‹ Le MexiqueChapitre 25 sur 247 · CH A IM TR K II · texte numérisé non relu

CH A IM TR K II

de religion; ils n’ont fait qu’ajouler à leurs anciennes superstitions celles du christianisme des temps barbares.

Après avoir présenté sous son aspect le plus favorable la terre quoi) avait choisie pour une colonie française, reportons nos yeux sur les incommodités et les maux qui émanent de son sein, et dont nous avons déjà vu une partie dans le chapitre précédent. On v a lu que la fièvre jaune n’y règne pas, mais que la saison des pluies occasionne des fièvres intermittentes, dont on ne se garantit qu’en prenant des précautions contre 1 humidité. Les moustiques y foui souffrir un supplice perpétuel à ceux qui habitent les bois et les rives du fleuve; et quand même la campagne serait défrichée et cultivée, il y en aurait toujours dans le temps des pluies.

Ces moustiques vous tourmentent le jour et la nuit. Le maringouin, autre moustique, car il en est de différents noms, disparaît au lever du soleil, et revient a son coucher par essaims tellement épais et étendus, qu’ils ressemblent à des nuées. O11 évite son importunité, la nuit, en couvrant son lit d’une moustiquaire. Mais le jour il est moins facile de se défendre du gégen, qui abonde dans les pays sablonneux, et dont la piqûre cause une douleur cuisante comme une brûlure.

Les insectes aptères sont nombreux. Parmi les plus incommodes, on doit compter le talnç/e ', dont la piqûre laisse plus d’un mois une tache bleuâtre, qui

’ C’est une espèce d’acaridien dont les entomologistes ont fait un fjenre sous le nom d’Arras.

devient une plaie fort difficile à guérir si on ne sait résister à la démangeaison qu elle cause; les garapates, qu’on attrape souvent par centaines en passant dans un bois ou dans les herbes d’une savane : cette espèce de tique enfonce sa tête dans la peau et y demeure tout le temps qu’on veut bien l’y laisser; les chiques, que nous connaissons déjà ; les scorpions, qu’on trouve en très-grand nombre dans les habitations, sous les meubles, dans le linge, dans les chaussures, partout enfin : les enfants en bas âge meurent souvent de leur piqûre; les adultes en souffrent beaucoup pendant un jour ou deux (10); les tarentules, les scolopendres, les serpents d’espèces plus ou moins dangereuses, mais d’un voisinage cependant beaucoup plus supportable que celui des insectes que je viens d’énumérer, car il n’arrive presque jamais qu’on en soit mordu; enfin les fourmis, qui se mettent partout, souillent tout, dévorent tout. Celle qu’on appelle arriéra (muletière) est le fléau des cultivateurs. On la distingue aisément par les petites épines qu elle porte sur son corselet.

Tous ces inconvénients doivent être sérieusement pesés par l’Européen qui se décide à se faire colon. !1 ne suffit pas d’avoir une ferme résolution de lutter contre eux, il faut encore s’en sentir la force. Parmi ceux que les expéditions amenèrent pour coloniser, il y en avait un grand nombre d’incapables de mener à bonne fin une entreprise de cette nature, et qui dans leur vie passée n’avaient rien vu, rien fait, rien appris < | ni les eût préparés à cette vie nouvelle.

Aussi a-t-on attribué les désordres de la colonie à

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