‹ Le MexiqueChapitre 63 sur 247 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

l’ empire éphémère d’Iturbide. Plusieurs ont laissé un nom estimé des Mexicains, tels que les deux Velasco. de Croix, Galvez, Bucareli et Revillagigedo. Sous la domination espagnole, la prospérité du Mexique alla toujours croissant, non par la sagesse et le libéralisme des institutions, mais par la paix, que les guerres du continent européen troublaient peu, et par les sources de richesses qui ne laissaient pas de couler abondamment, quoique leurs Ilots courussent mal à l’aise dans le lit étroit et mesquin qui leur était creusé. Une colonie lut portée aux îles Philippines, des comptoirs se formèrent à Manille, et un commerce actif s’établit par leur intermédiaire entre la Chine et Mexico. Les seules mines de Tasco étaient connues du temps de Montézuma; on ne tarda pas à découvrir celles de Zacatecas et de Guanaxuato, et on les exploita avec quelque succès. Mais ce ne fut qu’au milieu du siècle dernier que les grandes ri (liesses minérales furent découvertes : les mineurs acquirent alors des trésors immenses, les commerçants firent des bénéfices prodigieux, et les grands propriétaires retirèrent de leurs domaines des revenus princiers.

Cependant toutes les classes de la société n’étaient pas admises au banquet de la fortune. Tandis que le clergé, les hauts fonctionnaires, les mineurs, les grands propriétaires et les négociants entassaient des trésors, le reste de la nation souffrait; la misère habitait également la campagne et les cités.

D’un autre côte, l’administration était despotique,

I inquisition sévère, l’enseignement élémentaire nul

ou abrutissant, renseignement supérieur arriéré cle deux siècles, la faculté de s’instruire plus rigoureusement interdite, et la liberté de communiquer avectoute autre nation que l’Espagne étroitement enchaînée.

Ainsi , tandis que la partie infime de la société souffrait de la trop grande inégalité des fortunes, la partie supérieure, qui ne jouissait ni de grands biens, ni d aucune compensation à ces entraves sociales, ressentait un malaise que tôt ou tard elle devait chercher à guérir. Les événements politiques de la Péninsule qui suivirent l’invasion des Français en 1808 lui en four-

ni ren t l’occasion.

L’emprisonnement de Charles IV et de son fils , la souveraineté non reconnue du roi Joseph, laissaient ! Espagne dans l’anarchie, et imposaient au Mexique la nécessité d’agir en dehors de ses instructions habituelles. Les provinces du royaume formaient des juntes séparées; chacune voulait diriger la nation. Celle de Séville envoya des mandataires à Mexico pour se faire reconnaître, et le vice-roi Iturrigaray, comprenant qu’il ne s’agissait pas de son opinion individuelle, mais bien du vœu de la colonie, décida qu’on consulterait la Commune et l’Audience. Cette démarche fut considérée par les commerçants espagnols comme attentatoire aux intérêts de la métropole, en ce qu elle révélait à la colonie sa valeur politique, en lui reconnaissant le droit de voter dans une si grave question : elle excita une rébellion que le peu d’énergie du vice-roi ne lui permit ni de prévenir ni d’é-

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