‹ Le MexiqueChapitre 48 sur 247 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

réservoir pour la liqueur qui découle de 1 intérieur des feuilles.

Le sue. du maguey n’a d’autre saveur que celle de l'eau sucrée; mais il acquiert en fermentant le goût du vin blanc nouveau. Cette boisson prend alors le nom de imlque. On la sert particulièrement à déjeuner dans les maisons mexicaines. Le peuple en lait une grande consommation.

Le meilleur pulque de la république se récolte dans les plaines d’Apan , à vingt-cinq lieues environ de Mexico; mais il n arrive jamais bon dans cette ville. Les Indiens qui l’apportent y mêlent souvent de l’eau pour restituer à la quantité le tribut que leur gosier altéré prélève sur la qualité; puis les outres de portdans lesquelles on le transporte lui communiquent une odeur nauséabonde; enfin il n’y a qu’un temps fort court pendant lequel le pulque est potable, et Mexico est trop éloigné des plaines d’Apan pour qu’il v arrive au point précis de fermentation qui le rend agréable.

Le maguev se cultive bien aussi aux alentours de la capitale; mais le pulque tpi il donne est d’une qualité intérieure.

La petite ville de Perote est bâtie à l’entrée d une longue plaine, au pied du Naubcampatepetl que les Espagnols ont appelé le Coilre. Son climat est lroid, et pour la première fois depuis mon arrivée auMexi-

1 .Xauh carn patepetl signifie montagne carrée. C’est un des points les plus élevés des Cordillères; cependant les neiges n’y sont pas perpétuelles.

que, je sentis le besoin de me chauffer. A défaut de cheminée dans l’hôtellerie, je dus nie contenter du feu de la cuisine. Mal m’en prit toutefois, car on s’occupait alors de notre souper, et la cuisinière était si vieille, si sale, si peu entendue, que j’en perdis l’appétit.

Une hôtellerie au Mexique s’appelle tneson ; c’est le kiarvanserai de l’Orient. Elle est formée de plusieurs corps de logis qui n’ont qu’un rez-de-chaussée ou les chambres, sans communication entre elles, ne reçoivent d’air et de lumière que par une seule porte donnant sur la cour. Ces chambres sont meublées d’un banc, d’une table et de deux ais de pin simulant une couchette. Le voyageur ne saurait y goûter un repos bien doux; mais il n’en apprécie que mieux la jouissance que procure un bon lit quand il rentre dans ses foyers.

Lorsque les villes ou les bourgades sont éloignées de plus d’une journée de marche, on rencontre sur la route des hôtelleries isolées qui prennent alors le nom de renias. La venta présente quelquefois, le matin surtout, un coup d’œil original. En dehors de l’habitation se trouvent rangés avec ordre quelques centaines de ballots appartenant à différents convois de mules; ces animaux eux-mêmes, séparés par troupes et régulièrement alignés , mangent leur maïs, qui doit leur donner la vigueur nécessaire pour surmonter les fatigues de l’étape. Çà et là les muletiers s’occupent à des travaux divers : les uns pansent leurs mules blessées, les autres réparent des bâts ou commencent à

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