extérieur; quant au culte moral, elles l’ont confondu avec celui de leurs anciennes divinités. Les Indiens adressent à une image de saint les oraisons qu’ils auraient adressées autrefois à leurs pénates; ils assimilent la passion du Christ aux apothéoses sanguinaires des victimesbumaines, et l’adoration de la Vierge de Guadalupe ou ries Remèdes au culte dcCenteotl et d’Oinecihuatl Ml n’y a même plus d’hypocrisie en euxquand ils selivrentaux pratiquesdu catholicisme, car ils n’ont pour ainsi dire pas change

Déesses île la mythologie mexicaine.

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