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CHAPITRE V

cessa, et le second roi de Mexico obtint même linsigne honneur d’épouser la hile de son suzerain.

Dans. le même temps aussi les Mexicains furent appelés à secourir le roi d’Acolhuacan dans une de ses guerres , et la gloire dont ils se couvrirent ne contribua pas peu à consolider leur état politique et à améliorer leur condition privée. Ils commencèrent dès lors à jouir de plus de liberté, leur commerce s’étendit; la grossière toile de maguey dont ils étaient vêtus fut remplacée par de fines étoiles de coton, et un bien-être général pénétrant dans toutes les classes accéléra prodigieusement la marche de la population.

Exempts désormais de toute inquiétude sur leur existence matérielle, les Mexicains songèrent à embellir leur ville. L’architecture des maisons devint plus soignée, de beaux quartiers furent bâtis, un grand nombre de temples s’élevèrent, et les quatre chaussées que les Espagnols admirèrent plus tard furent construites au milieu des lagunes.

Cependant la haine invétérée des Tépanèques contre les Mexicains n’avait pu s’éteindre entièrement; loin de la, elle s’était ravivée aux premiers progrès de cette nation rivale dont les forces toujours croissantes entretenaient ee foyer d’inimitié. Mais le moment approchait où ces deux peuples devaient changer de rôles, et ou les Tépanèques, de maîtres altiers et cruels qu ils étaient, allaient devenir d humbles vassaux.

La puissance des Tépanèques n’avait jamais été aussi grande : le royaume d’Acalhuacan venait d’être conquis par eux; leur empire s était agrandi de tout le

territoire des vaincus, et l’héritier de la couronne de Texcoco vivait errant pour se soustraire à une mort certaine. Mais tant de gloire passa comme uq éclair; le prince fugitif se fit un parti puissant, les Mexicains lui prêtèrent leur appui, et Azcapotzalco , assiégée et prise d’assaut, subit la loi des vainqueurs (1425).

Néanmoins le roi1 mexicain, habile politique, n’incorpora pas à ses Etats toutes les possessions tics Tépanèques. Pour que ce peuple vécût plus tranquille et supportât plus facilement sa domination, il lui donna un roi de la famille tle ses propres souverains et forma le nouveau royaume de Tacuba (Tlacopan), se réservant toutefois la suzeraineté sur ce royaume, ainsi que sur celui d’Acolhuaean, qu’il rendit au prince détrôné. Ces deux grands fiefs commencèrent, par leur alliance offensive et défensive, l’omnipotence de l’empire mexicain, et ils lui restèrent constamment unis jusqu'à la soumission du Mexique aux Espagnols.

Bientôt tous les petits Etats circonvoisins devinrent tributaires de Mexico ou furent annexés à l’empire; Tlaltelolco même fut soumis à Tenochtillan; et ces deux villes, bâties si près l’une de l’autre, n’en firent plus qu’une. Les frontières s’étendirent au sud-est jusqu’à Guatimala, au sud jusqu’à l’océan Pacifique, à Test jusqu’à l’Yucatan et au golfe mexicain; mais dans cette direction , outre le royaume d’Acolhuacan , plusieurs Etats enclavés demeurèrent indépendants, comme les républiques de Tlascala , de Cholula et de Huejotzinco. Enfin du côté de l’ouest et du nord,

4 Ixcoatl, quatrième roi de Mexico.

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