‹ Le MexiqueChapitre 38 sur 247 · H A I» 1 T R K IV · texte numérisé non relu

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temps de modifier son état sous l’influence de laii qu ils respirent.

Les navires en rade sont également sous 1 influence de la maladie. La brise de terre leur apporte les miasmes empoisonnés; et souvent un équipage entier, dormant sur le pont par une belle nuit fies tropiques, s’est senti au réveil en proie à un sinistre malaise.

Pendant les ravages de la fièvre jaune à Vera-Cruz, le vent du nord apporte quelquefois la paix de Dieu aux malheureux que la maladie décime chaque jour. Tant que ce vent règne, la température se trouve considérablement refroidie, et la mort donne trêve à ses coups. Alors Vera-Cruz prend un aspect singulier : la violence de ce vent est telle, qu’on est forcé de barricader les portes et les fenêtres. Se glissant le long des murs, les passants luttent de toutes leurs forces contre la bise qui s’oppose à leur marche, ou, soulevés pâlies rafales, ils franchissent à pas de géant un terrain qu ils n ont conquis auparavant que pied à pied. La mer s’enfle et mugit; les lames blanchissantes se pressent vers le rivage, viennent avec un bruissement sourd s’abattre sur la grève, et couvrent le môle de torrents d’écume. Quelquefois même elles s’élancent par-dessus les murs de la ville et inondent la place de la douane.

Un lait singulier et important à noter, c’est que le climat de Vera-Cruz devient bon pour ceux qui ont échappé au vomito. ( )n b- considère même alors comme un des climats les plus sains du Mexique. .1 y ai connu des étrangers qui depuis vingt ans n’avaient pas été alités une seule fois.

A 880 mètres du môle s’élève, sur un îlot de rochers, le fort de San-Juan d’Ulua h C’est un des plus beaux ouvrages de ce genre qui existent en Amérique. Protégé par des bas-fonds qui en rendent l’accès dangereux, défendu par des artilleurs habiles, la réduction de ce fort coûterait sans doute beaucoup de temps; mais les Mexicains, inexpérimentés et timides, ne surent pas le défendre en 1838. Pour la Hotte française, les profondeurs delà mer n’eurent bientôt plus de secrets1 2, les remparts restèrent sans défense, les batteries sans voix. Une frégate et deux bombardes s’embossèrent où elles voulurent et firent cesser les feux du fort en quelques heures.

La rade de Vera-Cruz (16), comprise dans un triangle formé par la ville, le fort, l’île des Sacrifices et l’ile Verte, est la seule que possède la côte orientale du Mexique, et elle est si mauvaise, que certains capitaines aiment mieux revirer de bord et prendre le large que d’y jeter l’ancre à l’approche d’un coup de vent. Les pilotes de l’escadre de Cortès la comparaient avec raison à une poche percée; car il arrive souvent que, poussés par un vent violent du nord, les bâtiments mouillés au pied du fort dérapent et se brisent sur les récifs des îles qu’on vient de nommer, ou bien, sortant par le canal qui les sépare, vont se perdre sur la côte opposée (17).

1 Les Espagnols écrivent Vlua et prononcent Ouloua : c’est à (ort que nous disons Uloa.

2 Avant le bombardement, on laissa nos marins sonder les pisses sans leur tirer un coup de canon.

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