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CHAPITRE IV

Premier établissement tic Cortès sur la cote orientale du Mexique. — Prospérité de Vera-Cruz. — Esprit jaloux des Espagnols. — Croyance populaire.

— La fièvre jaune. — Causes qui produisent cette maladie. — Douleurs que ressentent les malades. — Le vent du nord. — La paix de Dieu. — Salubrité de Vera-Cruz pour les personnes acclimatées. — La rade. — Le fort de San-Juan d'LJlua. — Ma chambre. — Mon hôtelier. — Les dames de Vera- Cruz. — Promenade du môle. — L’Alameda. — Malibran. — Mcdclhn. — Épisode du vol de mon portefeuille. — État inoral des soldats du pays. — Mode de recrutement. — Réflexions sur la direction donnée à l’éducation des jeunes gens en France. — La gabare la Dore. — Départ pour Mexico.

— Les expulsés. — La caravane. — Fatigues et incommodités du voyage.

— Le maître du roulage. — Épisode de la jeune Jarocha. — Relie végétation. — Jalapa. — Le pic d’Orizaba. — Beauté des femmes de Jalapa. — Changement opéré chez les Indiens des climats froids. — Les voleurs. — Las Vigas. — Fantômes d’Ossian. — Li cataracte de Naolinco* — La chaussée de San-Migucl. — Perote. — Le meson. — La plaine. — Le mirage. — Pticbla. — Caraeicrc cl s habitants. — La cathédrale. — Teocali de Cholula.

— La Malinche. — Le Popocatcpetl et l’Iztaccihuatl. — Belle foret de Rio- Frio. — renia de Cordoba. — Vallée de Mexico. — Les lacs de Chalco ci de Texcoco. — Vue de la capitale du Mexique* — Les rideaux de saules*

— Rêveries.

Le premier établissement espagnol sur le continent septentrional américain fut fondé en 1519 par Fef-

nand Cortès. Après avoir pris possession (les côtes d’Yucatan et du Goatzacoalco , il s’arrêta au territoire des Totonaques , où il fit construire quelques maisons avec un petit fort pour la sûreté de ses troupes en cas d’attaque. Cette colonie naissante reçut le nom de Villa-Rica de la Vera-Cruz. Mais la ville qui porte actuellement ce dernier nom ne s’est pas élevée sur les fondements de la première; elle fut bâtie dans son voisinage, à la fin du seizième siècle, par ordre du comte de Monterey, vice-roi de Mexico.

Cette ville devint l’entrepôt général des marchandises espagnoles et des productions mexicaines; elle fut le foyer des richesses qui se versèrent pendant plus de deux siècles dans les coffres du trésor d’Espagne. Dix ans de séjour à Vera-Cruz suffisaient pour ac quérir une fortune colossale; mais il est vrai de dire que le fléau de la fièvre jaune y vint diminuer le nombre des élus, environ un siècle après sa fondation. Ce fut la cause qui empêcha Vera-Cruz de prendre un plus grand accroissement; car les Espagnols qui venaient chercher fortune au Mexique, certains de prospérer partout où ils s’établiraient, devaient naturellement fuir un séjour où il fallait tirer à pair ou non avec la mort.

L’esprit de jalousie des Espagnols ne permit jamais aux nations étrangères de pénétrer dans leur Eldorado et de puiser aux mêmes sources qu’eux. Quelques Européens cependant, venus à la suite des vice-rois, parvinrent à s’établir au Mexique et à entrer aussi dans la voie de la fortune; mais la haine et l’envie ne

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