‹ Le MexiqueChapitre 62 sur 247 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

dants de Montézuma 1 à (|iii les^rois d’Espagne accordèrent des litres et des privilèges, à cause de la protection dont leur royal ancêtre avait soutenu les Espagnols. Quant aux nobles qui s’allièrent aux Espagnols, ils ne sortirent jamais de la classe moyenne de la nation, les autres ne furent considérés que comme de simples Indiens, et employés aux mêmes travaux qu’eux.

Il v a encore des villages où les Indiens continuent à reconnaître pour caciques les descendants de leurs anciens seigneurs. Ces caciques possèdent pour la plupart des domaines assez étendus; mais il n’existe d’autre différence apparente entre eux et leurs sujets que le respect et les égards dont ces derniers les entourent.

Du reste, vêtus d’un mauvais caleçon et les pieds chaussés de sandales , on les voit quelquefois s’acheminer vers la ville voisine, courbés sous le fardeau des provisions qu ils vont y vendre, et dont ils dépensent une partie du produit à s’enivrer d’eau-de-vie.

Cependant les rois d’Espagne, dans leurs ordonnances sur le régime des colonies, ont toujours pris les Indiens sous leur protection ; il leur ont même accordé quelques grands privilèges pour sauvegarder leurs cl roi ts et leurs propriétés. C esclavage, le travail loreé furent défendus; mais les délégués (vis il adores), I Audience royale, et quelquefois les vice-rois euxmêmes, agirent contre la volonté du souverain ; et par leur tyrannie, leur cruauté, ils excitèrent de fréquentes révoltes parmi les peuples vaincus.

1 Voir la note (27).

Cortès eut souvent à lutter contre l’opposition haineuse clés délégués envoyés par Charles-Quint pour surveiller ses opérations et diminuer son influence. Les ennemis du conquérant s’appliquaient à le représenter comme un sujet infidèle , qui nourrissait l’idée de se rendre indépendant et de substituer la couronne fermée à celle de marquis1 dont le roi venait de doter son écusson.

Obsédé par les envieux d’une si grande gloire, Charles-Quint nomma des magistrats pour veiller à la conduite de Cortès, puis d’autres pour contrôler ou punir les actes de ceux-ci, puis enfin un tribunal suprême sous le nom d’Audience royale, pour rétablir l’ordre et la paix, et gouverner avec plus de prudence et d’équité. Tantôt irrité contre Cortès, tantôt proclamant son innocence , occupé sans cesse à calmer ou à menacer, à pardonner ou à sévir, il s’appliquait consciencieusement à la recherche de la vérité; mais trompé par la fourberie, il s’égarait souvent dans l’erreur, ne pouvant rien voir par ses propres yeux.

Les tracasseries, les injustices auxquelles le marquis del Valle ne cessa d’être en butte depuis la conquête de Mexico, empoisonnèrent surtout les dernières années de sa vie. Il mourut délaissé, abreuvé de dégoûts, dans un voyage en Espagne, qu’il avait entrepris pour la seconde lois afin de se défendre et d éclairer la religion du roi (29).

Soixante-deux vice-rois gouvernèrent successivement la Nouvelle -Espagne depuis Cortès jusqu’à

1 11 fut nommé marquis del Valle d’Oaxaca.

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