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CHAPITRE IV

Ce volcan est la montagne la plus élevée des Cordillères. On en aperçoit la cime à quarante lieues en mer. Il fit une éruption en 1545, et continua pendant vingt ans à exhaler des vapeurs sulfurées. Depuis longtemps il semble éteint. La cavité du cratère, formée suivant une section oblique, à l’axe du cône, se trouve remplie de neiges et ne se distingue que par la projection des ombres. Chargé de frimas éternels à son sommet, l’Orizaba étend sa base dans des vallons profonds où règne une température élevée, de sorte que I on peut en quelques heures passer par tous les degrés de froid et de chaleur, de stérilité et de richesse végétale des régions polaires et des zones torrides.

Les femmes de Jalapa sont renommées pour leur beauté. J’ai remarqué en eflet chez quelques-unes un teint d’une vive fraîcheur, de beaux yeux, de jolies mains et de fort petits pieds. Seulement il est fâcheux que les dames mexicaines veuillent souvent exagérer cette dernière perfection, et qu’elles portent des souliers trop courts; loin d atteindre leur but, «‘lies se rendent le pied difforme.

Ce genre de chaussure à la chinoise était tellement «■xagéré à l’époque de mon arrivée, que pour que le pied pût rester dans le soulier en marchant, il fallait

Gtlaltepetl, qui signifie dans leur langue montagne qui brille ranime une étoile. La hauteur de ce volcan est de 5,295 mètres au-dessus du niveau de la mer. En 1850, MM. Dognon et Majérus, tous deux Français, en ont fait l’ascension périlleuse ; ils sont parvenus à son sommet après avoir surmonté des obstacles infinis.

l’v fixer au moyen d’une calige de rubans fort compliquée. Les femmes perdaient doublement à cette mode barbare , ajoutant à leur souffrance une tournure disgracieuse. La contraction nerveuse qu’éprouvait le corps le forçait de suivre tout d’une pièce faction des jambes; il tournait sur lui-même à chaque pas, et communiquait à la robe un mouvement d’oscillation tout à fait ridicule. Aussi , de même que les gens du pays disaient alors d’une jolie étrangère qui avait le pied long que son pied enlaidissait sa figure, nous pouvions dire nous-mêmes, peut-être avec plus de raison, d’une jolie Mexicaine qui portait des chaussures trop courtes, que sa tournure nuisait beaucoup à f expression de ses beaux yeux.

A partir de Jalapa les montées deviennent longues et rapides; bientôt on atteint les régions froides. Alors s opère un changement complet dans les choses et dans les personnes : la végétation perd sa force et sa variété, elle prend l’aspect sombre de nos forêts du Nord. Au joyeux bignonier succède le chêne sévère, au palmier ami de l’homme, le pin marqué de la foudre. Plus de ces jolies cases de roseaux , emblème et demeure de 1 innocence, laissant la vie intérieure accessible aux regards de tous. On n’aperçoit que des buttes de terre ou de pierres entassées sans art et couvertes d’un toit enfumé. Plus de ces Indiennes d’une propreté exquise, dont les cheveux tombent sur les épaulés en tresses d’un noir luisant; plus de ces jaroc/tos à la mine ouverte, riches des richesses de la nature, et toujours joyeux des biens qu elle leur donne,

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