‹ Le MexiqueChapitre 36 sur 247 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

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tardèrent pas à les poursuivre; beaucoup d’entre eux furent ruinés; quelques-uns virent se terminer leur carrière dans les cachots de l’inquisition.

Ce ne fut que lors de l’élévation d’Iturbide au trône impérial en 1822, que quelques étrangers anglais et français se hasardèrent, à leurs risques et périls, à parcourir les anciens domaines de ces avides conquérants. Longtemps le peuple mexicain , et même la haute classe de la société, avaient été nourris dans la croyance que de l’autre côté rie l’océan Atlantique il n’y avait d’autre pays que l’Espagne, et que la France, l’Angleterre, l’Allemagne, etc., n étaient que ries provinces du vaste empire des rois catholiques. En outre, on leur avait inculqué l’idée extravagante que les habitants de ces provinces participaient, dans leur conformation 1 , autant de la nature de la bête que de celle de l’homme, qu’ils parlaient un langage diabolique, et étaient exclus de la communion des fidèles. Cette croyance s’était enracinée avec le temps parmi les créoles; et la profonde ignorance de ceux-ci leur ayant fait confondre avec le peuple juif toutes les nations qui habitent hors de la péninsule hispanique, ils désignaient sous le nom générique de juif tout homme qui n’était pas Espagnol. Plus tard, lorsque les premiers Anglais eurent pénétré dans le pays, ce nom de juif fut changé en celui d Ingles, que les gens du peuple nous ont conservé jusqu’à l’époque du blocus des Français en 1838.

1 Les Espagnols avaient fait accroire aux Mexicains que notre colonne vertébrale se prolongeait en queue, comme chez les animaux.

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La population de Vera-Cmz était, à mon arrivée, d’environ 6,000 âmes; elle s’élève à plus de 8,000 aujourd’hui, quoique le choléra en ait enlevé près de la moitié en 1833. Jamais elle n’a dépassé 16,000, quand le monopole du commerce était aux mains des Espagnols.

La ville est assez jolie dans son ensemble; il y a quelques belles maisons, quelques jolis quartiers; mais il y en a aussi de fort laids et de fort malpropres. Les rues qui longent la mer de chaque côté du môle sont de véritables cloaques, rendus plus dégoûtants encore par des nuées de zopilotls qui les occupent en maîtres.

Vera-Cruz est, pour les personnes non acclimatées, un des points du globe les plus malsains; et grâce aux révolutions du Mexique et à l’apathie des Mexicains, elle restera sans doute un des lieux où le voyageur redoutera toujours d’aborder. Cayenne était naguère un tombeau pour les Européens; depuis les assainissements qu’on y a faits, la fièvre jaune en a disparu. Dans les Antilles françaises elle a beaucoup diminué; mais à Vera-Cruz , cette peste, sous le nom de vomito negro (vomissement noir), n’a rien perdu de sa malignité : elle n’attend que la saison favorable pour répondre par un cri de mort aux actions de grâces des nouveaux débarqués. Plus leur nombre est grand, moins il y a de chances de salut pour chacun; plus on est jeune, plus on est robuste, et plus vite on est frappé.

Trois causes principales déterminent dans les villes

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